‹ Histoire de l'Abbaye de SenonesChapitre 18 sur 82 · de S1 2 JeanBapt · texte numérisé non relu

de S1 2 JeanBapt

et de S.

Jean l’Evangel. et le 5e de la Ste Croix.

Autres édifie e s de l’Abb. Antoine. Il bâtit 1Eglise de la Vierge nommée la Rotonde et tout le monastère.

Qui tibi tam bellam studuit componere cellam, Quae sic stat firmis patet ut, subnixa columnis, Inque modum conchae cella deducitur altae , Turris et hanc ornât et firmo schemate firmat.

(1) Le paragraphe qui suit est composé d’une note à laquelle D. Calmât renvoie et qui est collée en marge du m muscrit.

(2) Par une autre indication, O. Calmet renvoie au texte du ms.

Mais notre Abbé n’eut pas la satisfaction de voir cette dernière Eglise consacrée; elle ne le fut qu’après sa mort en 1154. ainsi que nous le dirons ci-aprés (1).

La Rotonde fut démolie en 1708. Elle n’etoit éloignée de la grande Eglise de S1 2 Pierre, qui est la même à peu de chose près, qui fut bâtie par Antoine, que de 46 pieds; sa longueur d’Occident en Orient etoit de 155 pieds, sa largeur de 74 pieds dans œuvre. La hauteur de la coupole sous voûte, de 45 pieds, son diamètre de 34 pieds. Les bas cotés n’auoient que dix pieds et demi de diamètre et de hauteur auec leurs bases 20. pieds; elles étoient posées trois pieds au dessus du rez de chaussée des collatéraux où bas cotés. Le presbitére où étoit l’autel auoit environ 24. pieds en quarré et 19 de haut. La Tour qui étoit à l’entrée et à l’occident de cette chapelle, auoit 90 pieds de haut et 24 pieds en quarré dans œuvre. Lesfondemens étoient de 10 pieds d’epaisseur; la flèche qui la couvroit et qui étoit des plus belles du pais, auoit 95 pieds de haut y compris la croix (2). Il paroit par la grande quantité d’ardoises qu’on a trouvé dans la démolition de la Rotonde, qu’avant l’incendie de l’abbaye et des Eglises arrivé en 1534. elle etoit couverte d’ardoises. On

(1) La phrase qui commence ici este'crite en marge du mss. par D. Calniet*, par un renvoi de sa main l’auteur indique que c’est une omission dans le texte de l’ouvrage et complète ainsi par cette note le travail du copiste.

(2) Oans le manuscrit, p. 75, se trouve le pim de l’ancienne église de Senones dont l’axe, comme je l’ai déjà dit, était différent de celui de l’église actuelle qui est toute récente, sauf la tour. L’église de St. Pierre bâtie par l’abbé Antoine et l’ancienne église reconstruite sous l’abbé L). Ail iot allaient dans un sens parallèle à la rangée de maisons ïlerriot, Claudel, Delattre, occupées aujourd’hui par MW. Grandjean, Claudel, docteur Marchai, les bureaux delà poste aux lettres, etc., c’est-à-dire que l’église d’un côté, les maisons en question, qui alors étaient des dépendances, de l’autre côté, flanquaient l’hôtel abbatial.

Le plan de l’église ancienne est fait par Dom Pelletier, curé de Senones, et date de 17-1 il. Une note manuscrite de la même écriture que le corps de l’histoire et placée à gauche du dessin est ainsi conçue : Plan de V ancienne Eglise de Senones, dessiné par Dom Pelletier curé de Senones, en 1741.

Je donnerai cette intéressante planche inédite dans la prochaine livraison.

entroit du cloitre dans la Rotonde par dessous la tour, qui lui servoit comme de vestibule.

