‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 70 sur 179 · AQUI YACE FKAY DOMINGO DE SILOS MORENO · texte numérisé non relu

AQUI YACE FKAY DOMINGO DE SILOS MORENO

INDIGNO MONGE BENEDICTINO Y MAS INDIGNO OBISPO DE CADIZ.

IV. — Le P. Antonio Calonge reçut le titre d'abbé de Silos dans le chapitre général réuni en 1818 à Sahagun. Les moines ayant dû se disperser de nouveau à la suite de labolition des Ordres religieux décrétée par les Cortès de 1820^ il se retira dans l'abbaye de Saint-

l.Voy. la Descripcion historico-arlistica de la caledral de Cadiz, por D. Javier de Urrutia, Cadix, 1843. Domingo Moreno la consacra le 28 novembre 1838.

2. La reine Isabelle lui proposa dans la suite l'archevêché de Séville. mais iMgr. Moreno ne voulut point accepter et répondit à la reine qu'il aimait trop son église pour s'en séparer jamais.

3. Il eut la consolation de rendre le dernier soupir entre les bras d'un de ses confrères, Mgr. Rosendo Salvado, bénédictin de Saiul-Martin de Compostelle, qui se rendait en Australie. — Nous ne pouvions dans ce travail donner une notice tant soit peu complète sur la vie et les œuvres de cet illustre moine de Silos. On peut consulter sur ses travaux, comme

évèque de Cadix, sa biographie et son éloge funèbre dans la revue La Cruz (tome ler, pag. 524-583;. Voyez aussi le livre intitulé : Biografia del Excmo e Ilimo ^erior D. fray Domingo de Silos Moreno, obispo que fue de Cudiz, par Adoifo de Castro; Cadix, 1853, 15:8 pages. — Le Cardinal Wiseman a publié en 1845 dans la Revue de Dublin un magnifique article sur Mgr. Moreno, qu'il avait visité peu auparavant dans un voyage en Espagne. [D. Fr.

Domingo de Silos Moreno, bisliop of Cadiz. !■ Dublin Revicw», juin 1845, p. 389 et suiv.). Voy. aussi la Biografia eclesiiislica compléta (1864;, et son Oraison funèbre par D. Ildefonso Infante y Macias (nommé plus tard évèque de Ténériffel, Madrid, 1853, avec un portrait du prélat,

Benoît de Valladolid '. C'est là qu'il mourut le 28 mai d822 ^ Le P. Calonge, originaire du diocèse de Zamora, avait pris l'habit monastique à Silos en l'année 1778. D'un caractère entreprenant et d'une énergie peu commune^ il se distingua surtout par les services qu'il rendit à son pays pendant les guerres de l'Indépendance. La Junte des Asturies, qui prenait le titre de Jinita soberana, lui confia en 1808 la charge de directeur général des approvisionnements militaires. Son dévouement désintéressé ^ et l'activité merveilleuse qu'il déploya au milieu de circonstances particulièrement difficiles, lui valurent les éloges les plus llatteurs du comte de La Romana et du général Blake '\ Ce dernier disait de lui en présence de ses ofïiciers : « Le P. Calonge a plus mérité du gouvernement qu'un général qui aurait remporté une grande victoire ». Mais l'humble fils de Saint- Benoît n'ambitionnait ni les honneurs, ni les récompenses, et lorsque au mois de février 1810, l'armée des Asturies fut vaincue et dispersée par les troupes de Napoléon, il reprit tranquillement à Silos les exercices delà vie monastique'. Les livres de sa bibliothèque particulière dont nous avons le catalogue, témoignent d'un esprit très cultivé et d'un véritable bibliophile.

Les troupes françaises commandées par le duc d'Angouléme ayant mis fin au gouvernement constitutionnel, le premier acte de Ferdinand VII fut d'annuler tous les décrets portés depuis les Cortès de 1820. Les ordres religieux purent rentrer une fois encore en possession de leurs biens \ et vivre en communauté (1823). En attendant la réunion du chapitre général, qui devait avoir lieu en 1824, la charge

1. Le gouvernement avait mis ce mo- 4. Memoriae Silenses, t. 1, fol. 114-111. nasière à la disposition des bénédictins, '6. Le P. Moreno nous apprend qu'au qui voudraient y finir leurs jours. L'abbaye mois de mai 1809, le P. Calonge fut dépouilde Silos resta jusqu'en 1823 sous la garde lé de tout ce qu'il avait sur lui par une du P. Anselmo Gamazo, qui avait le titre bande de pillards de l'année espagnole de curé de Silos, et fut plus lard abbé de << sin dcxarle mas que su ropa interior » Saint-Martin de Madrid. [IbUL, fol. 117).

