CHAPITRE V
Captifs chrétiens délivrés. — Les Franciscains à Silos
I. D. Sanche Ferez de Guzman (1276-1282' ; un miracle. — II. D. Sébastian de Madrigal. — III. D. Jean III ; délivrance de captifs. — IV. D. Fernando Ibauez ; les Franciscains et l'abbé de Silos ; la guerre civile ; bienfaiteurs.
A la suite de la démission de D. Rodrigue, le couvent de Silos appela à la charge abbatiale D. Sanche Ferez de Guzman, que l'on croit avoir été son neveu *. Nous savons par un acte du 16 juillet 1279, qu'une étroite parenté unissait D. Sanche au vaillant capitaine Fernan Ferez de Guzman, adelantado ou gouverneur du royaume de Murcie et père de D. Alonso Ferez de Guzman el Bueno^ que ses exploits contre les Maures et surtout son héroïque défense de la place forte de Tarifa ont rendu si célèbre ^
1. Le nom patronymique de Ferez {Sancius Pétri) lui est donné par rarctievèque de Séville dans un acte de 1277 que l'on peut voir dans notre Recueil des chartes de Silos (p. 110, note 2}.
2. Voy. dans le Recueil (p. 264-266) la charte par laquelle D. Sanche accorde le droit de sépulture, dans l'église abbatiale de Silos, à D. Fernan Ferez de Guzman et à sa femme, en rappelant les liens de parenté et de particulière amitié qui les unissaient. Le P. Nebreda est beaucoup plus précis; mais il néglige de nous dire à quelles sources il a puisé ses renseignements. Voici ses paroles : »D. Sancho Ferez de Guzman fue tio del capitan D. Fernando Ferez de Guzman que metio la primera bandera en Sevilla, que con doua Sancha su muger esta enterrado en el arco del coro vajo. Fue este santo abad primo
secundo de D. Félix de Guzman, padre de santo Domingo de los Fredicadores. Fue tio de D. Alonso Ferez de Guzman el Bueno, el de Tarifa, que fue padre del primero coude de Niebla, y visavuelo del primero duque de Médina Sidonia » [Notice manuscrite). — Le magni6que tombeau de ce personnage fut placé sous une arcade mettant en communication la chapelle de Saint-Sébastien avec celle de Saint-Martin. 11 fallut l'ouvrir vers la fin du siècle passé, et le corps, nous dit un témoin oculaire « se hallô entero y armado de cavallero, y con las armas, y vestido Incorrupto, y sembrado dicho escudo (escudo de armas del difunto, 1. e. dos calderos) en el mauto, guautes, bayna de la espada, gorro, del mismo modo que se vee retrado enla lapidaque cubre susepulcro". [Arch. de Silos, liasse 117). En 1890, deux
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MlSTOIhE DE L ABBAYE DE SILOS
Hero Marin nous fait connaître plusieurs éclatants miracles, opérés par saint Dominique sous l'abbatiat de Sanche de Guzman, et dont il dit avoir lui-même été témoin '. L'un des plus curieux est celui dont fut l'objet Johan Sanchez, jeune homme élevé dans le monastère et que D. Sanche avait envoyé sur les frontières mauresques avec des lettres de pouvoir, dans le but d'y recueillir les dons offerts à saint Dominique. Pris par une bande de Maures au sortir de Lorca, il se vit jeter dans un cachot de la forteresse de Vera, où on le maltraita cruellement. Son titre à'escriôano- lui donnait une certaine importance. Aussi exigeait-on de lui une forte rançon^ Mais, dit le cbroniqueur, saintDominique qu'ilinvoquait dans son infortune, lui apparut et le délivra de ses entraves. Il était de retour à Silos au mois de mars 1280, lorsque D. Alphonse, roi de Castille, vint faire au tombeau du saint tbaumaturge un pèlerinage qui fut probablement le dernier \
Parmi les malheureux envers lesquels saint Dominique multiplia ses faveurs à cette époque (1276-1282), nous comptons environ quarante captifs chrétiens délivrés du joug des infidèles. Presque tous vinrent à Silos déposer leurs fers miraculeusement brisés sur le tombeau de leur libérateur. Le chroniqueur contemporain a soin de marquer le jour de leur arrivée, et Ton devine en le lisant qu'il a entendu de leur bouche le récit de leurs tristes aventures. « Lorsque arrive un captif délivré par saint Dominique, ajoute Pero Marin, il est d'usage ici dans le monastère de sonner toutes les cloches ; la communauté entière vient processionnellement auprès du Cuerpo Santo (l'autel sous lequel reposait le corps du saint) et, pour ce miracle, rend gloire à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à sainte Marie, et à saintDominique' ».
ouvriers ont soulevé, en présence et par ordre du curé de Silos, rénoruie pierre qui ferme le toinbeau. Ils y ont vu le même corps, encore bieu conservé, mais dépouillé de ses riches vêtements et enveloppé d"un tissu noir très simple. Ce tombeau se trouve dans le buptistèrc.