‹ Histoire de l'Académie française (volume 4)Chapitre 36 sur 95 · JEAN SIRMOND · texte numérisé non relu

JEAN SIRMOND

cari * 5 La Chimère défaite^ par Sufpice de Mandrini^ sieur de Gazonval^ la Relation de la paix de Quérasque^ prise du traité qu'en avoit fait M. Servien. Il a fait aussi des vers latins, comme j'ai dit, et l'épigramme contre Mamurra, où ce parasite est appelé Pamphagus, est de lui ^.

J'ajouterai ici, par une espèce de reconnoissance, qu'un de ses ouvrages est une des premières choses qui m'ont donné goût pour notre langue. J'étois fraîche ment sorti du collège ; on me présenloit je ne sais combien de romans et d'autres pièces nouvelles, dont tout jeune et tout enfant que j'étois, je ne laissois pas de me moquer, revenant toujours à mon Cicéron et à mon Térence, que je trouvois bien plus raisonnables. Enfin, il me tomba presque en même temps quatre livres entre les mains, qui furent les huit Oraisons de Cicéron, le Covp d'État de M. Sirmond, le quatrième volume des Lettres de M, de Balzac^ que Ton venoit d'imprimer, et les Mémoires de la reine Marguérite, que je lus deux fois, depuis un bout jusqu'à l'autre, en une seule nuit. Dès lors je commençai nonseulement à ne plus mépriser la langue françoise, mais encore à l'aimer passionnément, à l'étudier avec quelque

* L'abbé Richard , dans la Vie du P. Joseph, attribue ce livre au fameux Capucin, et Tabbé de Saint-Germain étoit dans la même opinion, puisque, dans la réfutation qu'il a faite de cet écrit, c'est au P. Joseph qu'il adresse la parole.

* Elle parut sous le nom de Julius Pomponius Dolabella, sous ce titre: In Pamphagum Dipnosophistam, et on la trouve dans le recueil de pièces publiées par Sallengre à la suite de son Histoire de P, de Montmaur. La Haye, 1715, 2 vol. in-8", 1. 1, p. 274.

Soin, et à croire, comme je faii§ encôfe aujourd'hui, qu'Avec du génie, du temps et du travail ofi pouvoit la fendre capable de toutes choses.

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