‹ Histoire de l'abbaye royale de Saint-Pierre de Jumièges (volume 3)Chapitre 32 sur 44 · ROGER II, TRENTE-NEUVIÈME ABBÉ · texte numérisé non relu

ROGER II, TRENTE-NEUVIÈME ABBÉ

L’abbaïe vaqua un mois et trois jours, après lesquels on élut Roger, qui y faisoit l’office de cellerier depuis douze ans. Il ne vécut qu’ environ quinze mois depuis son élection. Mais, durant ce peu de tems, il fit ce qui lui fut possible pour être toujours a la tete des exercices, et y prévenir par sa présence jusqu’au moindre relâchement. Le reste du tems, il s’appliquoit à la prière et à la méditation des choses divines, tachant de réparer les fautes qu’une vie dissipée et occupée des soins temporels lui avoit pu faire commettre. Il se fit une loi de ne plus sortir du monastère pour quel-

(a) Archives. — Cartul. c. 47.

qu'affaire que ce pût être ; et nous voyons, en effet, par deux actes dressés en son nom, l’an 1190, que toutes les affaires étoient traitées en chapitre et qu’on y appeloit les personnes intéressées, ou qui voul oient faire du bien à l’abbaïe (a). S’il ne pouvoit honnêtement exiger qu’on fît le voyage de Jumièges, il envoioit des députés avec une procuration , et c’est encore ce que nous voions être arrivé en 1191, à l’égard d’André Cbalant, pour quelques prétentions à Ville- Juive, où Raoul, prieur de Saint-Martin- de-Boafle, et un de ses religieux, nommé Durand, stipulèrent pour l’abbé, en présence de Maurice, évêque de Paris, qu’ils avoient choisi pour juge. Roger mourut la même année, le 29 octobre, et fut enterré le lendemain dans le chapitre, au milieu d’un grand concours de peuple, que la reconnoissance y avoit attiré (6).

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