DES LETTRES ALVNUSCRITES DE CHAPELAIN
A M. Huygens de Zuylichem*. Du 9 avril 1859 : « Monsieur» .... quant à la guerre civile dont vous me parlez, fraternas actes lilterataque bella profanis decertata oc?n>, j'en ai une si grande honte, que j'ai fort balancé devant que de me résoudre à contenter l'envie que vous me témoignez d'en être instruit, quoiqu'il n'y ait rien que je fasse plus volontiers que de contenter vos envies; enOn je m'y suis déterminé dans l'assurance que vous me garderez le secret, et que vous n'en ferez part qu'au seul M. Heinsius, pour vous servir l'un et l'autre de cette lu-; mière, sans m'alléguer, comme historien du combat, enca«que vous en entendissiez parler d'autre sorte ; voici donc ce que c'est : M. CoUetet ayant laissé par sa mort uqe place vàcimte dans l'Académie , les amis de M. Boileau ^ songèrent à la lui
^ Ces extraits font suite à ceux que nous avons donnés dans notre premier volume, et se rapportent à la période de THistoIra académique traitée par Tabbé d'OUvet.
* Ce premier extrait a été imprimé dans les Mélangu de Chapelain, puljliés par Camusat. Dans plusieurs autres lettres, Tauteav revient sur les mém^s débats : celle-ci résume toute la qiiestio^.
s Gilles Boileau.
faire remplir^ suivant son ancien désir^ et le proposèrent à la première assemblée. Dii-buit que nous étions^ nous Tagréâmes tous d'une voix, comme très-digne, et M. le Chancelier consentit ensuite; mais le bruit s'en étant répandu avant que le scrutin de la réception fut fait, M. de Pellisson et M. Ménage, tous deux ses ennemis irréconciliables, se mirent en campagne pour lui faire donner l'exclusion, et sollicitèrent si violemment contre lui que, des dix-huit qui l'avoient approuvée, ils en corrompirent sept, et, pour renforcer leur cabale, firent venir à l'assemblée cinq autres confrères, que leurs emplois ou leurs maladies, eu leur négligence, empéchoient de s'y trouver jamais. Le jour du scrutin arrivé, M. Pellisson, quoique assuré de ces douze voi|[, fit une harangue d'une heure et demie , très-aigre et trèsvéhémente contre le proposé , l'accusant de n'avoir ni honneur ni probité; mais comme il l'assuroit sans preuves, l'Assemblée, pour le favoriser, ou pour lui donner le temps de revenir de ses emportements, jugea qu'il lui falloit accorder huit jours , pendant lesquels il feroitses diligences et se muniroit de bonnes attestations. Les huit jours passés, on lui demande s'il en pou^^ voit fournir, et, voyant qu'il n'en avoit point, il passa par toutes^ les voix : que le Corps le prieroit de donner ses ressentinientsè la paix et de se relâcher d'une poursuite qu'il ne soutenoit point par des moyens solides. Il refusa le corps et opiniâtra qu'on procédât au scrutin , duquel il s'étoit assuré pendant les huit jours qu'on lui avoit donnés pour fournir ses preuves. En effet, au grand étonnement de la n\oitié de la troupe, que les soUieitations n'avoient pu porter à déshonorer un homme sur la simple déposition de son adversaire , cet homme se trouva exelu par^ le nombre des ballotes , de quoi entre autres M. l'évêque de: Laon fit paroître une juste indignation, et M.de Montmort forma ensuite opposition à cet acte, comme nul, tant parce que l^exclusion ne devoit être fondée que sur le prétendu manque de probité , lequel on n'avoit point prouvé , que parce que M. de Pellisson avoit dit et écrit qu'il avoit au moins dix voix sûres peur la donner. Depuis cela la Compagnie est demeurée parta» gée^ et M. le Chancelier, qui en est le Protecteur et qui l^avoit