Les ornemens dont ces Eglises étoient décorées repondoient à leur beauté et au bon goût de celui qui les auoit fait bâtir. Il fit faire pour cet effet six croix d’or ornées de pierreries, deux calices, une table sacrée, cinq textes des Evangiles, auec autant de chalumaux auec lesquels on suçoit le précieux sang du Sauveur dans le calice. Il fit deux autels (apparemment des autels portatifs) et deux encensoirs. Il donna à son Eglise une infinité d’autres vases et de meubles en or, en argent, en cuivre, ayant toujours été très curieux d'achepter tout ce qu'il trouvoit de plus précieux et de plus beau : des chappes, des tapisseries, des tapis, des draps prétieux. On remarque en particulier qu’il achepta deux courtines d’un grand prix et qui étoient peintes auec un art merveilleux. Il est presque impossible de marquer le grand nombre de livres qu’il ramassa et qu’il regardoit comme deuant être un jour sa plus douce consolation dans sa vieillesse.

(!) Le pape Honoré IL donna en il 25. deux Bulles à l’abbaye; dans la première il luy confirme la cure de S1 2 Hilaire de Metz et les prieuréz de Léomont, de Xures et de Deneuvre. Dans la seconde il comprend tous les biens de l’abbaye, dont il donne un dénombrement presque entièrement semblable à celuy qu’on a veû dans la Bulle de Galixte IL de l’an 1123. et il y confirme l’exemption des dixmes et des prémices pour toutes les terres que les Religieux cultivent par eux-mêmes et pour les troupeaux qu’ils y nourrissent.

L’Abbé Antoine auoit fait de son abbaye une espèce de chef d’ordres, qui avoit sous soy un certain nombre de monastères et de dépendances, outre les prieurés de Vipucelle, de Mervaville, de Sales et peut-etre celui de la Cour d’En- Haut où de SL Sauveur dans le val de la Broque (2) . On en

(1) Ici de nouveau un renvoi de la main de D. Calmet. La note qui se trouve sur un feuillet volant contient le texte jusqu’à l’art. XX!.

(2) Le prieuré de St. Sauveur d’ En-Haut. — Le prieuré de Saint-Sau-

Bes liuvres et ornemens dont

l’Abbé Antoine enrichit son A b baye.

Deux Bulles de coufirmalion données par le Pape Honoré II en 1123.

XXÏ

Six prieurés

dépend ans

de l’Abbaye de S e n o n e s acquis par l’Abb. Antoine.

compte six dont il est regardé comme fondateur, par exemple, Léomont, la cour dans l’enceinte du monastère, Vie, Schures, Lorquin, Alinge, Deneuvre, autrement Moniet. Antoine auoit mis dans chacun de ces 6 prieurés 4 Religieux qu’il y envoioit et qu’il en retiroit à sa volonté,

bique suo senas conquirit tempore cellas,

In quibus et monachis , ut spero, bis duodenis, Constituit victum , etc . . .

Prieuré de Sales.

( a ) Riclier, 1.

Prieuré de la Cour.

Le prieuré de Sales etoitau Diocèse de Besançon.

Richer dit (a) qu’il fut aliéné vers l’an 1160. par l’Abbé Bernard (•). Le R. P. D. Basile paien, que j’ai consulté sur ce prieuré nomme Mansus S1'. Benedicti, ou autrement le prieuré de Sales au diocèse de Besançon, après avoir d’abord jugé que ce pourroit etre la Chapelle de Chillei nommée dans les pouilliés du Diocèse de Besançon Capella S1'. Benedicti, à une lieiie de Salins, sur la riviere qui sort de cette ville. On y honore une ancienne relique, qu’on dit être le doit de S1 Benoit abbé.

Le même R. P. dans une seconde Lettre ou mémoire croit que c’est plutost l’abbaye de Mont Benoit qui est située dans une vallée nommée Saliere. C’etoit au commencement un simple hermitage, ou une celle habitée par un solitaire ; ensuite les seigneurs de Jousse lui donnèrent de grans biens et elle fut érigée en abbaye, possédée aujourd’huy par des chanoines réguliers de S1. Augustin. R y a plus d’un monastère denomméz du nom ancien de Mansus, comme celuy du mont Ste. Marie, nommé dans les titres, Mansus S'ue. Mariae.

Nous connaissons deux prieures dépendans de notre abbaye, dénommes de la Cour ; l’un situé au val de la Bro-

yeur de la cour d’En-Haut est ainsi appelé pour le distinguer d’un autre prieuré de Saint-Sauveur situé dans la cour de l’abbaye. V. Notice de la L trraine «le O. Calinet, au mot La Bloque.