2. Arch. de Silos, m?. 47, ad ann. 1824. 6. Décret de la Régence du 11 juin 1823. On y trouve l'inventaire de tous les objets — Ordre royal du 23 juilkt de la mi'Miie à l'usage du P. Calonge au moment de sa année réintégrant les béuédiclins dans la mort. pos-e-jsiou de leurs mouastéres, biens

3. Il refusa constamment la so'de de meubles tt iniiueubles. (/'o/zc/a- des ^/'c/i'ijes 44.000 réaux altacliée à son titre. Larniée de la Conf/réi/uUun de i'alladoUd. t. X.MI, de.'' Asiuries compu nait alors 15 000 hoin- fol. hi-i). — Autre ordre royal du 25 août mes, auxqutlî» il dut fouruir le vêlement {Ibkl., fol. 553). — Autre du 2 septembre et la nourriture. {Ibid., fol. 563).,

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d'abbé de Silos fut conliée au P. Fernando de Lienzo, comme nous l'avons vu ci-dessus.

Le 17 mai 1824, le chapitre nomma à sa place le P. Mùjuel de San Cristobal, profès de Silos, qui avait déjà occupé plusieurs charges importantes dans la Congrégation, particulièrement celle d'abbé de Saint-Martin de Madrid (1 814-1818). Il gouverna le monastère de Silos jusqu'en 1828 et retourna peu après à Saint-Martin, où il mourut le 5 mai 1834. Le P. Echevarrfa, qui le connut beaucoup, nous dit de lui qu'il était aussi savant qu'aimable*. Il était originaire de la ville de Cascante en Navarre et avait reçu l'habit religieux en 1783. — Le chapitre général de 1828 lui donna pour successeur sur le siège abbatial de Silos le P. Torcuato Carbayeda, qui y avait fait profession en 1782, et dont il avait été prieur et trois fois majordome \ Après l'exclaustration, il se retira dans une maison du village et y vécut jusqu'à sa mort arrivée en 1853. Les gens de Silos qui l'ont connu parlent encore avec respect de ce vigoureux vieillard, menant une vie retirée et austère et portant sans aucune infirmité le poids de ses 85 ans. Il était né à la Pola de Allande, dans la principauté des Asturies \

Y. — Rodrigo Echevarna fut le dernier abbé de Saint-Dominique de Silos *. Laissons ce vénéré prélat nous dire lui-même quelque chose de sa vie et nous raconter les derniers jours de son monastère et la dispersion de sa communauté ".

'< Je suis né, dit-il, dans le village de San Millau de la GoguUa, dépendance de la célèbre abbaye bénédictine de ce nom.

« Le Père Maître Vicente (abbé de Silos) me donna le saint habille M janvier 1805, alors que j'avais 14 ans et 8 mois, et, le 3 mai 1806, le Père Prédicateur Fernando Lienzo me reçut à la profession religieuse. En octobre de cette môme année, je fus envoyé au collège de

1. Arch. de Silos, ms. 33, p. ol. — Les et prieur du collège monastique de San novices furent nombreux sous l'abbé Vicente d'Oviedo.

Saucristobal. Nous avons beaucoup connu 3. Arc/i. de Silos, « Informe de limpieza

l'un d'entre eux, le vénérable P. Sébastian de sangre ».

Fernandez, mort en 1892, curé de l'im- i. Son vrai nom dans le siècle était

portante paroisse de Saint-.Martin de Don Salvador Maria Ezarra y Echevarria.

Madrid. Il avait fait profession en 182G et Son père se nommait Josef Ezarra j-

était le dernier survivant de l'ancienne Echevarria et sa mère Angela de Briones.

communauté de Silos. Il fut appelé Rodrigue en l'honneur du

2. Il fut aussi curé de Santibaùez et bienheureux Rodrigue, abbé de Silos.

de Peîiacoba, prieur d'Arenas (prieuré de 5. Cahiers de l'abbé Echevarria {Arch.