laissée en liberté de ses suffrages^ voyant le mau? ais effet de ses bonnes intentions y à la prière de messieurs nos prélats et du Corps au nom duquel ils la lui ont faite, s'est chargé d'accommoder ce différend ; et c'est là où nous en sommes à cette heure, avec apparence que cet orage se dissipera bientôt, et que les Muses retourneront à leurs musettes et rengaineront leurs stylets et leurs cannivets. Au reste, ceux qui m'ont fait chef de l'un des partis m'ont fait trop de grâces, car je n'ai été qu'une seule fois au combat, qui fut le jour du scrutin, m'étant trouvé malade tous les autres; et ce jour- là même je me contentai d'être pour 4'accusé, voyant Taccusation mal appuyée, sans élever mon ton pour la justice , parce que l'accusateur étoit mon ami et que l'autre n'étoit que de ma connoissance, et parce que j'espéix)is que mon ami rentreroit en lui-même et donneroit à la Compagnie la complaisance dont elle s'abaissoit à le prier avec tant de raison ; en sorte qu'il y auroit eu quelque chose à redire à la tiédeur de mon suffrage , si je n'eusse eu cette formelle espérance de mon ami. Ce qu'il y a eu de plus scandaleux en cette affaire , c'est qu'on a connu depuis que la cause de ce trouble n'a pas été principialement la vengeance de M. de Pellisson, qui est de l'Académie , mais celle de M. Ménage , qui n'en est pas y et qui de plus est son ennemi de tout temps , reconnu pour tel par des libelles imprimés et que vous avez vus; car M. Ménage n'en a point fait la petite bouche, et soit devant, soit après le scrutin , il s'est déclaré que c'étoit son affaire ; et sur ce pied-là , voyant que je ne voulois pas servir d'instrument à sa fureur, ni devenir ministre de sa cruauté contre un homme qui, dans sa poursuite, ne lui faisoit pas le moindre tort du monde, il a bien eu le mauvais cœur de rompre avec moi, après une amitié de plus dé vingt années, que lui-même confesse lui avoir été utile et honorable par mille sortes d'offices ardents et cordiaux.
Quant à l'expédient que M. le Chancelier pourroit prendre pour tout terminer, bien que je croie que la fécondité de son eéprit lui en puisse fournir un grand nombre, le seul néanmoins que ni'offre la stérilité du mien serait qu'il lui plût faire remplir
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les deux places qui vaquent, en un même jour et en une même séance^ l'une par M. Boileau^ et l'autre par celui qui en avoit été jugé digne^ en leur laissant l'apparence de liberté de se déférer l'un à l'autre l'avantage de passer et de parler le premier; et, stipulant néanmoins que M. Boileau n'accepteroit point la civilité de l'autre, lequel ainsi passeroit et parleroit.le premier : par là, chacun auroit son compte , et sans l'emporter l'un surl'autre de hauteur, on se pourroit rapprocher, se joindre à l'amiable, en couvrant le passé d'un éternel oubli. Demander plus que cela aux partisans de M. Boileau, ce seroit leur demander ce à quoi ils ne consentiroient jamais. J'en connois plus d'un qui se relâcheront mal volontiers jusque-là, dans le tortquils estiment que lui font ceux qui se sont opposés à sa réception après l'agrément de M. le Chancelier et l'approbation ^e la Compagnie ; mais moi qui cherche la paix par toutes les voies honnêtes , et qui improuve la rigueur tendue des uns et des autres, comme contraire à la morale et au christianisme, je conclus qu'on la sacrifie au bien commun et aux exercices académiques , dont la subsistance dépend absolument d'une réunion cordiale , et qu'il faut compter pour détruits, si l'on ne se sert de ce moyen ou de quelque autre aussi doux et aussi recevable. C'est, Monsieur, ce que j'aurois proposé à M. le Chancelier, s'il m'avoit commandé de lui en dire mon opinion, et j*ai été bien aise de vous l'expliquer, afin que si vous la croyez raisonnable, vous preniez le temps de la lui représenter avec cette façon adroite qui me manque, et qui vous est plus naturelle qu'à qui que ce soit....
