‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 46 sur 180 · LOUIS 1RLAND DE LAVAI · texte numérisé non relu

LOUIS 1RLAND DE LAVAI

Trésorier de Saint-Hilaire le Craud de Poilier», Garde des livre* du i .abinet du Roi reçu à l'Académie le 4 mai 1679, mort le i,r février 169».

Il étoit d une noblesse des plus anciennes: et son père, contrôleur général de la maison de la reine Anne

discernement et surtout la dignité avec laquelle il a prononcé si longtemps les oracles de la justice. *

Ennemi de Mazarin, qu'il regardait comme ■ la cause immédiate de tous les maux pendant la Fronde,» M. de Novion eut pourtant le crédit d'arrêter, momentanément du moins, la vente de la bibliothèque du Cardinal. Toy. Courriers de la Fronde, bibliotb. elzév. il, 300. — Notes de M. Moreau.)

Lorsqu'en 1661 Fouquetfit recueillir des notes sur les membres du parlement, il recul le rapport suivant sur le président de Novion : « Potier de Novion est homme de grande présomption et de peu de sûreté ; intéressé, timide lorsqu'il est poussé ; assez habile dans le palais, y ayant sa cabale composée de ses parents et amis, MM. Le Féron, Mandat, Tubœuf, son gendre, son fils, etc.: s'appliquant tous les jours à y faire de nouvelles habitudes ; son principal crédit est dans la deuxième chambre; est souvent brouillé dans son domestique ; Mme Desbrosses-Choard a grand crédit sur » lui; a de grands biens, particulièrement sur le Roi; possède les aides d'Arqués (anciens et nouveaux droits), St-Denis. >

Une mazarinade attribuée à Bautru le qualifie de « tète sans cervelle. » [Mercure de la Cour.) — En 1652, le cardinal de Retz nous montre le président de Novion * raccommodé très-intimement avec la cour. »

1 C'est à ce titre qu'il fut reçu à l'Académie, car il n'avoit composé aucun ouvrage et l'on n'a pas même conserve le texte de son

L'ABBÉ DE LAYAU. 279

d'Autriche, lui avoit laissé suffisamment de bien pour qu'il pût se destiner à quoi il voudrait D'abord il espéra faire son chemin dans les affaires étrangères. Il accompagna dans cette vue les seigneurs qui allèrent de la part du Roi à l'élection de l'empereur Léopold2. Il se tint une ou deux années en Allemagne, et vit la plupart des cours du Nord, pour apprendre leurs différents intérêts. De là il passa à Rome, où il eut occasion d'éprouver que les traverses qu'ont à essuyer ceux qui se mêlent des affaires publiques sont certaines , et que leurs récompenses ne le sont pas. A son retour en France, il quitta l'épée et se mit dans l'état ecclésiastique, non point par ambition, mais par goût, et pour jouir d'une vie paisible et réglée.

Au nombre de ses amis étoit le maréchal de Vivonne s;

discours de réception. L'abbé Gallois, qui lai répondit, ne déguisa pas le vrai motif de l'accueil fait à l'abbe de Lavau : « Il etoit, dit-il, de la justice de cette Compagnie d'avoir égard à la charge que vous exercez dans ce palais où elle a l'honneur de s'assembler, et il étoit raisonnable que lesMus«s de l'Académie françoise ayant tte reçues dans le Louxre, !es Muses du Louvre fussent aussi reçues dans l'Académie françoise. »

» Son bien ne semble pas avoir été très-considerable. Sur sa noblesse, voyez les Lettres-patentes rapportées danslel/<»ic«rf gakmt, février 1604 ; H Dreux du Hadier, Hibhoth. Ir*t. du Poitou, t. iv, p. 388.

* Léopold 1", tiU de Ferdinand III et de Marie d'Autriche, sœur du roi d'Espagne Philippe IV, fut élu empereur le 18 juillet 1658 et couronné à Francfort.

1 Louis-Victor de Rochecbouart, duc de Mortemart et de Vivonne. ami de Despreaux, qui etoit en relation de lettres avec lui. Fils de Gabriel de Rochecbouart , duc de Mortemart, et de Diaoe de Grandseigne, il etoit frère de madame de Montespan, de ma-

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