Tome 2t
conjecture et la rend vraisemblable, c'est que sa charité pour les malades et les lépreux s'étendit à toutes leurs nécessités durant sa vie; qu'il avoit quitté le priorat pour les servir, et que l'on trouva dans leur église le corps entier d'un abbé de Jumièges, lorsqu^au milieu du xiv® siècle, cette même église, dont la dédicace est marquée au 29 de novembre dans le martyrologe del'abbaïe, fut transférée, avec la léproserie, à l'extrémité du bois, comme nous le dirons en son lieu. Les tombeaux de ses prédécesseurs nous sont connus ; ses successeurs ont tous été enterrés dans l'abbaïe, jusqu'à la destruction de l'église de Saint-Michel. Quel autre abbé que Guillaume de Fors peut donc avoir été inhumé dans cette église?
Nous n'avons raconté que peu d'actions particulières de la vie de ce saint homme, parce que les monuments de Fabbaïe de Jumièges ne nous ont rien appris de plus que ce que nous en avons rapporté. On peut dire néanmoins que son humilité, sa douceur, ses lumières, son amour pour l'étude, son zèle pour le renouvellement des livres du chœur, pour l'augmentation de la bibliothèque et pour le maintien de la régularité, son caractère tendre et bienfaisant, sa fermeté dans les occasions, ses discours fréquens et pleins d'onction à ses religieux, ses exhortations aux malades, et la décence de ses moeurs, le rendirent un des plus saints personnages de son siècle. Voicj comment en parle un copiste de son temps, à la fin d'un Commentaire sur
Job , que Guillaume de Fors avait acheté n'étant encore que prieur (a).
Corde: caritalem aon simulât.
Ore : veritatem humiliter annuutiat.
Opère : alios bonis exemplis aedificat.
1 Bibl. muuic. de Rouen : Gat. 86 *, A T8.