San Roman de Moroso ou de la Montana) de Silos, ms. 33 et 81).

\di

San Andres d'Espinareda pour y étudier la philosophie. Quant à la théologie sacrée, je dus aller en suivre les cours au collège de San Esteban de Rivas del Sil, dans le diocèse d'Orense, le reste de l'Espagne, et particulièrement la ville de Salanianque, étant à celte époque occupé par les troupes françaises. Au chapitre général, célébré en l'année 1814 dans l'insigne monastère de San Salvador de Celanova, je fus choisi pour suivre les études supérieures, et en octobre de l'année suivante j'entrai au collège des stagiaires [df la pasantki).

« En 1818, le Révérendissime abbé général me désigna pour la soutenance de la première thèse de théologie scolastique au chapitre, tenu comme autrefois dans la magnilique abbaye vere nulliits de Sahagun. Dans ce môme chapitre, le délinitoire, le général et les définiteurs de la Congrégation me nommèrent maître répétiteur de philosophie [pasante de fllosofia) au collège de San Juan de Poyo^ au diocèse de Gompostelle. C'est là que me surprit l'exclaustration de Tannée 1820, et je restais dans le pays jusqu'au rétablissement de l'ancien état de choses bouleversé par la révolution.

« En octobre 1823, l'abbé général me donna la charge de faire aux étudiants, moines et séculiers, un cours de trois ans de philosophie dans le collège de San Salvador de Lerez ; après quoi, je fus nommé régent du collège des jeunes m.omQ?> pasa ntes Aq San Pedro d'Exlonza.

« Le chapitre général de 1828 me désigna comme lecteur de théologie morale des moines de Saint-Martin de Madrid.

« En 1832, le définitoire de la Congrégation me nomma abbé de ce monastère de Silos. Depuis lors, j'y ai toujours vécu', en passant par les cruelles et terribles épreuves, auxquelles fut soumise cette contrée à partir du mois d'octobre 1833, peu après la mort de Ferdinand VII. Dès le milieu de ce mois, en effet, les troupes royalistes commencèrent à affluer dans la sierra et, pendant près de huit ans, le pays fut en proie à la gnei're civile. Il est peu de chefs de quelque renom, tant du côté des carlistes, que de celui des Crislinos -, qui n'ait bataillé dans nos montagnes ».

1. Le P. Rodrigo Echevarrîa écrivait plus souvent entre eux sous le titre assez

CCS lignes vers 1850. — Les derniers moi- plaisant d' " Asperrinius Pater ».

nés de Silos nous ont parlé bien souvent 2. On appelait Crislinos les partisans du

de la physionomie austère et grave du gouvernement de la reine Christine, et

P. Echevarria. Aussi les jeunes religieux Carlistm ceux de l'infant 1). Carlos, frère

du monastère avaient-ils pour lui une de Ferdinand VII. Les sympatliirs des nioi-

crainle respectueuse. Ils le désignaient le nés de Silos n'étaient pas pour les Cr/5^'/*os.

Li:s i)i:iiMKi{s AiiitKs i)i; silos ID'j

Le P. Eclievarrîa entre ensuite dans le détail de ces luttes fratricides, et nous fait connaître les uns après les autres la plupart des officiers supérieurs des deux partis, qu'il dut héberger dans l'abbaye et souvent même faire asseoir à sa propre table '. Ce récit d'un témoin oculaire, si bien placé pour tout connaître est parfois d'un réel intérêt et sera, nous l'espérons, publié quelque jour. Ce n'est pas sans regret que nous avons dû renoncer à en traduire les passages les plus curieux dans ce travail.

Transcrivons maintenant ce que l'abbé de Silos nous apprend de la suppression, définitive cette fois, de son monastère : (( Au mois d'octobre de l'année 183o, un décret du gouvernement, dû aux instances de D. Juan de Mendizabal, ministre des finances, abolit tous les monastères et couvents de religieux du royaume et des possessions espagnoles. Ce décret fut d'abord publié sans l'assentiment des Cortès ; mais, dès l'année suivante, elles lui donnèrent leur approbation et promulguèrent comme loi de l'Etat l'abolition des vœux religieux -.

« Le soir du 19 octobre, un envoyé du prieur de San Geronimo d'Espeja m'apprit que dans ce monastère on avait déjà reçu de la ville d'Aranda le décret de suppression.

