‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 37 sur 194 · Gallia Christiana, t. XII, col. 5r · texte numérisé non relu

Gallia Christiana, t. XII, col. 5r

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Mais ce peu est tout ce que nous connaissons de la superieure en question.

C'est sous son regne, selon toute vraisemblance, que fut passe, entre les chanoines de la collegiale de Saint- Nicolas de Sezanne et les religieuses du Bricot, un accord dont il convient de dire quelques mots.

On sait, pour 1'avoir vu precedemment , que 1'abbaye du Bricot possedait une rente sur les dimes de la collegiale a laNoue '. D'apres les religieuses, cette redevance se montait a douze setiers, moitie froment, moitie avoine, mesures a 1'ancienne mesure de Sezanne. A une date et pour une cause que nous ignorons, les chanoines declarerent la prevention de leurs creancieres exageree, sinon injustifiee, et cesserent, au moins en partie, de s'acquitter de leur obligation . Us repoussaient surtout vivement 1'emploi de la nouvelle mesure, qu'on voulait leur imposer, comme ayant une capacite superieure a l'ancienne. Bref, en 1892, ils devaient au Bricot plusieurs arrerages de termes cchus , et descors etait en voye de movoir : un proces semblait sur le point de s'engager. Les parties toutefois avaient vecu trop longtemps en bonne intelligence et possedaient trop de raison pour ne pas desirer regler par voie amiable leur malentendu.

Pour bien de paix garder et matiere de plait et de proces eschiver , elles eurent recours a 1'arbi-

i. Voir plus haut, page 58.

trage de Peveque de Troyes, Pierre d'Arcis.

Sans doute elles profiterent d'un passage du prelat a Sezanne. Celui-ci n'eut aucune peine a les mettre d'accord. II parait bien que les religieuses s'exageraient leur droit quand elles demandaient la vieille mesure de Sezanne et peut-etre aussi les arrerages : leurs adversaires le leur prouverent par d'anciennes chartes. Mais eux-memes s'etaient montres plus excessifs encore en leur sens en se refusant a toute concession. II fut decide qu'ils payeraient a Pavenir au Bricot une rente de trois setiers de froment et trois setiers d'avoine, a la mesure nouvelle, mais qu'a Pegard des arrerages, ils en seraient tenus quittes '. Les chanoines admirent cet arrangement, les religieuses Paccepterent de leur cote, et la bonne harmonic entre les deux communautes, un instant troublee, fut ainsi promptement retablie par le bon vouloir de 1'une et de Pautre.

Quelques annees apres cet accommodement, le 17 juillet i3g5, les religieuses de Notre-Dame-des- Bois recurent le don d'une rente de cinq sous assise sur une maison a Sezanne 2 . Cette generosite dut etre bien accueillie, car la guerre etait en train de ruiner tout le monde, et si elles-memes avaient reussi jusque-la, ce qu'il nous est bien difficile d'admettre, a se defendre centre Pappauvrissement

2. Archives departementales de la Marne, seric H, fonds de Vabbaye de Notre-Dame du Bricot, carton 4, liasse 8.

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general du pays, do moins ne pouvaient-elles eviter d'en ressentir le facheux contre-coup. Un fait qui se passa vers cette epoque a Sezanne et ou elles se trouvent directement en cause serait de nature a en fournir la preuve.

Parmi les proprietes qu'elles possedaient dans cette petite ville, il y avail une maison, avec jardin, sise dans la rue Goyer. Elles 1'avaient affermee a vie a un habitant de 1'endroit, vacher de sa profession, nomme Lambert de Goole, qui leur payait a titre de loyer soixante sous tournois par an. Le pauvre homme avait peu de bien : faute de ressources, faute d'entretien, il laissa tomber en ruine 1'habitation, pour la povrete de luy, car il n'a de quoy faire soustenir ladicte maison . II dut, en fin de compte, se resoudre a 1'abandonner, apres une resiliation du bail, et a payer a 1'abbaye une indemnite de huit livres tournois pour le dommage qu'elle avait eprouve de sa negligence (i 899) l .

Ala date de 1407, nous rencontrons un document fort interessant pour le diocese de Troyes. D'apres M. d'Arbois de Jubainville, qui 1'a public, ce pouille, car c'est d'un pouille qu'il s'agit, quoique redige sans doute a 1'aide des documents qui servaient a 1'imposition des decimes, parait avoir etc specialement destine, non pas a servir de base a une levee de deniers de ce genre, mais a donner a 1'eveque une connaissance exacte de ses droits de toute nature, notamment a lui apprendre quelle

i. Voir pieces justificatives, n XXXIII.

lieu l de cette ville, d'un revenu annuel evalue a 3o livres environ, mais qu'il en abandonnait une partie a certaines personnes ou a certains etablissements religieux et notamment a 1'abbesse du Bricot, a laquelle cent sous etaient dus sur ce produit. On apprend encore, par les indications du meme registre, que le roi avait des terrages a Seu, a Ecardes et a Chatillon-sur-Morin, et que meme, en ce dernier endroit, il avait un etang rapportant par an soixante sous; quant au Bricot, il n'apparait pas que li sires y possedat rien 2 .

Pour la fin du xiv e siecle, nous arrivons 'a reunir quelques maigres indications sur Notre-Dame-des- Bois. Nous savons, par exemple, que, vers cette epoque, la communaute avait a sa tete une abbesse du nom de Colette, dont 1'installation, remontant au temps de 1'eveque de Troyes Pierre II d'Arcis (1377-1895), devait etre anterieurea 1'annee iSgS 3 .

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