(I) 1). Calmeî lait ici un renvoi à une feuille Volante sur laquelle se trouve le texte s’étendant jusqu’au numéro XXII 1.

que, nommé de la Cour d’ En-Haut et l’autre dans l’enclos de l’abbaye. Les titres de l’un et de l’autre sont supprimés (i). Il y avoit encore un Prieur titulaire, nommé Dom Arnoû da Salm, au prieuré de la Cour dans le val de la Broque en 1492. Le Prieuré de la Cour situé dans l’abbaye fut supprimé et aboli vers l’an 1210. par l’abbé Henri (b).

Le Prieuré de Lorquin (2) fut fondé en 1128. par Bencelin de Turkestein, du consentement de Mathilde son épousé, de Cuonon son fils, de ses filles et de ses petits-fils. Bencelin donna à l'abbaye de Senones le fief qu’il possédoit à Lorquin, auec toutes ses dépendances. Albert de Darney et Guy son frère qui étoit chanoine, cédèrent au monastère de Lorquin tous les biens qu’ils possédoient dans l’etenduë du ban de ce même lieu ; Enfin Etienne Evêque de Metz, en considération du bon ordre qui régnoit dans l’Abbaye de Senones et de la sainteté de l’Abbé Antoine, Quoniam Ecclesiam proefati Coenobij pr opter Religionem loci diligimus, et sanctitem nominatissimi Abbatis Antonij etc... accorda pour toujours au même monastère le presbiterat où la Cure et le soin des âmes, et ce qui peut appartenir au Curé, à charge d’entretenir 20 Beligieux au même lieu de Lorquin. L’abbaye n’y possédé plus rien du tout. On nommoit encore à la Cure en 1526. On ne sait par quelle voye on a été dépouillé de ce Domaine.

Le Prieuré d’Alinge est dénommé par l’auteur ms. de la vie de l’Abbé Antoine, parmi ceux qu’il fonda où qu’il acquit à l’Abbaye. Mais il en parle d’une façon qui fait connaitre que ce prieuré fut bientôt envahi par des usurpateurs des biens de l’Église, pauper Alingia proeda latronis . En effet nous ne possédons rien à Alinge. Je ne sais pas même où il etoit situé, à moins que ce ne soit Albinge entre Fri-

(6)Id. 1.4, c.

Prieuré de Iiorquain.

Prieuré d’Alinge.

(1) Cet alinea est en grande partie e'crit ou surcharge' de la main dé O. Calmet.

(2) L’orthographe de Lorquin à elle seule, s’il n’y avait d’autres preuves, montre combien f>. Calmet travaillait vite et relisait précipitamment ses copistes. En marge on lit Lorquain , dans le contexte Lorquin , et dans sa Notice de Lorraine il e'crit Lorkin.

Le Prieuré de Moniet.

( aJRicher , i. 2, c. 21, p. 323.

bourg (i) et Assudange, entre l’étang de Lindre et celui d’Estok.

Le Prieuré de Moniet dédié à St. Etienne et situé près le Bourg de Deneuvre au pied du chateau du meme lieu proche Baccarat, fut fondé par Etienne de Bar Evêque de Metz l’an 1126. (a) Ce prélat veut qu’il soit consacré en l’honneur de St. Etienne premier martyr. Cependant il est plus communément connu sous le nom de St. Christophe et il y a, le jour de la fête de ce St., un grand concours de peuple qui y vient en pèlerinage.

Pour la dotation de ce nouveau monastère et des Religieux qui y deuoient demeurer, Etienne donne la place située au pied de son chateau de Deneuvre, le jardin, le prey et les deux ménages de serfs, qui étoient joignants la place; outre cela deux autres ménages de serfs à Vaqueville, etdeuxàNossoncourt. De plus il permet aux Religieux du Moniet la pêche dans sa rivière, le pâturage dans ses praieries et Taffoüage dans ses bois, de même que les bois de marnage pour les bâtimens. Il leur remet vingt sols que l’Abbaye de Senones payoit annuellement pour la garde du chateau de Deneuvre; et le sel où l’argent que l’abbaye lui devoit pour droit de saline à Vie. Item cinq sols que l’on prenoit pour le droit de puiser l’eau dans le puid salé de Vie ; Quinque solidos pro quâdam furcâ , quae vulgo Ciconia dicitur, supra puteum vici sita.

