CAPTIFS CHRÉTIENS DÉLIVRÉS
En 1278, D. Sanche renouvela Tantique confrérie qui unissait le monastère de Silos à Tévèque et au chapitre d'Osma, et qui remontait probablement à l'époque de la restauration de cette église dans les premières années du douzième siècle, Conlirmée en 1391 , elle s'est maintenue pendant plus de sept siècles, c'est-à-dire jusqu'au moment de la suppression des Ordres religieux en Espagne. On lira avec intérêt le texte de cette « hermandad » dans le Recueil des chartes de Silos ' .
Deux années auparavant (décembi'e 1276) avait été instituée entre le chapitre de Sigiienza et le monastère de Silos une autre confrérie, dont la charte est conçue à peu pi'ès dans les mêmes termes, mais qui ne semble pas avoir atteint l'importance de la précédente. Le souvenir en était même perdu depuis des siècles à Silos, lorsque nous avons eu la bonne fortune, grâce à l'obligeance de M. le doyen de Sigtienza, d'en retrouver le texte original aux archives capitulaires de cette église ^
D. Sanche Ferez de Guzman obtint du pape Martin IV une bulle solennelle de protection pour son monastère et ses filiations. Celte bulle, dont nous n'avons plus qu'une copie authentique du xv'' siècle, porte la date du 11 septembre 1281.
Parmi les privilèges accordés par Alphonse X, sous ce même abbé, notons celui du 3 mars 1277, qui permet aux bergers de Silos de faire paître leurs troupeaux dans toute l'étendue de ses Etats, sans payer aucun droit ni aucune redevance au fisc royal.
apportées à Silos par les prisonniers délivrés sont encore suspendues dans la chapelle de Saint-Dominique. Leur authenticité ne saurait faire l'objet d'un doute pour quiconque les a examinées avec quelque attention. Ce qui n'est pas douteux non plus, c'est que les captifs attribuaient leur délivrance au saint abbé de Silos ; et l'Espagne chrétienne partageait leur croyance. Voici encore (cf. ci-dessus, p. 66, note 1) sur les miracles de saint Dominique en faveur des captifs chrétiens, un nouveau témoignage contemporain, témoignage encore inédit, croyons -nous, et qu'il n'est pas inutile de relever : « Sanctus Dominicus Cluniacensis ordinis et abbas de Sylos in liberaudis captivis a manibus Arabum pre ceteris sanctis videturgloriam reportare » (Frater Johanncs Egidii, Fratrum .Minorum apud Çamoran doctor
indignus, Liber de preconiis llyspaiiie.
C'est le titre que l'auteur lui-même ddiine à son livre. Bihlioth. nationale de Paris, nouv. acq. lat. 175, fol. 46, v». Un autre exemplaire de cet ouvrage se trouve à l'Escurial, Cod. Q. 11. 17. Voy. Fidel Fita. Boletin de la real academin de la Uialoria, t. V. p. 131). Ce Johannes Egidii est de la fin du X11I« siècle et emploie les mots c< nostris temporibus », en parlant de l'époque ou vivaient saint Dominique de Guzman et saint Antoine de Padoue. — Un autre contemporain, Lucas de Tuy (t 1219) parle à peu près dans les mêmes termes de saint Dominique de Silos dans son Chronicon mundi (apud Schott, Hispanise illuslralse scriptores vnrii, t. iV, p. 2-3).