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publia sa Relaiùm. Bravant la difficulté qui se rencontrait à parler d'bommes alors considérables dont le souvenir était présent et vif dans la mémoire de nombreux amis, avec cet art délicat qui savait mesurer les éloges et faire du silence un reproche, Pellisson sut traiter, comme il le devait, un sujet qui avait son intérêt, mais aussi ses dangers. C'était un vif attrait pour son livre que ce^ sortes de biographies contemporaines, réservées plutôt jusque-là aux grandes illustrations de répée, de la chaire ou de la magistrature qu'à de simples gens de lettres. Auparavant, les littérateurs de tous les ordres étaient confondus, et la postérité seule avait su trier Tivraie du bon grain : mais voilà que TÂcadémie force les voix du temps à se prononcer. Il fallut alors, en présence de recommandations impérieuses, de l'éclat bruyant des renommées surprises, de la lueur modeste des talents plus calmes, distinguer les noms qui devaient à la fois justifier le choix de la Compagnie et en soutenir glorieusement le crédit et l'autorité. La tâche était difficile. La première réunion formée, les nominations des nouveaux membres se firent un peu d'après des relations d'amitié *, et cependant, par je ne sais quelle bonne fortune, il serait difficile de trouver, en dehors des quarante membres qui forment la première liste de l'Académie, des noms dont on regrette Fabsence *, c'est ce que démontre l'examen du tableau, laissé par Pellisson, des premiers Académiciens-, et peut-être même se trouvera-t-il qu'on acceptera comme vrai le mot de Tallemant des Réaux qui assure que Bois-Robert fit entrer dans la Compagnie,
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pour compléter le nombre fixé, « beaucoup de passe» volants. »
L'esprit de malveillance et d'innovation, qui est souvent un esprit d'ignorance, a surtout pris à partie, dans ses attaques contre Tancienne Académie, les hommes obscurs qu'on y voit nommés. Hais une simple réflexion sutBt pour montrer combien sont injustes en cela les adversaires de la Compagnie. Au moment de la fondation de l'Académie, quand ce n'était pas encore un honneur envié et disputé, comme depuis, de figurer sur la liste, peut-on mettre en doute les titres que les contemporains, mieux informés que nous, reconnaissaient aux premiers Académiciens? Si tous n'avaient pas le génie qui crée des œuvres durables, tous avaient le goût de la langue et le désir de la porter à sa perfection : n'était-ce pas là l'objet de ces réunions désintéressées d'où sortit l'Académie ? Et peut-on trouver mauvais que MM. Habert, par exemple, MM. de Serisay, Giry ou Golomby aient fait partie de la Compagnie quand on se rappelle que ces purs et vrais amateurs de la littérature et de la langue étaient assidus aux réunions de Conrart, et qu'ils étaient le fonds même de ces assemblées que Richelieu eut la noble idée d'ériger en Académie?
Ces personnages obscurs que Ton reproche à l'Académie d'avoir accueillis en son sein, mais qui lui étaient, en quelque sorte, antérieurs, et qui tous avaient fait leurs preuves de zèle pour l'avancement de la langue, avaient poilr confrères d'ailleurs les hommes les plus autorisés et les plus en renom. Ainsi
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Chapelain, homme de cœur, crilique exact et sage, qui a fait de la solide et bonne prose, et qui n'a eu d'autre tort que de vouloir être poète trop tard et malgré Minerve ; Chapelain, le correspondant de tous les savants de TEurope, consulté par tous les gens de lettres français et étrangers comme un oracle sûr en matière de goût, est celui de tous les Académiciens peut-être qui a été traité avec le plus d'injustice : on a oublié tous ses autres mérites pour ne songer qu'à son malencontreux poème.
