DU GRAND POÈTE
JACINTO VERDAGUER
rAiiieiit du poème Canigo
LETTRE de PIgp de Carsalade du Pont, évêque de Perpignan
Mon cher Monsieur le Curé,
Je bénis de tout cœur le projet que vous avez formé d'écrire l'histoire de l'Abbaye de Saint-Martin du Canigou. Cette histoire vient à son heure; ell-e s'impose en ce moment où la vieille et célèbre abbaye se relève de ses ruines. Faire connaître ses origines, son développement, son action religieuse et sociale dans le diocèse d'Elne, n'est-ce pas rendre ces ruines plus vénérables encore et attirer vers elles les regards des généreux fidèles. L'historien de Saint-Michel de Cuxa était d'ailleurs tout désigné pour écrire l'histoire de Saint-Martin du Canigou; après avoir célébré la mère vous célébrerez la fille ; vous aurez ainsi raconté l'histoire d'une grande et illustre famille monastique. Votre second livre trouvera, je n'en doute pas, auprès du public, la faveur que le premier y a rencontrée.
Encore une fois je bénis l'ouvrier et son œuvre ; et puisque vous avez la pieuse intention de consacrer à l'œuvre de restauration que j'ai entreprise le produit de la vente de votre livre, je souhaite de tout mon cœur que le succès le plus complet couronne votre généreux dessein.
Agréez, mon cher Monsieur le Curé, la nouvelle assurance de mes sentiments affectueux et dévoués en Notre-Seigneur.
f JULES, évêque de Perpignan.
LETTRE de Monseigneur l'Évêque d'Urgel (Espagne)
RÉVÉREND DOM FRANÇOIS FoNT, Curii de la paroisse de Codalet.
Grande a été ma satisfaction, très cher et très estimable Monsieur, en recevant votre lettre et les deux manuscrits qui contiennent l'histoire des anciens monastères de Cuxa et de Saint-Martin du Canigou.
Alors que les ruines de ces deux célèbres Abbayes allaient en partie disparaître, vous ne pouviez rien faire de mieux, ni consacrer les moments libres que vous laisse votre ministère sacré à chose plus digne qu'à présenter à la génération présente, dont les pensées visent presque toutes la terre, ce double monument de vertu et de sainteté.
C'est d'abord à Cuxa, en effet, que brilla avec une grande renommée de sainteté son Abbé Protase, ancien archidiacre d'Urgel, lequel avec la bénédiction de son évêque, était allé en toute hâte se réunir aux cinq moines échappés à la catastrophe du monastère de Saint- André d'Exalada, le premier fondé dans le Confient, et avec eux s'était rendu auprès du roi Charlemagne pour lui demander avec sa protection la permission de construire dans la vallée de Cuxa le monastère dont il devint le premier Abbé.
Vous êtes dans le vrai, très cher et très estimable Monsieur, lorsque vous dites qu'à Cuxa et à Saint-Martin du Canigou brilla une magnifique succession d'Abbés et de moines, les uns et les autres remplis de sainteté et dont la renommée attira des personnages même d'Italie. C'est, en effet, vers la solitude de la première de ces deux Abbayes qu'accourut Pierre Uséolo, doge de Venise et roi de Dalmatie, devenu un si grand saint, ainsi que le vénère l'Eglise. Là encore vint le fondateur des Camaldules, le grand patriarche saint Romuald, qui essaya dans une forêt les commencements de son ordre érémitique.
Là, le comte OUba, l'un des plus grands personnages de son temps, converti par saint Romuald, consacra à Dieu deux de ses enfants, tandis qu'un troisième, le comte Guifred devait fonder le monastère de Saint-Martin du Canigou, s'y faire moine, devenir un sujet héroïque d'édification et mourir comme meurent les saints, et que un quatrième devait devenir archevêque de Narbonne, après que son père fut allé se retirer sur le mont Cassin où il prit l'habit religieux et mourut en grande odeur de sainteté.
Vous avez eu la sainte inspiration de tirer de l'oubli tous ces exemples de A'ertu et beaucoup d'autres qui ne pourront qu'inspirer des pensées généreuses, sinon à la génération présente, incrédule et matérialiste, du moins à celle qui suivra, mieux instruite par lés châtiments divins.
Je suis profondément convaincu que Cuxa et Saint-Martin du Canigou ne sont pas condamnés à disparaître pour toujours. Vous, avec vos deux histoires si intéressantes, vous nous faites reparaître l'esprit de ces deux monastères, et j'espère que la lecture de l'un et de l'autre fera naître dans des cœurs généreux le désir d'élever de nouveau ces niurs sacrés et de les peupler d'anges sous la forme humaine.
En attendant, je vous félicite avec tout mon cœur d'évèque pour ces deux savantes Histoires que je recommande à tous mes prêtres et pour lesquelles je vous souhaite le plus heureux succès.
t Joseph, Evêque d'Urgel.
Rome, le 2g juin 1878.
LETTRE de Son Eminence le Cardinal Plaeide-Marie Schiaffino
Ancien Evêque de Nyssa
et ancien Supérieur général de la Congrégation de Mont-Olivet
de l'Ordre de Saint-Benoît à Rome
Mon Cher Abbé,
Je viens de lire votre bel ouvrage sur la célèbre Abbaye de Saint-Martin du Ganigou que vous vous proposez de publier prochainement. Je le juge une œuvre d'intelligence et de patience. N'est-il, pas en effet, le résultat de vos nombreuses et infatigables recherches et le fruit de votre talent qui a su coordonner admirablement tous les documents relatifs à cette Histoire.
Je vous félicite de tout mon cœur, et suis surtout très heureux que votre travail tourne à l'honneur du clergé et au grand profit de la société. Hélas! la société est bien malade. I-es ravages politiques et religieux ouvrent des plaies dans les cœurs. Dans bien des âmes se font sentir la nécessité de se retremper dans le silence du cloître, et l'histoire d'une grande Abbaye pourra peut-être inspirer à quelqu'un la sainte pensée de la relever. En tout cas, vous ferez une excellente œuvre en portant les âmes de vos frères dans un milieu où brille avec éclat la sainteté du disciple de saint Benoît.
Recevez, mon cher Abbé, les expressions sincères de mon estime respectueuse.
f Placide-Marie, Cardinal.
Rome, 19 mars 1880.
LETTRE du Rêvérendissîme Abbé du Monastère de Saint-Benoît
du Mont-Cassin, Monseigneur Nicolas d'Orgemont, à l'Auteur
Chkr Monsieur le Curé,
Je vous félicite d'employer si noblement à la recherche des traditions du passé et des documents historiques si chers à l'Eglise et à l'Ordre du grand Patriarche monastique de l'Occident, les instants libres qui vous restent, après avoir donné à vos ouailles vos soins empressés. A en juger par les quelques extraits que j'ai eus sous les yeux, j'en conclus que votre ouvrage intéressera vivement ses lecteurs. Je vous ojjre mes félicitations à ce sujet, heureu.x de voir tirer de l'oubli tout ce qui touche à notre Ordre, et vous prie d'agréer l'assurance de ma profonde estime.
t Nicolas d'Orgemont, O. S. B.
Abbé du Mont-Cassin.
Mont-Cassin, le 25 novembre 1880.