Gallia Christiana, t. XII, col. 5i
DECLIN DE L'ABBAYE AUX xiv e ET xv c SIECLES g5
Mais ce peu est tout ce que nous connaissons de la superieure en question.
G'est sous son regne, selon toute vraisemblance, que fut passe, entre les chanoines de la collegiale de Saint- Nicolas de Sezanne et les religieuses du Bricot, un accord dont il convient de dire quelques mots.
On sait, pour 1'avoir vu precedemment, que 1'abbaye du Bricot possedait une rente sur les dimes de la collegiale a laNoue l . D'apres les religieuses, cette redevance se montait a douze setiers, moitie froment , moitie avoine , mesures a 1'ancienne mesure de Sezanne. A une date et pour une cause que nous ignorons, les chanoines declarerent la prevention de leurs creancieres exageree, sinon injustifiee, et cesserent, au moins en partie, de s'acquitter de leur obligation . Us repoussaient surtout vivement Femploi de la nouvelle mesure, qu'on voulait leur imposer, comme ayant une capacite superieure a 1'ancienne. Bref, en 1892, ils devaient au Bricot plusieurs arrerages de termes echus, et descors etait en voye de movoir : un proces semblait sur le point de s'engager. Les parties toutefois avaient vecu trop longtemps en bonne intelligence et possedaient trop de raison pour ne pas desirer regler par voie amiable leur malentendu.
Pour bien de paix garder et matiere de plait et de proces eschiver , elles eurent recours a 1'arbi-
i. Voir plus haul, page 58.
trage de 1'eveque de Troyes, Pierre d'Arcis.
Sans doute elles profiterent d'un passage du prelat a Sezanne. Celui-ci n'eut aucune peine a les mettre d'accord. II parait bien que les religieuses s'exageraient leur droit quand elles demandaient la vieille mesure de Sezanne et peut-etre aussi les arrerages : leurs adversaires le leur prouverent par d'anciennes chartes. Mais eux-memes s'etaient montres plus excessifs encore en leur sens en se refusant a toute concession. II fut decide qu'ils payeraient a 1'avenir au Bricot une rente de trois setiers de froment et trois setiers d'avoine, a la mesure nouvelle, mais qu'a 1'egard des arrerages, ils en seraient tenus quittes *. Les chanoines admirent cet arrangement, les religieuses 1'accepterent de leur cote, et la bonne harmonic entre les deux communautes, un instant troublee, fut ainsi promptement retablie par le bon vouloir de 1'une et de 1'autre.
Quelques annees apres cet accommodement, le 1.7 juillet i3g5, les religieuses de Notre-Dame-des- Bois recurent le don d'une rente de cinq sous assise sur une maison a Sezanne 2 . Cette generosite dut etre bien accueillie, car la guerre etait en train de ruiner tout le monde, et si elles-memes avaient reussi jusque-la, ce qu'il nous est bien difficile d'admettre, a se defendre contre l'appauvrissement