‹ Histoire de l'Abbaye du Bricot en Brie (XIIe siècle-1792) [microform]Chapitre 89 sur 194 · Comm. de Legault-la-Foret, canton de Montmirail · texte numérisé non relu

Comm. de Legault-la-Foret, canton de Montmirail

4. Archives depart, de VAube, G, 886, etat de 1'abbaye du Bricot, de 1668.

rentes foncieres, mais de peu de valeur encore. Le doyenne de Notre-Dame de Gaye lui devait annuellement, comme censitaire, un setter de froment, un seller d'orge, un setier d'avoine el trois sellers de seigle; le seigneur d'Esternay, qualre sellers de froment; le chapitre de Nolre-Dame-du-Val de Provins, sur les dimes de Sancy ', seize boisseaux de froment el qualre d'avoine. Elle avail, au lerroir de la Chapelle-Lasson, sur plusieurs heritages, 1 3 livres de renle fonciere; el 10 sous de cens, de menus cens el renles a Barbone ainsi qu'a Vindey, maisdonl elle se plaignail de ne rien loucher; a Sezanne, environ 112 sous el deux poules de menus cens el rentes, et, sur un jardin de la rue Saint-Pierre, 20 sous de renle fonciere el i denier de cens. La, en outre, elle possedail encore, malgre 1'incendie de 1682, quelques maisons de rappon, donl nous voyons Tune, en i665, louee pour 3o livres par an, a un Jacques Cadel, sergeni , deux auires, peliles, dans la rue Moyenne, louees a un menuisier, Anloine Cavarl. Le domaine de Sezanne elail charge de 100 sous de renle par an a son profit. On se souvienl qu'elle prenail les dimes de Chalillon-sur-Morin chaque troisieme annee; elle n'y trouvail, s'il faul s'en rapporler a un documenl de 1688, aucun avaniage : ces dimes ne vallenl guere plus que ce qu'on esl charge de payer du gros au cure dudil lieu, el sonl ordinaire-

i. Pres de Villiers-Saint-Georges.

ment plus onereuses que profitables . Ce qui valait mieux pour 1'abbaye, c'etait le droit de chauffage qu'elle exercait, de tres vieille date, dans la fore"t de la Traconne ', sur toutes les ventes ordinaires, droit qui etait a la charge de 1'adjudicataire et se montait a vingt cordes de bois pris dans la foret. Enfin elle jouissait de rentes constitutes, au nombre d'une vingtaine, recueillies depuis son etablissement a Sezanne, de personnes diverses, parmi lesquelles nous voyons figurer la duchesse d'Angouleme, le marquis de Lavalle, M me de Gregy, le seigneur deMorcins, MM. de Chevigny 2 , deThury, de Fontenay, de Dousigny, de Pousse, Saussoy, lieutenant-general a Provins, de Leuze, de la Chappelle et du Val de Saint-Remy. Ces rentes produisaient un revenu total annuel de 2,760 livres ? .

Telles etaient les ressources de 1'abbaye du Bricot, ressources plus variees qu'abondantes. II fallait, avec cela, subvenir aux besoins d'une communaute assez peuplee. II y a, dit 1'etat dresse en 1668, 48 religieuses, lesquelles, 1'une por-

1. Independamment de ce droit, il appartient de temps immemorial a laditte abbaye cent cinq arpents de bois, scitues au Bricot, oft etoit anciennement laditte abbaye, tenant a la forest de la Traconne et a Monsieur le president Morel . L'abbaye en tirait son bois de chauffage, estime 35o 1. par an (Archives departementales de VAube, G, 886, etat de 1729).

