‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 40 sur 204 · Ut siiprà, p · texte numérisé non relu

Ut siiprà, p

92 HISTOIRE nE L ABBAYE DU BRICOT

Nous voyons, dans ce document, le cure de Châtillon-sur-Morin taxé à trente-deux sous, celui du Meix-Saint-Époing taxé à quinze sous, celui de la Forestière à vingt-deux, l'abbaye de Chantemerle taxée à six livres, celle de Nesle-la-Reporte à seize livres ; mais la communauté de Notre-Dame-des- Bois n'y est même pas nommée '.

Dans Textrême pénurie de renseignements concernant directement l'abbaye du Bricot qui caractérise l'ingrate période que nous traversons, on nous permettra sans doute de relater un incident curieux qui prit naissance à ses portes, dans les bois qui l'entourent, et où apparaissent ses voisins les moines de Nesle-la-Reposte. Ces religieux chassaient dans la foret de la Traconne, ou « dans certains bois qui sont des elles (ailes) et du ramaige de la forêt de la Traconne ». La forêt de la Traconne appartenant à la couronne, le procureur du roi s'en émut, d'autant plus que les moines, à ce qu'il paraît, se livraient à leurs exercices cynégétiques « avant solail levant et après soloil couchant ». Traduits devant la juridiction spéciale en la matière du maître enquêteur des eaux et forêts, ils soutinrent « que ils estoient en saisine et possession de chassier à toutes bestes, à cor et à cry », dans les bois de Sainte-Croix, de la Chalmelle, de Montgenost, de Béthon, dans leurs bois et autres bois touchant aux leurs et, qu'en somme, s'ils « avoient chassie et fait chassier es diz

I . D'Arbois de Jubainvillc, Pouillé du diocèse de Troycs (pièce justificative A), p. 220-223.

DÉCLIN DE l'abbaye AUX XIV^ ET XV'^ SIÈCLES gS

bois touteffois qui leur avoit pieu », ils n'avaient, en cela, fait qu'user de leur droit. Une amende ne leur en fut pas moins infligée par le maître enquêteur des eaux et forêts pour avoir poursuivi de nuit le gibier, et, quant au droit allégué, il invita les prévenus à en faire la preuve par titres. Les moines se tirèrent à leur honneur de ce mauvais pas. Ils sollicitèrent et obtinrent du roi la remise de l'amende, et, d'un autre côté, exhibèrent des chartes qui furent « diligemment veuez et visitées en la présence de pluseurs saiges, par lesquelles il appert clerement le droit, possession et saisine de ladicte chasse es diz religieux avoir esté adjugiés pluseurs fois par pluseurs maistres des eauez et forest, gruyers et austres aux diz religieux ». L^oflicier royal dut, en conséquence, lever la mainmise prononcée sur leurs bois et les rétablir dans leur droit de chasse, « pour en user es diz bois si comme il ont acoustumé à faire deuement ». La sentence est du 5 août iSyi '.

Il est peut-être temps de dire un mot d'un document, dépourvu de date précise, mais appartenant certainement au xiw" siècle, dans lequel figure la mention de notre abbaye. C'est un registre, conservé aux Archives nationales, qui, sous le titre de Exteiita terre comitatus Campante et Brie, contient la liste de quelques droits particuliers dont le roi jouissait en Champagne et en Brie. On y voit que le prévôt royal à Sézanne percevait le « tonnin » ou ton-

lieu' de cette ville, d'un revenu annuel évalue à 3o livres environ, mais qu'il en abandonnait une partie à certaines personnes ou à certains établissements religieux et notamment à l'abbesse du Bricot, à laquelle cent sous étaient dus sur ce produit. On apprend encore, par les indications du même registre, que le roi avait des terrages à Seu, à Ecardes et à Châtillon-sur-Morin, et que môme, en ce dernier endroit, il avait un étang rapportant par an soixante sous; quant au Bricot, il n'apparaît pas que « li sires » y possédât rien ^.

Pour la fin du xiv^ siècle, nous arrivons à réunir quelques maigres indications sur Notre-Dame-des- Bois. Nous savons, par exemple, que, vers cette époque, la communauté avait à sa tête une abbesse du nom de Colette, dont l'installation, remontant au temps de l'évêque de Troyes Pierre II d'Arcis (i 377-1 395), devait être antérieure à l'année i395 ^.

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