Gallia Christiana, t. XII, col
l3o HISTOIRE DE L'ABBAYE DU BRICOT
liques, obligees de vivre aux frais de Thabitant et requisitionnant vivres, fourrages et chevauxsur leur passage, tantot par des bandes huguenotes, pour lesquelles le meurtre, 1'incendie et le pillage semblaient n'etre que jeu. Le pays eut la visite des reitres, ces redoutables allies des calvinistes, qui, selon I'expression d'un contemporain, ne se faisaient scrupule de tuer les paysans qui leur resistaient non plus que de tuer ung poux '.
Enfin, pour comble de misere, des bandes de malfaiteurs s'organiserent, a la faveur de la confusion des partis et de 1'anarchie regnante, et se mirent a devaster les villages, a ranconner les voyageurs, les gens de justice et d'Eglise 2 . La foret de laTraconne devint le principal repaire de ces brigands : ils paraissent meme s'y etre perpetues assez longtemps 3 . Aussi n'y avait-il plus, dans le pays, ni commerce ni agriculture ; le cultivateur affame abandonnait son champ aux broussailles, et la campagne se depeuplait.
On se demande si, au milieu detant de desordre, parmi de si nombreux perils, la communaute du Bricot, quelque reduite qu'elle fut, put se maintenir.
1. Claude Haton, Memoires (cite par Poinsignon, Histoire de la Champagne et de la Brie, t. II, p. 206).