A côté de Chapelain, nous voyons Maynard, son ami. Il est peu lu; mais il y a de lui des strophes durables; c'est un excellent artisan en fait de langue, et il a fait une des plus belles odes (à Alcippé) qu'on puisse citer en français. Gombauld et Malleville sont des poètes ingénieux et délicats qui ont trouvé grâce devant la sévérité de Despréaux. Les œuvres de Porchères Laugier, comme celles de MM. Habert , disséminées dans des recueils peu répandus , n'ont jamais été réunies : nos modernes railleurs les connaissent-ils? Il en est de ces auteurs comme de leur confrère, le discret et prudent Conrart, dont les services à l'Académie n'ont cependant jamais été contestés. Habert de Montmor, Silhon , Ballesdens furent les protecteurs des gens de lettres et des savants, le premier par sa générosité et surtout par la libérale hospitalité de ses réunions, origine de l'Académie des sciences; les deux autres par leur crédit auprès de Mazarin ou de Séguier. Voici encore Voiture : quelle iine et gracieuse délicatesse ! Vaugelas. quoi goût éclairé, quel sentiment du vrai génie
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de la langue! Balzac, quelle prose savanle! Balzac est le véritable Académicien, VAcadémiste par excellence. Racan , du Ryer, Tun disciple favori de Malherbe et le plus pur héritier de ses traditions, Tautre rival souvent heureux du grand Corneille, méritent d'être étudiés ; et si l'Académie peut aisément justifier certains choix, ces derniers sont du moins de ceux dont elle peut s'honorer.
Il est, je le sais, plusieurs auteurs contemporains des débuts de TAcadémie dont le talent semblait supérieur à celui de quelques-uns des élus et qui ne furent pas même appelés. Un spirituel écrivain a pris la cause de ces hommes qu'A a crus oubliés ou dédaignés, et les a fait asseoir t(^ur à tour dans un quarante-unième fauteuil, qui n*est pas le moins bien occupé de tous. Pourquoi faut-il que cette généreuse pitié soit sans objet, et que le quarante- unième fauteuil n'ait, comme onTadit, tendu les bras qu'à un paradoxe ! C'est ici le lieu peutêtre de défendre l'Académie contre un injuste reproche. Nous voulons bien à la rigueur accorder que du moment que la Compagnie se compose de quarante membres ou sujets^ comme on s'exprimait d'abord, elle est presque nécessafrement exposée à recevoir quelques Uttérateurs médiocres. L'armée ne compte que huit maréchaux de France, et ce petit nombre a rarement paru trop restreint*, nous voulons bien convenir encore qu'au lieu de tel ou tel personnage inconnu maintenant, nous aurions aimé à voir quelques hommes du même siècle dont le nom n a pas été oublié du nôtre. Mais si l'Académie ne peut compter parmi ses membres,
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Pascal, Descartes, Arnaud d'Ândilly, Molière; ni, avec des droits moindres, Scarron, Brébeuf et Rotrou, avant de Ten blâmer, il serait souverainement injust&de ne pas examiner si elle pouvait agir autrement qu'elle n'a fait.
Pascal, qui avait renom de mathématicien et de physicien plutôt que d'écrivain, et dont les Lettres Pro^ vinciales n'étaient qu'un très-spirituel et trèa^loquent pamphlet anonyme ou pseudonyme; Pascal, qui attaquait un parti puissant et en grand crédit a la cour, avait d'ailleurs le genre de mérite qu'il est le plus difBcile aux contemporains d'apprécier : la polémique religieuse ne pouvait guère alors lui compter comme un titre à des honneurs littéraires. H s'est trouvé qu'il écrivait mieux que la plupart des académiciens de son temps ; mais il ne faisait pas métier de bien écrire : ce n'était pas un puriste, et la postérité seule pouvait mettre son mérite en regard de son succès. Pascal, d'ailleurs, déjà retiré à Port-Royal, vivait en dehors du monde. On sait qu'aucun religieux n'a jamais reçu la glorieuse distinction d'un titre académique, que réprouvent ses vœux d'humilité. Or, Pascal était plus qu'un religieux : c'était un solitaire et un ascète, c'était un pénitent.
Descartes vivait en Hollande. De nos jours, qu'on en convienne, quels sont les littérateurs qui blâmeraient l'Académie de ne pas aller se recruter à l'étranger ? Disons toute notre pensée : Descartes, le plus grand penseur des temps modernes , peut-il être regardé comme un grand écrivain ? Ce qui est certain , c'est qu'il ne songeait pus à l'être, il ne passait point pour
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tel auprès de ses contemporains, et ce n'est que de nos jours que Ton s'est plu a remarquer, avec raison, combien il portait une large et généreuse manière dans l'expression de la pensée.
Arnaud d'Anditly reçut l'offre d'une place d'académicien : il refusa, et c'est depuis ce temps que la mesure a été prise de ne recevoir personne qui ne se présentât formellement. L'Académie n'a pu inscrire de force sur son tableau le célèbre Janséniste. Qui donc la blâmera d'avoir pris la décision qu'elle a prise dans l'intérêt de sa dignité?
