‹ Histoire de l'Académie française (volume 4)Chapitre 87 sur 95 · Si l'épître liminaire ou la préface d'un livre est vue · texte numérisé non relu

Si l'épître liminaire ou la préface d'un livre est vue

dans la Compagnie sans le reste, Ton ne donnera l'approbation que pour ce qui aura été examiné , et l'auteur ne pourra mettre dans l'imprimé sa qualité d'académicien, encore qu'il ait Tapprobation de l'Académie pour une partie de l'ouvrage.

43. Les règles générales qui seront faites par l'Académie touchant le langage, seront suivies par tous ceux de la Compagnie qui écriront tant en prose qu'en vers.

44. Ils suivront aussi les règles qui seront faites pour l'orthographe.

45. L'Académie ne jugera que des ouvrages de ceux dont elle est composée ; et si elle se trouve obligée par quelque considération d'en examiner d'autres, elle donnera seulement ses avis, sans en faire aucune censure et sans en donner aussi d'approbation.

46. S'il arrive que l'on fasse quelques écrits contre l'Académie, aucun des Académiciens n'entreprendra d'y répondre ou de rien publier pour sa défense, sans en avoir charge expresse de la Compagnie assemblée au nombre de vingt pour le moins.

47. 11 est expressément défendu à tous ceux qui seront reçus en l'Académie de révéler aucune chose concernant la correction, le refus d'approbation ou tout autre fait de cette nature qui puisse être important au général ou aux particuliers de la Compagnie , sous peine d'en être bannis avec honte sans espérance de rétablissement.

48. L'Académie choisira un imprimeur < pour imprimer les ouvrages qui se publieront sous son nom et ceux des particuliers qu'elle aura approuvés ; mais pour ceux que les

* Jean Camusat, dès TorigiDe. — i643, P. Le Petit. — 1686, J.-B. Geignard.— 1689, J.-B. Coignard.— 1713, J.-B. Geignard. — 1749, Bernard Brunet. — 1775. Ant. Guénard-Demenville.

particuliers voudront mettre au jour , sans approbation et sans la qualité d'Académicien, il sera en leur liberté de se servir de tel imprimeur que bon leur semblera.

49. Cet imprimeur sera élu par les suffrages des Académiciens et fera serment de fidélité à la Compagnie entre les mains du Directeur ou de celui qui présidera.

50. Il ne pourra associer personne avec lui pour ce qui regardera les ouvrages de TAcadémie ou ceux qu'elle aura approuvés, dont il n'imprimera aucune chose que sur la copie qui lui sera mise en main sous le seing du Directeur ou du Secrétaire, et lui sera fait défense dV rien changer sans la permission de la Compagnie, à peine de répondre en son nom de tous les inconvénients, de refaire l'impression à ses dépens, et d'être déclaré déchu de la grâce qui lui aura été accordée par l'Académie.

Signé : Le Cardinal de Richelieu.

Et scellé de ses armes. — Et plus bas :

Par mondit Seigneur,

Signé : CHABPENTisB.

AFFAIRE Dr CID. — Rôle de Chapelain'.

Tout ce qui se rattache aa nom de Cor d cille présente un tel intérêt, que nous croyons être agréable à nosMecteurs en reproduisant les cjitraits suivants des lettres de Chapelain : ils complètent la série de ceux qu*a présentés M. Jules Taschereau dans son excellente histoire de Corneille ( Biblioth. elzév., liv. II, texte et notes), et servent à faire apprécier le rôle de Chapelain dans cette affaire :

I. A M. DE Balzac. — « Je vous écrivis mercredi dernier,., tumultuairement à mon ordinaire^ et Je vous témoignai l'applaudissement qu'avoit eue en pleine Académie la lettre que j'envoyai de votre part à M. de Scudéri. Jugez après cela ce que^ce sera lorsque je la ferai revoir retouchée par vous. Mais je suis étonné comment vous croyez que nous puissions donner cause gagnée à Y Observateur du Cid, après que vous avez écrit une si belle apologie pour lui, et montré en quelque sorte que vous avez pris cette pièce en votre protection, » — (7 août 1637.)

II. A M. GoDEAU, évêque de Grasse. — « Dans quinze jours, Camuzat vous enverra le procès du Cid, qu'enfin nous avons été contraints de donner au public, n — (12 novembre 1637.)

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