Voir ci-dessus, p. i
5. Bibliotliùque nationale, mss., Collection de Champagne, vol.XLlV, fol. 21 v.
G. Archives départementales de la Mar)tc, série M, fonds de l'abbaye de Notre-Dame du Bricot, carton 111, liasse 12.
TENTATIVE DE RESTAURATION l/\.3
cellules plus semblables à des prisons qu'à des chambres de religieuses, une petite chapelle et une grange et des escuries, sans aucunes religieuses, et il avoit très longtemps qu'il n'y en avoit eu '. » Un autre document, état du monastère dressé et présenté à l'ordinaire en 1668, complète ainsi le tableau : « Parce que laditte abbaye est scituée entre les forests de la Traconne, l'Armés et autres bois appartenant à des particuliers et ainsy une demeure peu asseurée pour des filles, elle a esté abandonnée pendant un longs temps, bruslée, ruinée et démolie, et pour la plus grande partie les tiltres de la fondation perdus et esgarés, en telle sorte qu'on ne les a jamais pu recouvrer ni jouir du meilleur bien que l'on congnoist luy avoir appartenu; et estoit en un si grand désordre et nécessité qu'il n'y avoit plus aucunes religieuses, les abbesses mesme n'y pouvant subsister ny vivre du revenu, qui se voit qu'elles n'amodioient souvent que 5o ou 60 livres; et n'avoient pas mesme moyen d'y faire les réparations nécessaires, et ainsy la laissoient tomber en ruine. Elle estoit en cet estât lorsque madame Paule de Guesdon, de la maison d'Esclavolle, en a esté pourveue par le Roy Louys treize et par Sa Saincteté, en l'année 1621 -. »
1 . «Déclaration de sœur Marie Raguier de Pousse pour satisfaire à Varrêt du Parlement obligeant labbesse à donner déclaration de ses biens et charges » {Archives départementales de l'Aube, G, 886).
2. « Etat du monastère de l'abbaye Nostre-Dame du Bricot... présenté à Mgr l'évèque de Troyes » {Archives départementales de lAube, G, 886).
Aussitôt qu'il en eut obtenu la cession pour sa fille, le vicomte de Sacona}' employa sa fortune et ses soins à réparer les bâtiments du monastère et à le rendre habitable '. Le i8 septembre 1G22, le saint sacrement fut solennellement replacé dans le tabernacle de l'église restaurée, et quelques jours après on recommençait à y célébrer la messe -.
En môme temps, l'on s'occupait de pourvoir à une bonne administration des biens et revenus de la communauté. Nous en trouvons l'énumération dans un mémoire du temps -". L'abbaye possédait tout d'abord, au Bricot et dans son enclos même, cinq cents arpents de terre; elle avait ensuite d'autres terres, en assez grand nombre, ainsi que des bois, à la Forestière, des vignes à Provins, à Villegruis '^, à Vinde}' et à Barbone. En outre, à Provins, elle jouissait de dîmes sur l'abbaye du Val, de même que sur l'abbaye de Gaye elle avait droit à vingt-six setiers de grain par an; quant à cette dernière redevance, toutefois, elle ne percevait de fait que six setiers, et un procès entamé sur cette matière entre les deux communautés durait depuis trente ans. Le couvent du Bricot tirait de Sézanne une notable partie de ses ressources. Dans un seul faubourg de cette ville, rue de Crodon, vingt ou trente