« Le 17 novembre, fête de sainte Gertrude, nous chantâmes tous ensemble la messe solennelle, puis chacun sortit du monastère et la communauté fut dissoute. Je restai dans l'abbaye par ordre du gouvernement, pour signer comme abbé les inventaires de tous nos biens. Le P. Fulgencio Palomero fut autorisé à demeurer avec moi comme curé de Silos ', et aussi à cause de son titre de pharmacien '*.

1 . Voici quelques noms. — Du parti de carliste fut tout-à-fart défavorable. L'infant

la reine : Le brigadier Albuin (e/ Manco), D. Sébastien, général en chef de l'armée

Aznar, Peon, Azpiroz. Obregon, Raniirez, du roi, descendit à l'abbaye ce même

Carlos Arce, Mendez-Vigo, Rodriguez (Crt/)rt jour, accompagné des généraux Gonzalez

Blunca), enfin le célèbre Espai tero. — Du .Moreno et Basilio Garcia,

parti de D. Carlos : L'ex-curé Merino 2. L'abbé ajoute : « On assigna aux re-

(alors le brigadier Merino, très lié avec ligieux profés une maigre pension (elle

l'abbé Echevarria), Balmaseda, Gomez, était en eiïet de 4 réaux par jour pour

Basilio Garcia, Zariâtegui, Elio, Gonzalez- les plus âgés), pension qu'ils ne touchèrent

.Moreno et d'autres chefs moins connus. jamais intégralement, pas même pendant

Le 3 octobre 1837, jour de la bataille de l'espace de six mois. »

Retuerta, où Espartero fut vainqueur, don 3. La cure appartenait à l'abbé. Celui-ci

Carlos vint lui-même à mi-côte de la hau- en chargeait un de ses moines qui prenait

teur qui domine Silos du côté de Peîiaco- le titre de vicaire.

va. Le P. Echevarria alla l'y visiter et l'en- 4. Le P. Fulgence racheta au gouverne-

tretint assez longtemps à l'abri d'un eue- ment la pharmacie des moines, qui fut

bro. Son impression sur l'avenir du parti d'un grand secours pour soigner les blés-

« Les biens meubles et immeubles furent adjugés à la caisse d'amortissement, appelée auparavant du Crédit public. Les tableaux de peinture, qui ornaient le monastère, et la bibliothèque de la communauté, furent destinés au Musée et à la bibliothèque qu'on devait ériger dans la capitale de la province (Burgos\ On vendit tout le reste, jusqu'aux ustensiles de cuisine. L'église abbatiale se trouvant être en même temps celle de la paroisse, tous les objets destinés au culte furent respectés.

« Chassés de leur monastère, les moines de Silos durent chercher ailleurs un asile '. Les uns se retirèrent dans leurs familles, d'autres chez des amis. Plusieurs sortirent de l'abbaye sans môme savoir où se diriger; car le décret de suppression fut si rigoureux, qu'il était interdit aux vieillards eux-mêmes et aux infirmes d'attendre la mort dans leurs cellules ■ ».

Le P. Echevarria, qui nous donne tous ces détails et bien d'autres que nous avons le regret de passer sous silence, vécut jusqu'au mois d'août de l'année 1837 dans les vastes bâtiments de l'abbaye, alors presque déserte et que sa présence sauvait seule du pillage et de la ruinée A cette date, il fut nommé évoque de Ségovie par la reine

ses, alors très nombreux dans l'abbaye Iransforniée en hôpital.

1. Les religieux ne croyaient pas que la dispersion l'ut de longue durée. Tous espéraient pouvoir rentrer bientôt dans leur monastère, comme en 1813 et en 1823.

2. La communauté de Silos se composait alors des religieux suivants. (Le continuateur des Memorix Silenses n'a pas mentionné ceux des profès de Saint-Domini<(ue, qui à celte époque se trouvaient dans d'autres abbayes, ni les jeunes moines qui étudiaient dans les collèges de la Congrégation et dont les noms grossiraient beaucoup cette lis(e). Moines proprement dits : « 1, Fr. liodrigo Echevarria, abad. 2, Kr. Fernando Lienzo. 3, Fr.