A M, Mosant [de Brieux], 13 juin 1659. — « Premier que pour avant que a été du bon usage , mais il ne Test plus, et M. de Vaugelas a raison au jugement de l'Académie , à qui je l'ai propo3é. »
A M. le marquis de Racan , à la Roche-Racan , ^25 (ictobro i659 : « Monsieur, je m'acquittai jeudi dernier de la commission que vous m'avez donnée, en pleine Académie , et y lus la lettre par laquelle vous nous mandiez votre maladie et votre '
500 EXTRAITS DES l^fiTTRES INÉDITES
guérisoD. L'une surprit et affligea tous ces Messieurs, et l'autre leur rendit la joie d'autant plus grande que tous lear af^reniez que de longues syncopes et de terribles déToiements tous avoient délivrés de l'asthme qu'ils croyoient avec vous ne vous devoir abandonner que dans le tombeau. Ne craignes donc point qu'on vous donne de successeur. La Compagnie s'aime trop pour se faire cette injustice, et vous aime trop pour commencer par vous à agir contre droit et raison. Je crois même que, quand vous la quitterez pour aller être d'une société plus sainte et plus auguste, elle sera bien empêchée à remplir votre place, et qu'il y aura peu de gens qui osent y aspirer. Si vous songea bien qui vous êtes et que vous n'avez pas votre pareil, vous concliiFez que celui qu'on établira ne vous pourra jamais valoir, et qu'il ne vous y servira jamais que de lustre. Mais, grâce à Dieu, nous n'en sommes pas encore là, et, sans nous faire malbeureui ayant le temps, il vaut mieux nous passer de ces indignes successeurs, et que vous vous serviez de successeur à vous-iDême, p^r où l'Académie aura son compte et ne s'apercevra point de cette inégalité. Elle vous attend donc à la Saint-Martin , peur être juge en son siège, si vous êtes partie en celui di4 parlemenL »
 M. le marquis de Perraut, à Avignon. 16 février 1661. -r ... a C'est un soin qui vous tient au cœur de donner part à Messieurs vos confrères de l'Académie des Ëmul^eurs d' Avignon de ce qui se passe entre vous et Messieurs de l'Académie françoise , quand je fus assez heureux pour ménager, à votre prière et selon votre désir, l'exécution des ordres qui vous étpient venus de votre Compagnie pour la nôtre, Pourvu que vous fassiez le rapport dM succès de votre négocifitioq, i) n'importe pas du temps que vous le ferez , et si je soubfûte que vous le puissiez bientôt faire, c'est principalement parce que ce me seroit une nouvelle preuve de votre guérisou. Vous verrez. Monsieur, parla réponse de M. Conrart, qui accompagna la mienne , que je me suis fidèlement acquitté de la commissicm que vous m'aviez donnée pour lui, et, quant i ce(le qiii fegara
doit Messieurs de notre Corps^ vous me croirez^ s'il vous plaît, i ma parole, que j'en ai fait aussi mon devoir en leur montrant à tous Tendroit de votre dépêche qui étoit pour eux , auquel ils ont correspondu par des civilités conformes aux vôtres, me chargeant de vous assurer de leur estime et de leur ressentiment. »
A H. h marquis de Parrau^, à Avignon. 9 septembre 166i.— (( Celles [de vos lettres] qui s'adressent à l'Académie françoise y seront présentées et lues à la deuxième séance, et je souhaite que l'assemblée s'y trouve assez fréquente pour recevoir plus dignement les civilités que la vôtre (votre Académie des Émulateurs) lui fait avec vous. Mais l'absence de la cour et les vacations du parlement , jointes à la saison de toute Tannée la plus aiorte,'nous a réduits à si peu que la Compagnie n'est présentement que comme l'ombre d'elle-même , et me fait pour cela regretter que la dépêche de la vôtre ait demeuré plus de deux mois par les chemins. Nous ne laisserons pas d'ouvrir les deux lettres qu'elle et vous écrivez à la Compagnie, afm de jouir au moins du contentement et de la gloire qui vous en reviendra.^ Je n'oserois vous répondre du temps de la réponse, ne sachant pas si nos Messieurs ne la différeront point jusqu'à ee qu'ils soient assez pour en délibérer. Je crainsi|ue ce que vous proposez de l'admission dans les assemblées de ceux de la vôtre qui se trouvent ici ne passe pas, comme je le souhaiteroîs de tout mon cœur à cause du nombre fixe d'Académiciens que .vous avez lu dans l'histoire de leur institution, qui en exclut tous les autres, sans que, depuis l'établissement, ce statut ait été violé ; de sorte que pour y apporter un changement, même si raisonnable, il semble qu'il ne faudroit pas moins qu'un édit nouveau de Sa Majesté, et je doute que cela se puisse. Nous verrons, pour Tautre article, à faire que la Compagnie écrive à M. le Protecteur de la vôtre ; à quoi elle se portera, et il ne tiendra pas à mon suffrage qu'on ne lui rende ce devoir, ne fût-ee que pour ne me pas montrer indigne de la grâce qu'il m'a faite. »
