‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 15 sur 204 · Tome 111, p · texte numérisé non relu

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FONDATION DE l'abbaye i5

vains qui se copient peuvent propager une légende, et, à force de la ressasser, donner, en quelque sorte, du corps à une pure invention. Rien aussi ne fait comprendre d'une façon plus saisissante combien, en histoire, il est indispensable de ne pas admettre à la légère toutes les affirmations, mais de recourir toujours aux sources authentiques.

Sans abonder, elles ne nous font pas d'ailleurs entièrement défaut en ce qui concerne l'origine de l'abbaye du Bricot, car l'acte de naissance de cette communauté n'est pas absolument détruit. Il existe encore, sous la forme, sinon de l'original, du moins d'une copie ancienne de la charte même de fondation '. Par malheur, ce document, ainsi que beaucoup d'autres de la même époque, n'est point daté, de sorte que nous igno'rons l'année précise de la création de notre abbaye. Toutefois, l'examen des éléments chronologiques qu'il renferme permet de fixer assez sûrement le milieu de la première moitié du règne de Louis le Jeune (iiSy-iiSo) comme l'époque approximative de cet événement. L'abbaye du Bricot ne peut être née ni beaucoup avant ni beaucoup après l'année i i5o ^

2. Un des personnages qui interviennent dans l'acte, Pierre, y est qualifié abbé, et, dans la rubrique, abbé de la Celle. Or il fut nommé abbé de cette communauté, d'après M. Ulysse Chevalier (Répertoire des sources historiques du moyen âge, t. I, bio-bibliographie, col. 1811) vers 1147, d'après Migne {Patrologie latine, vol. CCII, col. 39g) vers 1 1 5o. Il cessa de l'être, pour devenir abbé d'Aulnay, au plus lard en ii5^ {Gallia christ., t. XII, col. 644).

l6 HISTOIRE DE l'aRRAYE DU RRICOT

Ses fondateurs furent deux- pieux personnages dont l'un jouit d'une certaine notoriété dans l'histoire religieuse et littéraire du xii*^ siècle, dont l'autre serait resté totalement inconnu sans l'heureuse inspiration qui lui fit bâtir un monastère et devait, par là, assurer la transmission de sa mémoire à la postérité. Ils s'appellent Pierre de la Celle et Hersendedu Bricot.

Pierre de la Celle tirait son nom de la célèbre abbaye de Montier-la-Celle, aux portes de Tro3'es, l'une des plus anciennes et des plus considérables du diocèse, qu'il gouvernait, comme abbé, vers 1 147 et pendant les années suivantes '. Né d'une famille noble de la Champagne, Pierre s'était senti de bonne heure porté par une secrète ardeur et par le goût de la prière, de la méditation et de l'étude, vers la solitude du cloître, et, tout jeune encore, il était venu s'enfermer dans le monastère de Saint- Martin-des-Champs, près de Paris. Au bout de quelque temps, il échangea cette retraite contre un autre asile, celui de Montier-la-Celle ; mais il n'obtint le gouvernement de cette dernière communauté qu'après avoir été d'abord abbé d'Aulnay -. Son habileté, sa science et sa piété le prédestinaient à de plus hautes situations : il de-

D'autic part, M. A. Longnon cite {Dictionnaire topographique de la Marne, p. 38) Ecclcsia Sancte Marie de Nemore, qui ne peut être que notre abbaye, à la date de i i33.

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