Ibid., p. 79 (janvier
8 Ibid-, p. 938.
bonniers de terre, avec droits de seigneurie et de justice l.
Successivement, de 1244 à 1250, Marguerite détacha de son domaine ou acheta de ses deniers pour l’abbaye des portions de dîmes à percevoir sur Raches 2, Auchy 3 et Landas 4, des biens et des revenus divers à Flines, Coutiches, Orchies, Cappelle, Templeuve, G-enech, Nomain, Annappes et Aubry 5. Enfin, à cet apanage ainsi accru, elle ajouta une partie du bois de Raches 6, tout proche de la cour ou cense que l’abbaye possédait à Flines pour l’exploitation de ses propriétés, déjà passablement étendues dans ce rayon.
Une double circonstance venait d’imprimer un nouvel essor à la libéralité de Marguerite. D’une part, sa fille Marie, l’objet de toute sa tendresse, avait pris le voile des vierges parmi les religieuses de l’Honneur-Notre-Dame : c’était un motif de plus pour favoriser une maison déjà si chère. Presque en même temps, la comtesse Jeanne mourait sans enfants, et sa sœur, en lui succédant au pouvoir, recueillait des richesses qui lui permirent de se livrer sans réserve à ses goûts de royale munificence.
A ces donations, Marguerite ajouta d’importants privilèges, qu’elle accrut encore par la suite. Ainsi, elle accorda aux religieuses comme aux habitants de Flines, Raches, Coutiches, Auchy, Orchies et Bouvignies, le droit de pacage dans le vaste marais de Flines, appelé depuis, à cause de cela, le marais des Six -Villes7. Ce marais appartenait à son domaine spécial comme dame de Pévèle.
A peine devenue comtesse de Flandre, elle s’empressa de délivrer à sa chère abbaye la charte suivante 8 :
1. Cartulaire, p. 31. La donation, qui est du mois de mai 1-243, fut immédiatement ratifiée par la comtesse Jeanne (p. 33), puis en juin 1244 par Thomas de Savoie, qui était absent lors de la première ratification (pp. 43, 214), et renouvelée par Marguerite après son avènement comme comtesse de Flandre, en mars 1345 (pp. 45, 46).