A M, le marquis de Perraut, à ÂviiOion. — ... « Quant à la difficulté que fit d'abord yotre illustre Compagnie d'admettre pour Académicien M. Gonrart, Tun des principaux Académiciens de la nôtre^ après les assurances que vous lui en aviez données, presque sans que sa modestie lui eût permis de le souhaiter, je n'ai garde de ne pas trouver étrange qu'un si honnête homme que lui en ait eu ses eiclusions, surprenantes par quoi qu'elles soient causées^ ne pouvant qu'être désagréables à ceux mêmes qui n'ont pas l'honneur si délicat que lui. Cela étoit, dites-vous, contre ses statuts ; mais vous saviez quels étoient ces statuts quand vous le lui fîtes ou proposer ou désirer comme une chose sans difficulté^ et à laquelle il n'eut jamais donné, s'il yen eût vu la moindre. Cette difficulté n'avoit pas empêché le défunt Roi et M. le cardinal de Richelieu , quand ils instituèrent l'Académie françoise , d'y recevoir cette même personne , et même en la qualité que vous tenez dans la vôtre, non plus que MM. de Gomhauld et d'Ablancourt, hétérodoxes aussi bien que lui. Outre que son âge^ ses maladies et l'éloigné ment des lieux pou voient ôter à ces Messieurs la crainte que son admission en leur Corps y apportât aucune contagion périlleuse. Mais, Monsieur, vous y avez remédié par la résolution que vous lui avez fait prendre sur cet article , à son avantage. En quelque état que les lettres qpe vous lui en ftiites «xpédier le trouvent lors^ qu'elles viendront , vous pouvez croire qu'il les recevra avec respect et avec ressentiment, et qu'il leur en témoignera aussi bien qu'à vous sa parfaite reconnoissance.
(c Je reviens à l'article de l'association que vous pressez , et dont M. Conrart s'est remis à moi pour vous en expliquer les obstacles. La proposition en est obligeante pour notre Compagnie , et il lui seroit très-avantageux d'avoir en son Corps tant d'excellents hommes dont la vôtre est composée. Mais vous ne considérez pas que ce seroit faire un androgyne , et de deux corps parfaits en faire un imparfait; les natures ne sMncorporant pas ainsi, chacun doit garder son essence^ et si elles se peuvent entr'unir d'amitié et d'intérêt, elles se doivent conserver distinctes sans un mélange qui les anéantiroit ou qui auroit
quelque cbose de fort irrégulier. Pour celle raison , chacune doit garder son poste, sa juridiction^ sa dignité. La multiplica* tion de ces êtres ne passera jamais que pour bonne^ et les États n'en recevront jamais que de l'ornement et de la splendeur. Ajoutez que ces deux corps, étant sujets de deux princes différents , ne pourroient se confondre ensemble sans jalousie de leurs supérieurs, et sans violer le serment qu'ils leur ont fait de n'avoir point d'autre dépendance. Mais quand ces puissantes causes n'empêcheroient pas reflet de votre désir du côté du Saint-Siège, il y en a une du côté de la France ; car l'institut de la Compagnie, que vous avez vu, l'a fixée à un certain nombre, passé lequel il n'y a pas lieu d'en recevoir un seul autre que par mort^ non plus que dans le sacré collège des cardinaux. Et si Sa Majesté, par sa toute-puissance, y vouloit apporter le changement proposé , elle ne le pourroit faire que par édit , ({ui ne s'obtiendroit assurément point d'elle , quelque faveur que l'on employât pour cela; et, quand on l'obtiendroit , il ne passeroit jamais au parlement, à cause des privilèges qui nous sont attribués, et qui iroient à la foule des peuples ' . Contentez-vous donc, monsieur^ de celte union d'esprits que nous conserverons de notre part fort fidèle. » .
A Monseigneur le duc de Montauzier, chev^r et gouverneur de Ms' le Dauphin, à Saint-Germain. De Paris, ce 3 octobre i668. — « Monseigneur, je croyois vous laisser quelque temps en repos, et n'avoir à l'avenir à vous mander qu'en gros la part que tous vos serviteurs et vos amis ont prise à votre élection, tant rebattue. Mais ce qui se passa avant-hier à l'Académie françoJse sur ce même sujet ne devoit pas être mis en foule, et, comme elle est si considérable .par les personnes qui la composent, j'ai cru que vous ne seriez pas marri d'apprendre de quelle sorte
* C'est-à-dire : et qui tendraient à pressurer le peuple. On se rappelle que les Académiciens avaient Texemption du guet, le privilège du committinms au grand sceau, etc.