Molière s'est-il présenté ? Molière, que la postérité a noblement absous du crime, impardonnable aux yeux de ceux qu'il amusait, d'avoir monté sur le théâtre, pouvait-il aspirer à une distinction dont il voyait les charges sans en bien voir peut-être les avantages? Le travail du Dictionnaire, des discussions sur la pureté du style, dont il ne se souciait guère, quoiqu'il ait à nos yeux le mérite suprême d'avoir employé la bonne et vraie langue française toifte naturelle au lieu de ce langage artificiel alors en honneur, la pensée des luttes qu'il aurait à soutenir pour être considéré comme confrère et comme égal par les grands seigneurs dont quelques-uns avaient déjà trouvé tout ouvertes les portes de l'Académie, toutes ces considérations ne l'ont- elles point arrêté? N'ont-elles point aussi influé sur l'Académie pour écarter de la pensée de tous l'admission d'un homme qui devait cependant presque tous les éclipser? Qu'on veuille bien y songer d'ailleurs. De nos jours, la Compagnie ne reçut Alexandre Duval et Picard, qui
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avaient été acteurs, que quand ils eurent cessé de paraître sur le théâtre *, elle n'aurait pu permettre qu'un de ses membres s'exposât chaque soir aux siflSets de la malveillance ou du caprice, dans une profession qui était loin d'être regardée, par l'opinion publique, comme honorable et libérale. Boileau, qui pressait si fort Molière de quitter le tliéâtre, dans les dernières années, et qui souffrait de voir ce grand homme s'affubler du sac des Scapins, exprimait à sa manière ce sentiment de convenance sociale. Dans l'antiquité même, Cicéron, l'ami et l'admirateur de Roscius, ne disait-il pas de l'illustre comédien : « Cest un si grand artiste qu'il parait seul digne de monter sur le théâtre : c*est un si honnête homme qu'il semble seul digne de n'y pas paraître. 1» Ailleurs, Cicéron allait jusqu'à proclamer que Roscius méritait d'entrer au sénat. Et cependant Roscius, honoré de l'estime du peuple et de l'amitié des plus glorieux personnages de la république, ne fut pas sénateur \ et s'il s'est trouvé, de son vivant, quelqu'un pour le remarquer, ce qui n'eut jamais lieu pour Molière, il ne se trouva jamais personne pour le trouver mauvais et pour s'en plaindre. Mais si l'Académie n'a pas offert une place à Molière, combien elle a regretté plus tard de ne pouvoir s'enorgueillir de ce nom illustre parmi les plus illustres ! On sait qu'elle fit placer le buste du puête dans la salle de ses séances avec ce vers r
Rien ne maaqae à sa gloire : il manquait à la nôtre.
Scnrron, s'il est permis de parler de Scarron après Molière, ne pouvait quitter sa chambre : le nomîner à
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I Académie, ceûl été se donner unr membre plus que boiteux et inutile. Mais d'ailleurs le genre de style qu*il avait adopté pouvait-il être alors un titre suffisant d*admission? L'Académie nous désavouerait, si nous croyions avoir à la justiQer d'avoir répudié un poète burlesque. Ajoutons même que Saint-Amant, qui était de TAcadémie, s'était chargé de recueillir pour le Dictionnaire les termes burlesques ou grotesques : il y au* rait eu double emploi.
Enfin Rolrou et Brébeuf, supérieurs, sans contredit, par le talent et par quelques œuvresy à plusieurs académiciens de leur temps, vivaient en province \ et si, au moment où se fonda TAcadémie, on inscrivit sur le tableau les noms de quelques écrivains qui demeuraient loin de Paris, on prit ensuite pour règle de ne recevoir aucun nouveau membre qui ne pût prendre sa part des charges communes et se rendre utile a la Compagnie dans ses travaux.
Nous n'insisterons pas plus longtemps sur ce point, qui nous éloigne un peu de notre rôle d'éditeur. Ce n'est pas FAcadémie que nous avons à défendra : que lui importent les attaques, et quel service pouvons-nous lui rendre ? C'est Touvrage de Pellisson et le nôtre que nous avons à présenter au public, et si nous avons cru devoir donner une pensée aux absents, nous ne pou-* vons tarder plus longtemps à parler du travail laissé par Thistorien de rAcadcmic sur les membres de ce Corps illustre.