Le titre de fondation est signé et scellé de l’Evéque de Metz Etienne de Bar, d’Adelo Abbé de Maurmoutier, d’Albert Grand-Prevot de St. Diez, d’Adalberon Princier et Ar chidiacre de Metz, du comte Hériman voué de Senones, de Godefroy comte de Castres, de Thierri comte de Montbéliard, de Conrad comte de Pierrepercée, le comte Foiemare étant préfet de Metz.

L’église du Prieuré de Moniet fut dédiée par le cardinal

(1) C’est de Fribourg en Lorraine qu'il s’agit ici. C’était une châtellenie appartenant à l’évêque de Metz (Meurisse, Hist . de Metz , p. 496), située à l’orient de la terre de Marsah

Tieuvin en l’honneur de St. Etienne (a) avant l’an 1139. Yoyés ci après la Bulle d’innocent IL de cette année (1).

Je ne trouve rien sur le Ghateau et le Bourg de Baccarat jusqu’en 1291. que Bouchart Eveque deMetzetle Duc Ferri III font un accord ensemble par lequel entre autres choses, Ferri promet de rendre aud. Eveque Remberviller, le Ghatel et les dépendances, le Chastel de Deneuvre qu'on dit Baccarat et ce qui en appent, (2) etc. Et en 1294. le même Bouchard Eveque de Metz et Henri sire de Blamont, parlent encore de Bakarat , comme d’une place vuide de tout édifice au delà du chateau et du bourg de Deneuvre (3).

En 1434. la Gronique de St. Thiébaut marque Baccarat auec les châtellenies de Nomeny, Remberviller, et la Garde.

En 1342. sous Ademar de Montil, Eveque de Metz, et Raoul Duc de Lorraine, Bakarat étoit chef d’une Châtellenie : V. le titre. Le même Eveque Ademare (a) acquit la tour que les vouez avoient à Bakarat à rentrée du châtel (4). Cromque de Metz manuscrite.

La derniere marque de libéralité et de bienveillance que FEvéque Etienne de Bar donna à l’abbaye de Senones et à son ami le vénérable Abbé Antoine, fut la donation du fief de Basemont qu'il lui fit en il 30. Voici comme il raconte la chose dans la charte qu'il en fit expédier. Une dame nommée Leucarde de Basimont, aiant donné son fief situé au même lieu à l’église Cathédrale de St. Etienne de Metz,

(a) Richer, 1. 2, c. 21, p. 323.

(a) Il a siégé entre 1328el 1361

Donation du fief de Basemont à l 'Abbaye , an. 3.130.

(1) Le mss. porte ici en marge un feuillet qui renferme la partie du texte jusqu’à l’art. XXVII. Le renvoi est de la main de D. Calmet, ainsi que plusieurs ratures et corrections de texte.

(2) Ce qui en appent, c’est-à-dire ce qui en dépend .

(3) Voir Notice de la Lorraine par D. Calmet.

(4) On lit dans la Notice de la Lorraine de D. C., que ces avoues sont apparemment les comtes de Blamont, seigneurs de Deneuvre, lesquels avaient fait bâtir une tour à Baccarat, afin de tenir en bride le château que l'évêque de Metz avait construit au même lieu, pour la sûreté de ses domaines situe's entre le château de Beauregard, bâti, dit-on, par Othon de Badonviller en 1114, et posse'dé au temps dont parle D. Calmet par le duc de Lorraine, et le château de Deneuvre, possédé par le sire de Blamont.

xxvm

Ab s o I u ôn d’Henri voué de l’abbaie par Adalberon, Archev. de Trêves, an. 1135.

(a) Peut-être Bayon. V. Richer, 1. 2, c. 5.

sous la redevance d'un cens annuel de deux écus, elle épousa quelque tems après un seigneur nommé Albert de Deneuvre, qui étoit homme ou feudataire de la même Eglise de Metz, auec lequel elle vécut paisiblement, et ils continuèrent de payer le cens dont on a parlé, sur l’autel de St. Etienne.