ce choix si glorieux y a été reçu ^ Je tous dirai dotic^ Monseigneur^ que l*entretien s'étant facilement tourné sur celt« matière, qui étoit du temps^ le premier d'entre nous qui en ouyrit le discours n'eut pas plus tôt loué le Roi comme ne pôutant jeter les yeux sur aucun des siens qui lui pût rendre'un meilleur compte d'une eommission si importante , que tout le restô de l'assistance , qui étoit fort nombreuse , le renvia sur lui et vint au détail des rares qualités qui vous avoient fait préférer à tout autre. On eût dit en cette occasion que e'étoll dulAnt de Gonrarts et de Chapelains , tant ils portoient loin les louanges qui vous sont dues^ et tant ils bénirent Sa Majesté d'ttVOif si sagement choisi > chacun y croyant avoir intérêt par l'amour quts vous aviez pour les Muses , et par celui qu'elles avolent éU de votre naissance pour vous *, s'osant promettre que la Compagnie vous auroit favorable auprès de votre jeune héros dans les rencontres. Les voyant si partiaux de votre vertu y je leur deinabdai permission de vous le faire savoir, ce que non-seulement ils m'accordèrent, mais encore ils m'en prièrent instamment, et de tous assurer de la passion respectueuse qu'ils ont toujours conservée pour vous. Si vous trouvez à propod de m'écrire quelque chose d'obligeant pour eux, siir Une déclara^ tion qui n'est pas désobligeante, vous achèverez de les acquérir, sans crainte d# jamais les perdre. Au sortir, Mw l'abbé Tallemànt me mit entre les mains un madrigal pour vous , qui i l'air d'une plainte , quoiqu'il se soit fort loué des bontés que vous lui avez témoignées, d
Du mémt au même, 8 octobre i668.^ ... «Yeuillei bien aussi dans votre billet trouver moyen de faire voir à l'Académie fran*" çdise que la manière dont elle a applaudi en corps au choix qui A été l^it par Sa Majesté pour l'institution de Monseigneur le Dau-
* M. de Montaazier venait d^étre nommé gouverneur du DaiiphÎD. ' * Nous reproduisons fidèlement ie texte, sans le bien ceins prendre.
phiQ, dont je vous ai rendu un compte particulier dans ma précédente, TOUS a fort plu, et que vous tous éh sentez leur obligé. »
€hapêlmn à M. de HéHcourt , à Toulon.r-a Je Tiens au prin^ cipal article de Totre lettre , qui regarde le dessein de Totre Académie... Premièrement, à Tégard du corps de l'Académie françoise, je suis comme assuré qu'elle li^en traversera point rinstitutiou par intérêt qu'elle y ait; au contraire, elle doit ê(re bien aise qu'une vertueuse Compagnie, comme sera la vôtre , •s'érige en cette qualité, non point ainsi qu'autel contre autel , mais avec rapport à elle » de laquelle prenant un de ses illus^ très pour Protecteur^ ce sera une espèie de iiliation et de dé^ pendance , comme celle d'Aries en a usé. De celte sorte , vous ne devez craindre aucun trouble de ce côté-là , mais plutôt dd tout espérer, d'autant plus que celle d'Arles, pour s'établir> ne me semble pas avoir eu besoin de son consentement , et que tout s'y est passé eutre le hoi et le duc de Saint-Aignan seuls. Là vôtre aurait besoin de M. le cardinal d'Estrées pour donner complément à l'aiTaire ; mais, pour son absenée, elle ne laissera pas de se pouvoir heureusement terminer, ayant M. Pelli^son (kvorabl^ auprès de Sa Majesté, [près] de laquelle j'apprends dé vous qu^il en avoit déjà fait l'ouverture, qui n'avoil pas déplu; et cointne c'est de la volonté du Roi uniquement que la chose dépend, qu'elle est glorieuse pour son règne et nullement onéreuse, à l'Etat, je ne doute point qu'elle ne réussisse , pourvu cjue M. Pellisson, qui est fort bien auprès de Sa Majesté et chéri de toute la cour, continue chaudement ses oflices. Outre le Roi, il pourra en entretenir M. Colbert, Académicien comme nous, et> l'en rendant capable , s'en faire appuyer dans la poursiiitè et dans l'obtention. 11 est éternellement à la cour, et aura û^s facilités que, ni moi qui suis cloué à Paris, ni aucun [autre] n'auroit. Fadtès-le donc agir, comme il à coitirtiehcé , par les voies que vous avez déjà prises, et je m'engage à lui en parler ardemment quand il viendra à Paris , et de concerter.avec lui de quelle sorte nous devrons disposer l'Académie fraoçoise à en recevoir la nouvelle en son temps, n