‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 106 sur 204 · Utsuprà · texte numérisé non relu

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quoi nous la vo3'ons, à différentes reprises, solliciter des secours du cardinal de Luynes, archevêque de Sens, et de la commission instituée par le roi pour le soulagement des communautés. Elle reçut, à diverses reprises aussi, des sommes, parfois de quelqu'importance, néanmoins toujours trop faibles encore pour lui permettre de faire face à toutes les nécessités urgentes.

Aussi disait-elle que, si par la régularité, la paix et l'union qui régnaient dans sa maison, par la piété et l'exactitude avec lesquelles l'office divin et tous les exercices s'y accomplissaient, il ne lui restait rien à désirer du côté du spirituel, pour ce qui regardait le temporel, elle en était effrayée '.

Dans ces conjonctures fâcheuses, les religieuses de Notre-Dame-des-Bois craignaient de voir disparaître leur couvent. L'esprit du siècle, en effet, minait les communautés religieuses, et la commission des réguliers créée pour les réformer, sous l'impulsion du fameux archevêque de Toulouse, Loménie de Brienne, le prélat incrédule, en supprimait un grand nombre. En présence de ce péril, les bénédictines du Bricot font timidement valoir les avantages et les titres de leur maison. Elle «mérite, pour beaucoup de raisons, d'être soutenue. Elle est la seule communauté de religieuses qui soit dans la ville de Sézanne. Elle y est nécessaire pour l'éducation des filles de laditte ville et celles

I. Archives nationales, G'\ GGr; Arcli. départ, de la Marne, série H, fonds de l'abbaye de N.-D. du Bricot, axnon IV, liasse uj.

l'abbaye du bricot a sézanne 2i5

des endroits voisins, qui 3^ sont élevées dans la religion et la piété. L'emplacement est considérable, les jardins sont grands et d'une belle étendue... » D'autre part, on rendait justice au zèle et au dévouement de l'abbesse. Dans une lettre, non signée, mais qui émane certainement d'un protecteur en haute situation, à l'adresse du cardinal de Luynes, nous trouvons ce témoignage tout en faveur de Marie de Serrières : « Je peux l'assurer (Votre Éminence) que Madame l'abbesse de Sézanne mérite d'être aidée. Elle tient très bien sa maison et l'a mise sur un bon pied. M. l'évêque d'Auxerre peut en rendre compte à Votre Éminence. Je luy serai obligé si elle veut bien luy être favorable \ »

Parmi les communautés menacées de ruine, beaucoup étaient, comme celle du Bricot, des maisons insuffisamment rentées. Pour en faire subsister les membres, la commission des réguliers avait imaginé de réunir entre elles ces maisons trop pauvres. Par ce moyen, on réduisait ce que l'on pourrait appeler leurs frais généraux, et l'on amoindrissait leur nombre, jugé excessif.

C'est ainsi que, par décision de Claude-Mathias- Joseph de Barrai, évêque de Troyes, fut supprimé, le 12 juillet 1763, le titre du prieuré de Sainte- Scholastique, et que ses droits, biens et revenus furent incorporés pour un tiers à l'abbaye du Bri-

ï. Archives nationales, G», 66i, lettre missive du 6 septembre 1761.

2l6 HISTOIRK ni' I.'aBUAYK \)V BRICOT

cor. Les deux autres tiers étaient attribués à la communauté des Ursulines et au petit séminaire de Troyes. L'abbesse de Sézanne eût souhaité une attribution intégrale au profit de son monastère. Elle l'avait sollicitée avec instance, mais vainement, dans une requête adressée au cardinal de Luynes ' et ainsi conçue : « Monseigneur, j'ose représenter à Votre Éminence le besoin extrême que j'ai de la réunion entière de Sainte-Scholastique ou un secours semblable. Je crains, Monseigneur, qu'en partageant le revenu, la mauvaise partie ne me tombe. Il y a de mauvaises terres, des fermes à réparer ; je suis actuellement dans le plus grand embarras, accablée de fortes réparations auxquelles je ne m'attendois pas. Ayez pitié, Monseigneur, d'une maison qui vous devra tout son bonheur. Protégée par Votre Eminence, Dieu ne cessera d'y être glorifié. Nos vœux sont continuels pour votre conservation. Rien n'égale le profond respect avec lequel je suis, Monseigneur, votre très humble et très obéissante servante. Sœur de Serrière, abbesse de Sézanne. — Ce 3o août 1761. »

Par l'union partielle qu'elle obtint, l'abbaye du Bricot acquit 540 livres 4 sols de rente sur l'Hôtel de Ville de Paris, une rente de 164 livres 4 sols sur les tailles de l'élection de Troyes, et les gagnages de Pignay, de Barbone, avec des rentes foncières au même lieu, de Villemereuil et de

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