‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 79 sur 179 · Propter varius sinistros evcntus », de Cuenca · texte numérisé non relu

Propter varius sinistros evcntus », de Cuenca

s VINT-IÎKNOIT DE IIIEIË

mal bâti, souffrait du voisinage do San Benito, où les (|uatre ou cinq moines qui Thabitaient à cette époque étaient en elTet fort au large. L'alfaire. ha])ilement menée par deux notables habitants de la ville, doua Ana de la Corda et don Diego de Mendoza Patino, était sur le point d'aboutir, lorsque l'abbé de Silos s'opposa résolument à cette tentative et lit valoir ses droits. Une enquête faite à la demande de Juan Destella, prieur de Huete, eut bien vite remis les choses en place. L'abbesse, convaincue de s'être mêlée plus que de raison à cotte intrigue, fut déposée do sa dignité par lo provincial de son ordre'.

En 1529, le monastère, qui avait reçu peu auparavant la promesse d'une rente annuelle de mille ducats -, fut érigé en abbaye par le pape Clément VII, à la demande du chapitre général de la Congrégation, et déclaré indépendant de Saint-Dominique de Silos ^ Les moines de Silos ne renoncèrent pas sans quelque peine à leur prieuré. Ils tiniront pourtant par se résigner à l'honneur assez onéreux qu'on

1. L'original de l'enquête, qui fut conduite par le révérend seigneur fr. Francisco de Heban, juge apostolique conservateur des ordres de Saint-François et de de Saint-Benoit, se trouve encore aux Archives de Silos (A. XXXIV, 8).

2. Cette promesse venait d'un riche habitant de Huete, nommé Pedro Patino.

11 avait déjà fait rebâtir et décorer l'édifice à ses frais et s'était engagé à doter le monastère d'une rente sutlisante pour huit ou dix moines. La ville, de son côté, avait acc(>rdé au monastère une prise d'eau [un canon de buytre de agiia) sur la fontaine publique. Une cédule de Charles- Quint, datée de Vitoria, le 4 mars 1522 et signé : El condestable (Don lùigo Fernandez de Velasco), autorisa et coufirnia celte donation [Arch. de Silos, A, XXXIV, 7, original avec le sceau royal plaqué). Voici le texte de la pétition adressée à cette occasion au conseil de la ville par le prieur de Huete. 11 est extrait de la cédule de Charles Quint :

« Nobles Seiïores.

« Frey Alonso de Santo Domingo, prior de San Benito desta çibdad, paresco ante V. M. e digo que bien saben commo esta casa se a mejorado e mejora en el culte divino y en los edefiçios e se espéra

ser una de las casas principales desta çibdad con el fabor de Dios, e con la voluntad e obra quel seûor Pedro Patino tiene para rehedeficar, mejorar e dottar, lo quai sera causa que aya mas copia de religiosos de que Dios nuestro senor sera servido, y esta çibdad onrada e aprobechada e servida. E vuestras merçedes es razon que deu fabor e ayuda, para que la dicha casa se mejore e ennoblesca. E por esto, les suplico tengan por bien de hazer merçed a la dicha casa del agua que fueren servidos para serviçio de los ministres e religiosos, que estovieren en la dicha cassa ; pues que en tienpos pasados les fue dada agua y estan bibos los hedeficios por donde venia el agua a la dicha cassa. A pues vuestras merçedes no son menos devotos que los pasados, tengan por bien de hazer merçedes del agua que fueren servidos ; demas que para serviçio de Dios, los religiosos que eu esta dicha estuvieremos, seremos perpétues capellanes e oradores de vuestras merçedes. — El phioh de San Bemto. » — Suivent les actes de délibération et la concession du conseil de la ville.

3. Le monastère reprit alors le nom de San Benito, qui avait disparu pendant le XIViî et le XV« siècle pour faire place à celui de San Julian. Notons toutefois que la bulle de 1468 lui conserve son titre primitif.

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leur imposait, à la condition et sous la réserve que la visite régulière de la nouvelle abbaye serait faite alternaltivcment par l'abbé de Silos et le général de la Congrégation \ Mais cette indépendance ne dura pas longtemps. La rente assignée ne fut pas servie, et le monastère, tout en gardant son titio d'abbaye^, revint à la juridiction exclusive des abbés de Silos (22 mai too6)'. Ses abbés furent dès lors choisis par Tabbé de Silos et son conseil ^

Depuis cette époque jusqu'à la suppression des ordres religieux, nous ne trouvons aucun fait saillant à signaler. Dans les dernières années de son existence, l'abbaye ne comptait, plus que trois ou quatre moines. Les bâtiments de San Benilo appartiennent aujourd'hui à quelques habitants de la ville, et l'église est, croyons-nous, transformée en magasin à fourrage.

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