Atilauo Pucrta. 4, Fr. Torcuato Carbayeda. .'), Fr. Isidoro Dicz. 6, Fr. Manuel Pucrta. 1, Fr. Luis Barrio. 8, Fr. Fulgencio l'alomero. 9, Fr. Benito Guerrero. 10, Fr. lldefoDSO Troncoso. 11, Fr. Beda Pardo. 12, Fr. Placido Cid. l'.i^ Fr. José Orcos. 14, Fr. Benito Asencio. 15, Fr. José Valdes. 16, Fr. -Millan Ornillos. 17, Fr. Santiago

Mata. 18, Fr. Damaso Puerta. l'J, Fr.

Thomas Santin. 20, Fr. Miguel de la Bârcena. 21, Fr. F'raucisco Xavier Canellas. 22. Fr. Manuel Pefia. 23, Fr. Juan Antonio Collada. 24, Fv. Bruno Domingo Cantero, abad de Huete. 23, Joaquin Douiinguez ».

Frères convers : « 26, Fr. Domingo de la Canal. 27, Fr. Eugenio Barrio ».

3. A la mort du P. Fulgencio Palomero, il prit le titre de curé de Silos et appela successivement auprès de lui, pour l'aider dans ce ministère, trois anciens bénédictins exclaustrés : le P. Pedro Aragon (originaire de (;aûas et profès de Cari'iou, plus tard missionnaire en Australie et à Ccylan,) le P. Tom.is Santin, profès de Silos, et enfin le P. Sisebulo Blanco, nioiue de Saint-Jean de Burgos, qui le remplaça lorsqu'il fut nommé évêque. Le P. Sisebuto Blanco avait renoncé à sa cure depuis peu, lorsque l'abbaye fut repeuplée eu 1880 par les bénédictins de Solesmes. 11 est mort depuis à Lerma, où il était aumônier de las Claras ou religieuses franciscaines.

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Isabelle, et préconisé par Pic IX dans le consistoire du mois de septembre. Le 13 décembre suivant, il recevait la consécration épiscopale des mains de son meilleur ami lM|^r. Vicente Orcos, évèque d'Osma et ancien religieux de l'abbaye d'Arlanza. La cérémonie eut lieu dans l'église de San IMarlin de Madrid, dont le curé était alors un moine de Silos, le P. Tomas (Tamara. Mgr. Lcbevarrîa fit son entrée solennelle à Ségovie le 20 janvier 1858. Malgré son âge avancé ', il gouverna ce diocèse pendant dix-sept ans, jusqu'au jour de sa mort qui arriva le 21 décembre 1875. Il était alors âgé de 85 ans -.

Le vieil évèque n'eut pas la consolation de voir rétabli son cher monastère de Saint-Dominique de Silos. Ce n'est qu'au mois de décembre 1880 que quelques-uns des Bénédictins de la Congrégation de Solesmes, expulsés à leur tour, sont venus chercher un asile dans l'antique abbave fondée par Récarède. L'archevêque deBurgos, à qui elle appartenait \ la leur ofTrit avec empressement, en même temps qu'un décret du gouvernement du roi Alphonse XII les autorisait à s'y établir. Les Bénédictins français ont pu restaurer le vieux monastère castillan, préserver d'une ruine imminente ses merveilles artistiques et faire revivre dans cette lointaine solitude les traditions de leur ordre. Il ne nous appartient pas de raconter ici les épisodes de cette troisième restauration. D'autres le feront peut-être quelque jour, et ce ne sera certes pas le chapitre le moins intéressant de l'histoire de Santo Domingo de Silos.

{. Le p. Echevarria avait alors 67 ans ; 2. Voyez son oraison funèbre par le

aussi n"accepta-t-il l'épiscopat qu'avec chanoine de Ségovie D. Isidro Castelo

une extrême répugnance et sur les ins- (Segovia, 18~6.)

tances réitérées de Mgr. Orcos. Le frère 3. Les édifices religieux non encore

de ce dernier, le P. José Orcos, était alors aliénés furent mis à la disposition des

religieux à Silos. — Un des deux évèques évêques en vertu de la convention signée

qui assistèrent le P. Echevarria le jour de à Rome le 23 août 1839 et à Madrid le

son sacre était Mgr. Ignacio Moreno, plus 4 avril 1860. Cette mesure était malheu-

tard cardinal et archevêque de Tolède. reusement bien tardive.

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