Histoire de l'abbaye du Bec
L'étendue de sos eonnaissaoce» hiistorM(«es, voice scieaee aorcbéolôgique et votre critique d'une sûreté parfaite ¥ou» oofe rendu Tun des meilleurs et des plu» éeoutés parmi le» écrivaiAff de la Normandie; les sociétés savantes sont fières de vous p««aéder; les congrès régionaux vous placeul à leur tète, la Sorbonne applaudit à voa travaux, et moinnànbe jai regardé eomsiie uni devoir de vous nommer arcbiviste diocésain, autant pomr rendce hommage à vos talentsque pour répondre aux vœuxdemân.bie]iraimé clergé que vous honorez.
Mais cette estime qui vous accompagne, fous Tavei eamcpa^igm par vo» œuvres, tt n'est pas d'années que les Revuea ne s'enrichissent de vos productions et que vos nombreux écrits me Metteni en pleine lumière quelque point obscur de Thistoiirr. générale ou locale, de Thagio^raphie et de Uart isormand.
Cependant^ au milieu des soilicitude» de votre ministères pas» toral et de vos occupations littéraires, une œuvre, par-desass tcMites les autres, avait conquis votre âme. Il vous avait pars bon^ en pleine abbaye du Bec, de vous isoler du présent pour renMUB'ter vers les âges anciens où le Bec fWissait de vertoet desmence. ]i>evant vos yeux fixés sur le passé, Fahbaye semblait reprefoéce sa vie d*antan ; sa haute tour s'emplissait de bnûts sozkores, et la splendide basilique, du chant mesuré des offices; rois et seigneurs eJMFphfisaient bruyamment les cours, pendant que, glissant silen- ^emsement snr les dalles des cloîtres, les moines se rendaient à la prière ou à l'étude. Vous ressuscitiez ainsi la grande lignée des saints; vous vous penchiez avec les Bénédictins sur leurs étincelants manuscrits; vous rendiez son histoire, ses légendes, ses richesses artistiques, ses grandes œuvres, son peuple de religieux, et aussi ses luttes, ses décadences, ses fautes, à l'antique et noble monastère qui fut Tun des joyaux de la Normandie.
Vos rêves se sont réalisés enfin. Après avoir, durant de longues années, fouillé les archives jusque dans leurs plus secrets trésors ,
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yisité les bibliothèques et leurs ouvrages les plus précieux, étudié les monuments de France et d'Angleterre, vous nous présentez une Histoire de Tabbaye du Bec puissamment charpentée, noblement pensée, délicatement et purement écrite. Vous y dépeigner si nettement les hauts personnages de vos récits, rois et ducs, abbés et moines, normands, anglais et français, qu'on dirait qu'ils ont posé devant vous; vous prenez si grande part à la vie de Tabbaye qu'il semble que vous n'ayez pas cessé de l'habiter. Vous commencez à l'aurore de la fondation pour finir ...., comme, hélas! finissent toutes choses ici-bas, par la mort; mais vous n'avez eu garde d'oublier qu'une auréole de gloire continue de planer sur la vallée et sur le monastère vide de ses pieux habitants.
C'est d'ailleurs le seul moyen d'écrire une histoire vraie que de se mettre à la vivre au temps même où les faits l'écrivent; juger une époque d'après nos sentiments, nos habitudes, nos passions, nos besoins, notre caractère, serait commettre une erreur profonde, fausser l'appréciation des hommes et des choses, et méconnaître les lois de l'humanité. Vous avez justement dit qu'agir ainsi, ce n'est point faire œuvre d'historien, mais de pamphlétaire.
Votre ouvrage est riche d'érudition; vous avez tantôt groupé et tantôt analysé vos documents avec une science profonde ; et quoi que vous en pensiez dans l'Introduction, trop courte à mon avis, qui précède l'Histoire elle-même, je crois être dans la vérité en affirmant que tous vos lecteurs applaudiront au choix des notes, comme à leur abondance.
Je fais des vœux bien sincères pour le succès de ce magnifique travail, et j'ajouterais volontiers : après l'Histoire du Bec, que nous donnerez-vous ?
Agréez donc, Monsieur le Chanoine, mes plus vives félicitations que j'unis à l'affectueuse expression de mes sentiments tout dévoués en N. S.
f Philippe, Évêque d'Évreux.
A Monsieur le Chanoine Porée, archiviste diocésain, curé de Bournainville.