2. Seigneur de Neuvy-aux-Bois, pres d'Esternay (Boitel, Recherches sur Esternay..., p. 55).

3. Arch, depart, de VAube, G, 886, etat de 1668. Document communique par M. Pabbe Millard, cure de Saint-Gond.

tant 1'autre, ne peuvent moins despenser, tant pour la nourfiture qu'entretien, en mesnageant beaucoup, que la somme de 3oo livres. A cote de cela, il y avait les depenses communes de la maison : pour la chapelle, luminaire, cire, huile, entretien de 1'autel, i5o livres; pour les gages du chapelain, meme somme; pour le medecin, 100 livres; pour 1'apothicaire et les drogues, i5o livres; pour les gages de quatre servantes, 100 livres; pour les menues reparations de la maison conventuelle et des fermes, 200 livres au moins ; pour le combustible, 3oo livres; pour les ustensiles, fournitures et menus frais de cuisine, 200 livres, etc. A ces frais s'ajoutaient d'autres charges pour 1'abbaye : 1'obligation de faire dire quatre messes par an dans la chapelle de 1'ancien couvent, au Bricot, plusieurs autres services ou messes pour des donateurs, des cens grevant au profit du roi les fermes de Montolivet et La Haye, a cause de la chatellenie de Trefols, des creances passives montant en tout a 7,000 livres, dont on payait 1'interet. Pour ce qui est deub a laditte abbaye, ajoute 1'etat de 1668, est si esgare que Ton ne le met point en ligne de compte f .

C'etait ainsi environ i5,ooo livres qu'il fallait chaque annee aux religieuses pour maintenir r vTv, leur communaute. Chacune d'elles, a son entree,

V\ - ( apportait une dot a I'etablissement. Plusieurs rece-

i.Arch. depart, de VAube, G, 886.

L'ABBAYE DU BRICOT A SUZANNE i85

vaient, en outre, de leurs families, des pensions -

viageres ; mais ces pensions etaient personnelles, v v ' y elles n'entraient pas dans le fonds commun : elles sont donnees, dit 1'etat de 1668, ausdittes religieuses, par la bonne volonte de leurs parans, pour leurs petites necessites et ouvrages, [pensions] qu'elles employent neantmoins a leur entretien . Nous ne remarquons que quelques religieuses, tres rares, dont la presence valait au monastere, leur vie durant, une rente constitute au profit de la communaute independamment de la dot.

L'abbesse Marie II se voyait done placee a la tete d'un personnel de plus de quarante religieuses a gouverner et a faire vivre. On trouvera peut-etre quelqu'interet a parcourir les noms de ces pieuses femmes, recrutees dans des families dont quelquesunes n'etaient privees alors ni d'eclat ni de notoriete. Apres 1'abbesse venait la prieure : elle se nommait Francoise de Champagne ; il y avail trente-cinq religieuses de choeur : Louise d'Harsilemont, Catherine de Redon, Louise Cadet, Marie Heman, Nicolle de Kerver, Marguerite de Kerver, Henriette Aubry, Madeleine de Picot de Sompuis, Antoinette de Champagne, Marguerite de Henris, Louise de Durant de Thury, Anne Gerard, Anne Heman, Marie Lefebvre, Valentine de Boubert, Charlotte de Vendiere, Madeleine de Boubert, Jacqueline de Pilippe, Marie H email, Marie de Seignerolle, Marie Lhuislier, Marie de Durant de Thury, Claude Giffey, Angelique Sevin Desroches, Marguerite de Betel de Banne, Claude Desmeray,

Marie Giffey, Anne de Bellay, Jeanne Nugot de la Chapelle, Charlotte du Val, Anne Saulsoy, Madeleine de Durant de Thury, Genevieve Ghasle, Marie Pajot et Catherine Saulsoy; les converses, au nombre de cinq, etaient : Marie Arou, Adrienne Fontenne, Anne Brisset, Gabrielle Legrand et Genevieve Evrard '. Les mieux pensionnees, parmi les premieres, etaient, apres 1'abbesse, qui avait 200 livres, Charlotte de Vendiere, qui en touchait 120, Nicolle et Marguerite de Kerver, Anne de Bellay et Marguerite de Betel de Banne, qui en recevaient 100 chacune, Anne et Catherine du Saulsoy et Angelique Sevin Desroches, chacune avec 60, etc 3 . Les religieuses dont on vient de lire les noms n'etaient pas toujours, avec la domesticite, les seules personnes qu'abritat le monastere. Le siecle, parfois, venait lui demander asile pour s'y recueillir ou s'y retirer sans s'astreindre a la regie. C'est ainsi qu'en 1698, nous voyons 1'eveque diocesain, Francois Bouthillier de Chavigny, permettre a la marquise de Villette de vivre dans 1'abbaye de Notre-Dame de Sezanne avec une femme pour la servir 3 . Une princesse de Rohan y demeurait deja, comme dame pensionnaire, depuis bien des annees et y resta jusqu'a sa mort, arrivee en I729 4 . De semblables autorisations, toutefois, n'etaient jamais

Page 1