A la suite des notices consacrées par Pellisson aux académiciens niorls avant 1652, est jointe une liste des
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quarante metnbres que complaît alors la Compagnie, avec l'indication de leurs ouvrages. Et les notices et ce que l'auteur appelle son Catalogue laissent beaucoup à désirer.
L'abbé d'Olivet a comblé quelques lacunes i nous avons essayé de compléter son œuvre, et de réparer en môme temps un assez bon nombre d'erreurs échappées à l'un et à l'autre historien. Nous avons cru, dans rintérèt d'une clarté plus grande à donner à notre texte, pouvoir user d'un artifice typographique qui, nous l'espérons, sera agréé du lecteur. Réservant pour notre propre travail le bas des pages , nous avons placé les commentaires de l'abbé d'Olivet à la suite de chacun des articles qui les ont provoqués^ mais nous avons indiqué nettement sa part et celle de Pellisson en employant pour l'impression des caractères différents.
L'inégalité des styles, la supériorité incontestable de Pellisson sur d'Olivet, suflirait pour distinguer les deux textes : et c'est même un des enseignements qui ressortent du rapprochement des deux Histoires,
Pellisson et d'Olivet se servent tous deux de la même langue ; ils puisent au même fonds, et ce fonds, a la date où ils écrivent Tun et l'autre, est encore excellent. Ils diffèrent pourtant comme écrivains, et ils portent dans leur manière de dire la diversité de leurs esprits. Pellisson a de la politesse, de l'élégance, de l'urbanité, de la grâce \ d'Olivet a de la correction, de l'exactitude, mais quelque sécheresse \ il n'a aucune fleur. On sent, au contraire, une certaine fleur jusque dans la sobriété de Pellisson.
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Il est vrai que la Relation de Pellisson est quelquefois incomplète ^ mais à plus forte raison ppuvons-nous faire ce reproche à Y Histoire publiée par Tabbé d'Olivet! Pour lui, nous serons sévère : s'il n'a point Texcuse de ce style dont le charme fait tout pardonner, il n'a point non plus celte conscience d'un historien scrupuleux qui n'épargne, et ne plaint aucun effort pour traiter un sujet avec tout son détail et dans toute son étendue. En écrivant la suite de Pellisson, il semble surtout n'avoir pas voulu laisser à un autre l'honneur de le continuer; mais il s'est montré pour son compte historien assez peu pénétré de ses devoirs , assez peu zélé à les remplir, et, pour tout dire. Académicien médiocrement curieux des particularités ou des événements académiques.
On peut lui reprocher avec justice d'avoir passé sous silence toute la vie publique de TÂcadémie. Ainsi, après avoir consacré trente pages a peine à rappeler l'histoire générale de la Compagnie, selon le plan qu'il s'en est fait, dit-il, sans autre excuse ou explication de sa brièveté, il ajoute : « J'aurois pu, à l'exemple de M. Pellisson, parler des auteurs qui ont dédié ou présenté quelques-uns de leurs ouvrages à l'Académie ; j'aurois pu marquer les occasions les plus brillantes où elle a eu l'honneur de porter la parole au Roi, aux princes et princesses du sang, aux cardinaux et aux minisires d'État : mais tous ces détails qu'ajouteroientils à ridée que nous donnent de cette Compagnie les bontés dont Louis XIV l'a honorée? » Ces détails omis ajouteraient pour nous à l'intérêt du livre, et le lecteur
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d'aujourd'hui y trouverait peul-élre autre chose que des harangues de pure étiquette.
Que dirons-nous aussi de ses notices sur Gombauld, sur Bussy-Rabutin, sur Corneille, sur Racine? Pour le premier, d'Olivet reproduit une préface de Conrart; pour le second, il rapporte simplement son épitaphe ; Tarticle de Corneille est un emprunt fait à Fontenelle ; celui de Racine, dû en partie à M. de Yalincourt, avec quelques additions de d'Olivet, a été vivement relevé par le fils de Fauteur d^AlAaUe.
Comme la plupart des biographes de ce temps, Pelr lisson et d'Olivet se sont complu à rappeler la vie des personnages dont ils s'occupent d'une manière bien sommaire, et sans y mettre la richesse et la précision qu'on aimerait aujourd'hui à y trouver : nous n'avons pas eu, on le comprend, la présomption de refaire un travail si visiblement incomplet \ mais nous avons du moins pris à tâche de joindre à notre texte tous les renseignements, tous les documents susceptibles de suppléer à ce qui y manque : notre seul regret c'est de n'avoir pu introduire dans nos commentaires toutes les notes que nous avions recueilUies pour cet objet.
