‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 33 sur 194 · Simeon Luce, Histoire de la Jacquerie, p · texte numérisé non relu

Simeon Luce, Histoire de la Jacquerie, p

DECLIN DE L'ABBAYE AUX xiv e ET xv e SIECLES 89

ravages. Un de leurs chefs, Eustache d'Aubrecicourt, jeune gentilhomme hennuyer qui avait combattu a Poitiers sous le Prince Noir, etabli avec cinq cents hommes d'armes a Pont-sur-Seine, dont il avait fait sa chambre , et maitre de dix ou douze chateaux aux alentours , exercait de la son brigandage sur tout le pays environnant. Le 23 juillet 1 369, une troupe de seigneurs champenois et bourguignons, sous la conduite de Brokars de Fenestrange, un appert et hardi chevalier lorrain, renomme et use d'armes , parvint a le deloger. Mais alors ce fut Brokars qui, non paye de ses services parle regent, se mit a saccager la Champagne. Peu de temps apres, la treve etant expiree, a la faveur des hostilites reprises, Eustache d'Aubrecicourt s'etablit, a la tete d'aventuriers anglais, dans la ville d'Attigny; il poussa, dans ses incursions jusqu'a Vertus, ou il laissa une garnison , apres avoir livre la ville au pillage l .

On crut, au printemps de i36o, apres une nouvelle invasion de la France par Edouard III, invasion dont Reims et la Champagne furent 1'objectif, que la paix de Bretigny, accordee par ce prince, allait rendre enfin un peu de repos aux populations. Ce fut un vain espoir. De nouvelles bandes d'aventuriers s'organiserent. Sous le nom de Tard-venus, elles causerent, en Champagne et en Bourgogne, moult de maux et de vilains faits . II y en eut

i . Poinsignon, ffistoire de la, Champagne et de la Brie, t, I. p. 257-363.

qui, installes a Nogent-sur-Seine, renouvelerent sur les deux rives du fleuve les exploits d'Eustache d'Aubrecicourt et de ses compagnons. Ce fut le due de Bourgogne Philippe le Hardi qui les en chassa, au commencement de 1864 '.

Que devenait, au milieu de ces tristes evenements, notre petite abbaye? Nous ne pouvons, sans trembler pour elle, songer a tous les dangers auxquels elle se trouvait exposee dans son isolement. De grandes abbayes furent pillees ou detruites dans cette guerre. G'est ainsi que 1'abbaye de Montier-la-Celle, par example, fut incendiee, en 1 848, par des compagnies anglaises 3 . II semble que son humble condition ait, dans une certaine mesure, protege la notre, car elle traversa ces desastres sans succomber. G'est ce que nous apprenons par une courte indication serapportant aTannee i363, bien insignifiante en elle-meme, il est vrai, mais singulierement precieuse et interessante pour nous cependant, en ce qu'elle fournit la preuve qu'a cette date la communaute de Notre-Dame-des-Bois n'a pas cesse d'exister. Ce document est la simple mention d'un bail d'une piece de pre sise ^i la Forestiere, au lieu dit le pre du Moutier, accorde par le couvent du Bricot a un habitant de la Forestiere, Perrin Courtillot 3 . Recueillons avec empres-

j. Poinsignon, op. cit., t. I, p. 278-280.

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