‹ Histoire de l'Académie françaiseChapitre 48 sur 180 · L'ABBÉ DE LAVAI · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DE LAVAI

Je vois, par les registres de l'Académie, qu'il s'y est fait à son occasion deux règlements : dont le premier est « qu'aux séances publiques on ne lise aucun ouvrage étranger, » c'est-à-dire, dont l'auteur ne soit pas membre de la Compagnie.

Quant à l'autre, il concerne le service qui se doit faire pour un Académicien mort, aux frais de ceux qui sont actuellement directeur et chancelier. Or il arriva que Pierre Corneille étant mort la nuit du dernier de septembre au premier d'octobre, l'abbé de Lavau et M. Racine se disputèrent l'honneur de lui rendre les devoirs funèbres. — J'étois encore directeur quand Corneille est mort, disoit l'abbé de Lavau. — Et moi, disoit Racine, j'ai été nommé directeur le jour môme de sa mort, avant que le service pût être fait. On décida en faveur de l'abbé de Lavau ; et c'est ce qui donna lieu à ce mot de Benserade, où le double sens est assez visible : « Si quelqu'un de nous, dit-il à Racine, avoit pu prétendre d'enterrer M. Corneille, c'étoit vous. Monsieur : cependant vous ne l'avez pas fait. »

Au reste , nous apprenons, par une épigramme de M. Despréaux que, dans la fameuse querelle sur le mé-

I La XX' , dans les nouvelles éditions, (o.;

Ne blimet pa» Perrault de condamner Uoinere,

Virgile, Ariatote, Platon ;

Il a pour lui moniteur ton frér« , • N . . . , Lavau, Caltgula , Néron

Et le gro» Charpentier, dit-on.

II y a\ait deux noms d'Académiciens, et il n'y en avait que deu\, a commencer par un <; et par un N ; c'étaient Gallois et Novion en peut-on tirer une conséquence?

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