Après la mort de Leucarde, un seigneur nommé Vichard de Parroye, s’empara de ce fief. L’Evéque Etienne en étant informé, le contraignit par la voie des censures à restituer et le fief et les interests qu’il en avoit perçus. L’Eveque en fît ensuite donation à l’Abbaye de Senones, tant en considération de l’amitié qu’il avoit pour l’Abbé Antoine, que de la sainteté des frères qui y vivoient dans une exacte observance de leur Régie. La concession fut faite du consentement du seigneur Gérard de Basemont et de sa femme, et en présence du comte Herman voüé de l'abbaye et de son fils Herman, et de plusieurs autres Seigneurs.

Ce comte Herman voüé de l’abbaye de Senones est le premier de la maison de Salm, qui ait possédé la vouërie de ce monastère. Il étoit déjà voüé en ilii. et il l’étoit encor en H 27. et comme nous venons de le voir il mourut bientôt après, puisqu’en H35. l’abbé Antoine porta ses plaintes à Adalberon Archevêque de Trêves, qui tenoit alors son concile provincial, en présence du légat du Pape et de ses Evêques suffragans. Antoine se plaignoit qu’Henry fils de Herman, qui auoit reçu de l’Abbaye une terre en fief, (a) au lieu de la protéger, ne cessoit de la molester et d’exiger divers services et contributions des sujets du monastère, les obligeant contre raison, de plaider en sa présence, sans auoir égard aux ordonnances des Roys et aux privilèges accordés par les Souverains Pontifes Pascal, Calixte, et Honoré. (I) L'archeveque de Trêves cita en sa présence et

(1) Richer, 1. 2, c. 5, p. h), Ilistor. Lothar ., 1 édit. Richer, auteur de la chronique de l’Abbaye de Senones, dit que cette abbaye donna à la maison de Salm pour droit d’avocatie une terre, qu’il dénomme, et qui est peut-être Bayon : Pars quidem dicto advocato terrae et hominum quae ad/iuc ambaium vulgo appellatur , pro Advocatione, cullata fuit quod adhuc tempore nostro hœrcdes de Salmis possident.

deuant le concile le comte Henri, et l'obligea de demander l’absolution de l’Excommunication qu'il auoit encourue, de restituer ce qu’il auoit injustement exigé et de promettre solennellement de cesser les véxations et de respecter à l'avenir les droits et privilèges du monastère. Le diplôme est souscrit de Folmar, Doien de l’Eglise de Trêves, de Bertram Abbé de St. Arnoû, de Landulphe Abbé de St. Vincent, d’Herbert Abbé de St. Clément, de Richer Abbé de St. Martin et de St. Simphorien de Metz, de Simon Duc de Lorraine, de Renaud comte de Bar et de ses deux fils Hugues et Renaut et de plusieurs autres.

La Bulle de Pascal II. dont il est parlé dans ce titre, ne se trouve plus dans notre Archive, mais nous avons celle de Calixte II. dont j’ay donné l’extrait sous l’an 1123. Celle d’Honoré III. est de l'an li 25. Elle fut obtenue par l’abbé Antoine. Le Pape y confirme l’Abbaye en tous ses biens présens et a venir, et les prend sous la protection du St. Siège, et en particulier l’Eglise de St. Hilaire située au Pont Remmon à Metz, que l'Eveque Etienne de Bar du consentement de son Chapitre, auoit donnée au monastère de Senones. Le Pape confirme aussy les Prieurés de St. Christophe, de Léomont, de Sures, de Deneuvre avec leurs appartenances.

L’Eglise de St. Hilaire de Metz donnée à l’Abbaie par Etienne de Bar Evêque de la même ville, étoit située près le pont Remmon. Le Pont Rémond prés duquel etoit la paroisse de St. Hilaire a Metz appartenante a l’abbaye de Senones, étoit bâti sur la riviere de Seille, au bout de la rue de II étoit de pierre et solide et la fable l’attri-

bue a un seigneur nommé Raymrendus. Il y avoit une grosse tour quarrée devant la porte du pont Raimond, qui fait la première porte. Cette paroisse de St. Hilaire fut unie à la manse abbatiale par le Pape Adrien VI. en 1523. et on la renversa en 15.. pour faire de nouvelles fortifications de ce coté là. On véra dans la suite sous l’an 1221. que Conrad Evêque de Metz avoit donné cette cure à l’abbaye de Senones du consentement de son chapitre.

