‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 50 sur 194 · Voir pieces justificatives, n XXXVIII · texte numérisé non relu

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2. Cclebrc abbayc de la Brie champenoisc ct du diocese de Meaux, redevablc de sa fondation, au vi sieclc, a Adon, frerc de saint Ouen. Elle relevait directement du saint-siege (Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, 2 ed., p. 1046).

3. Gallia Christiana, t. XII, col. Syg; Archives departementales de la Marne, serie H,fonds de 1'abbaye de Notre-Dame du Bricot, carton IV, liasse 19.

Boys-les-Sezanne et tout le couvent assemble en chapitre constituent messire Pierre Pouplier leur procureur a 1'effet d'affirmer par-devant le prevot de Sezanne que la communaute n'a trouve aucun litre etablissant son droit de propriete sur une maison sise dans cette ville, pres 1'eglise Saint-Julien, et alors en possession des heritiers d'un certain feu Nicolas Ricard. Cette procuration est du 27 fevrier 1 562 (nouveau style) '.

G'est vers cette epoque qu'eclaterent en France les guerres de religion, dechainees par la Reforme, et dont les consequences devaient 6tre si desastreuses pour notre abbaye. Ces luttes fratricides, auxquelles la politique ne resta point etrangere, pendant trente annees agiterent et ensanglanterent de si pitoyable facon le royaume qu'on put, en plus d'un endroit, se croire revenu aux plus mauvats jours de la guerre de Cent Ans. Dans les ruines

i. Archives departementales de la Marne, serie H, fonds de Vabbaye de Notre-Dame du Bricot, carton IV, liasse 8. Cette piece porte encore le sceau de 1'abbaye et le sceau, fruste, de 1'abbesse. Voici, d'apres les compilateurs de la Collection de Champagne (vol. XL1V, fol. 21 v), la description du premier : Une fleur de lys de Florence, ecrit autour : EDVVERGVS BE SBICOR INBO . L'etat actuel du sceau rend difficile le controle de cette bizarre lecture. II est probable quc 1'exerguc etait tout simplemcnt confu ainsi : SIGILLUM CONVENTUS BEATE MARIE DE BICOR IN Bosco. On peut, en passant, signaler vers le memo temps, la nomination d'un nouveau cure au Meix-Saint-Epoing, le 14 mai i555 : Dominus Martinns Houllier, presbyter diocesis laudunensis, curatus cures et ecclesice parrochialis de Ma^oSancti Hispani (Archives departementales de I'Attbe, G, 67, fol 55 v).

qu'elles accumulerent, la Champagne et la Brie eurent une large part. Le protestantisme avait penetre de bonne heure dans' cette province, grace a sa proximite de rAllemagne. Des 1'epoque de Francois I er (i 5 1 5-i 647), on vit la doctrine nouvelle professee a Sezanne par un jeune clerc nomme Dubec, natif des Essarts, qui, apres avoir jete le froc aux orties, etait alle nouer des relations avec les reformes de Strasbourg et de Montbeliard. Arrete, degrade en 1641, il fut, quelque temps apres, execute a Troyes comme heretique '. Mais il laissait derriere lui des proselytes : un autre enfant du pays, Jacques Sorel, devint en quelque sorte le coadjuteur de Calvin, qui 1'envoya de Neufchatel aux reformes de Troyes, ou il organisa un consistoire et institua un seminaire de jeunes predicants 3 . Plus pres de notre abbaye, le seigneur d'Esternay, de Chatillon-sur-Morin et probablement aussi duBricot-la-Ville, Jean Raguier, chevalier, embrassa la Reforme et s'en fit 1'un des principaux champions dans la province. Fils de Louis Raguier et de Charlotte de Dinteville, ce gentilhomme que nous voyons pourvu a la cour de Henri II de Toffice d'ecuyer tranchant, avait rendu foi et hommage au roi, a raison de son chastel, chastelleny, fief, terre et seigneurie d'Esternay et de sa terre et seigneurie de Chastillon-sur-Morain , a Paris, le 16 juin

1. Poinsignon, Histoire de la Champagne et de la Brie, t. II, p. 119.

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