Comme appendice au premier volume, nous avons donné plusieurs discours prononcés dans l'Académie par Pellisson ^ les amateurs de beau style et de fin langage nous en sauront gré. Au second, nous avons joint divers opuscules de Tabbé d'Olivet, qui forment, en quelque sorte, le complément de son histoire : c'est d*abord une Notice spirituellement écrite sur Tabbé Genest, sous forme de lettre au président Bouhier ^ une
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autre lelire nous apprend les motifs qui ont déterminé Tauteur à prendre la date de 1700 pour limite de son traTaîl , et renferme quelques anecdotes sur le président Rose, secrétaire du cabinet du Roi et membre de TAcadémie; dans une troisième lettre, s'attaquant à cette thèse soutenue par Pellisson, que « Messieurs de l'Académie, lorsqu'ils ont à se choisir un collègue, devraient toujours nommer le plus digne, sans même qu'il s'en doutit, » il soutient que la Compagnie ne peut nommer un nouveau membre qui ne lui ait pas fait connaître i l'avance son intention. Mais si un candidat doit assurer qu il ne refusera pas l'honneur du fauteuil, s'il l'obtient, est-il également nécessaire qu'il s'astreigne i des démarches personnelles auprès de chacun des Académiciens? Tabbé d'Olivet conclut négativement.
A ces textes précieux pour l'histoire des traditions académiques et des membres de l'illustre Compagnie, nous avons joint un très-grand nombre de lettres ou d'extraits de lettres adressées par l'abbé d'Olivet au président Bouhier et restées jusqu'ici inédites. Cette Correspondance, échangée entre deux hommes pour qui la littérature était une passion et un culte, offre un grand intérêt pour l'histoire littéraire de la première moitié du dix-septième siècle : nous signalerons particulièrement les passages relatifs à l'élection de Montesquieu. Re«$erré dans des limites qu'il nous était interdit de franchir, nous avons pu du moins emprunter au Recueil volumineux de la Bibliothèque impériale tout ce qui, de près ou de loin, peut servir à compléter soit l'ouvrage de Tabbc dOlivct, soitThis-^
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toire de la Compagnie en général ou des Académiciens en particulier.
Parmi nos pièces juslifîcatives de ce même volume, il est un document sur lequel nous désirons surtout appeler l'attention : c'est le travail de critique auquel donna lieu, au sein de T Académie, Texamen de la Préface du Dictionnaire* Ce texte important, au point de vue littéraire, nous a été fourni par Tabbé d*01ivet lui-même, qui Tinséra à la suite de ses Remarques de grammaire sur les tragédies de Bacine.
Eutin, sans parler des autres pièces classées au même lieu et que nous avons réunies à celles-ci, nous devons expliquer au lecteur deux modilications que nous avons cru devoir introduire dans notre édition de Pellisson et de Tabbé d'Olivet. Au lieu de placer à la suite de chacune des notices consacrées aux Académiciens la liste de leurs ouvrages, nous avons jugé plus utile de former une sorte de catalogue académique qui permit d*embrftser d'un seul coup d œil l'ensemble des travaux laissés, durant le dix-septième siècle, par la succession des Quarante. Puis, examinant de plus près le tableau des fauteuils tel qu'il a été dressé soit par Tabbé d'Oli- ^ vet, soit par d'autres, nous avons été frappé des différences que nous y avons rencontrées. C'est alors que, remontant à la seule source où tous auraient dû puiser, c'est-à-dire à VHistoire de Pellisson, interrogeant ensuite les dates des Discours de réception ou de la mort des Académiciens, nous avons été amené à modifier quelquefois et à rectifier l'ordre des noms dans la liste des membres qui ont occupé chacun des fauteuils.
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Et maintenant que nous sommes arrivé au terme de ces longues et pénibles, mais aussi de ces agréables recherches, nous Tavouons, c'est avec regret que nous quittons un travail dont l'intérêt compensait les fatigues. Nous jouissions avec délices de celte calme et douce familiarité que nous nous étions créée avec des hommes dont s'enorgueillit à juste titre notre histoire littéraire. Quel sujet trouverons-nous jamais qui attire notre étude et nous captive avec plus de charme et de profit que rhistoire d'une Compagnie illustrée par des écrivains dont la plupart ont apporté à la littérature française ses gloires les moins contestées et les plus sûres?