L’Evéque de Metz étoit en possession depuis longtems

Bulle d’Honoré III.

qui confirme les biens du m o n a s tére.

Paroisse de S4 Hilaire à Metz.

Exemption

de l’abbaye d e Seno'nes des servitudes que l’Eveq. de Metz en v o u 1 o i t exiger en 1125 et en

XXXÎS

li’ Abbé Antoine de-

uient aveugle et go u t e u x sur la fin de sa vie.

(a) Autor vitae Anton. Et tamen hoc dicam quod novi dicere quosdam .

Abbatia Suo quod creuit tempore duplo.

Mort de l’Abbé Antoine en 1137.

d’exiger dans le val de Senones certains services où certaines redevances annuelles, en signe de son autorité régalienne. Il prétendit que ces servitudes deuoient être payées par l’Abbé et le monastère de Senones. L’abbé Antoine s’en deffendit et prouva par bons témoins que ce n’étoit pas l’abbaye, mais le ban de Senones qui en étoit chargé et que les deux tiers en étoient à la charge du Ban de Senones et l’autre tiers à celle des Bans de Vipucelle et de Plaine. L’Evéque se rendit à ses raisons et donna un acte autentique de décharge à l’abbé Antoine en il 25.

Cette difficulté recommença en iQlO. sous Bertram Evêque de Metz. Ce Prélat ayant prétendu que l’Abbé et le Couvent de Senones lui deuoient les services dont on a parlé, l’Abbé Henri produisit la charte d’Etienne Evêque de Metz, et Bertram reconnut l’exemption de l’Abbaye par un titre de l’an 1210.

Antoine n’auoit cessé de travailler à procurer l’embellissement, l’illustration et l’augmentation des biens temporels de son Abbaye. On assure qu’il les augmenta au double de ce qu’il les avait trouvé, (a)

Sur le déclin de sa vie il fut attaqué de deux incommodités très sensibles, l’une fut la priuation de la lumière et l’autre des douleurs aux pieds causées par la goutte. Il souffrit l’une et l’autre dans un esprit de pénitence et auec une parfaite résignation aux ordres de la Providence. On ne l’entendit jamais se plaindre, il ne donna nulle marque d’impatience ; il rendoit au contraire de continuelles actions de grâces à Dieu et encourageoit ses frères en leur disant : Mes chers Enfans que j’ay engendrés en J. C. demandés pour moi au Père des Miséricordes, que les maux dont il m’afflige, me servent pour l’expiation de mes péchés et pour me procurer le salut ; celui là n’est pas bon fils qui rejette les corrections de son pere et qui ne les reçoit pas de sa main comme des marques de son amitié. Il mourut dans ces sentimens muni du corps et du sang du Sauveur le 27. Octobre de l’an 1137. après 47. ans de gouvernement.

L’opinion qu’on auoit de sa sainteté jointe à sa grande

réputation, attira une infinité de personnes à ses obsèques. Son corps demeura quelque tems exposé dans l’Eglise, où l’on dit plusieurs messes et où l’on fit plusieurs offrandes pour le repos de son ame. Il fut enterré au milieu de l’eglise de St. Pierre de Senones, devant l’autel de la Croix dans un cercueil de pierre, sur lequel on érigea une espece de mausolée où de tombe élevée sur de petites colomnes. Richer (a) dit que pour illustrer la mémoire de ce grand homme, il graua de sa propre main sur sa tombe la figure de l’Abbé Antoine en habit d’Abbé, qui tient en main sa crosse. On ignore aujourd’hui l’endroit où il fut enterré. L’autel de la Croix étoit apparemment au deuant du chœur, mais nous ne sauons de quel côté. Depuis que l’on a rehaussé le pavé de l’église on a déplacé et brisé la pluspart des tombes. Voici l’éloge que l’on trouve d’Antoine dans le Nécrologe. Obiit Dominus Antonius, venerabilis et piae memoriae Âbbas, totius Ecclesiae Senoniensis restaurator. V. son Eloge en vers imprimé t. 2. p. 290. Sacrœ Antiquit. monument. (1).

Page 1