CHAPITRE SEPTIÈME
Uêg-Hse de UAcadie
L'église de L'Acadie a plus d'un siècle. Elle a été construite en 1800 et 1801,
Il en fut question dès l'arrivée de M. Lancto, puis en 1792. Mais, en 1799, le haut du presbytère, oii Ton exerçait le culte, et qui avait toujours été trop petit, étant devenu intolérable, il fallut absolument se décider à bâtir une église assez grande et assez belle pour correspondre au nombre et à ^importance de la population.
On prît aussitôt les formalités requise*^, et la pierre angulaire fut bénite en 1800, ainsi que nous P apprend Pacte suivant :
^* L'an 1800, le 2 septembre, par nous, prêtre sous- ^* signé, a été bénite la première pierre de cette église, " placée dans le coin de la chapelle de Saint-René, du ^* côté de Tautel, sous Tinvocation et le titre de Sainte- " Marguerite d'Eeosse, en présence de M. René Pascal ^' Lancto, curé missionnaire de la dite paroisse, de ■' Jacques Odelin, raaître-maçon, soussignés, et de Pierre: ^^ Marcoux et David Lanciau, qui ont déclaré ne savoiir: •' signer.
(Signé) -^R. P. Lancto, prêtre; Odeon;
'' *^M. Pkovost, prêtre,
^^Ctiré de Snint-Jean-Françoïs-Régis,"
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Les choses allèrent si bien, et Mgr Denault ayant -permis aux syndics, le 6 juin 1800, de prendre chaque année, jusqu'à la perfection (sic) de l'église, la moitié -de l'argent de la fabrique pour aider les pauvres, la nouvelle église put être livrée au culte, le 23 décembre de l'année suivante.
M. Provost en fit alors la bénédiction selon l'acte qui suit :
" L'an 1801, le 23 décembre, par moi, prêtre, curé ^' en la paroisse de Saint-Jean-François-Régis, soussi- ^^ gné, a été faite la bénédiction solennelle de l'église ^' de cette paroisse de Sainte-Marguerite d'Ecosse, vul- ^' gairement nommée Biairfii2cfie,en présence de M.René- *' Pascal Lanctôt, curé en cette paroisse, de messire ^' J.-B. Boucher, curé en la paroisse de la Nativité de *' Notre-Dame, de messire Charles Bégin, curé à Saint- ** Constant, de messire Pierre Robitaille, curé à Saint- *' Olivier et Sainte-Marie, et de messire François Bélair, ^' curé en la paroisse de Saint-Luc, qui ont signé avec ^^ nous.
(Signé) " M. Provost, prêtre,
'*Caré de Saint-Jean-François-RêgisJ'
MM. Odelin et Mailloux firent la maçonnerie, Joseph Nolette, la charpente, la menuiserie et les bancs, et l'habile Finsterer la sculpture et la dorure.
Ce dernier travailla à l'église de longues années, et ne termina son admirable ouvrage que sous M. Faquin, vers 1825. H reçut au moins 26,300 livres pour ses travaux, et l'or, l'argent et la peinture qu'il y employa coûtèrent plus de 10,100 livres.
u apparence moaesxe a i exieneur i^eue esx en pierre des champs avec des lancis en pierre de taille aux portes et aux fenêtres, et de style roman mêlé d'ionique), Téglise de L^Acadie nous paraît si belle à Tintérieur qu^il nous semble que nous n'avons plus les moyens d'en faire de semblables. L^architecture, la sculpture et la peinture semblent s'être entendues pour Tembellir.
Finsterer en a tapissé la voûte et les murs d'un gracieux décor. Ici, ce sont des emblèmes, des écussons, des mitres ; là, des raisins et des mj^rtes, des feuilles, des guirlandes et des fleurs.
Le maître-autel est surmonté d'un baldaquin, de chaque côté duquel, en haut, un ange debout sur la corniche crénelée, qui entoure Téglise, tient une guirlande qui s'entremêle à celle de l'autre ange au-dessus du tabernacle. Cet autel a été consacré, le 12 juillet 1842, par Mgr Bourget, qui y renferma des reJiques de saint Pierre et de saint Gorgone, en présence de MM. Magloire Blanchet, chanoine, devenu plus tard évêque de Nesqualy, Sylvestre, curé de S ain t -Jacquesle-Mineur, Broiiillette, Martin , S . J . , et LaRocque, prêtres, et de M.Médard Bourassa, encore jeune clerc.
L*église de L'Acadie a environ 110 pieds de Ion* gucur, y compris l'abside, et 54 pieds de largeur, avec des chapelles latérales, qui forment une croix latîoe»
La sacristie n'eut d'abord que 20 pieds carrés; mais elle fut agrandie en 1841, par M* LaRocque, qui fit construire le chemin couvert pour y conduire, et
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percer la porte au-dessous de la chaire, selon Tordonnance de Mgr Panet du 17 juin 1817.
L'église possède sept grands tableaux en peinture^ dont trois dans le sanctuaire, au-dessus des autels, et quatre sur les murs de la nef, deux chaque côté.
Le tableau du maître-autel est celui de la Sainte titulaire. Nous en avons déjà parlé.
Le tableau de la chapelle latérale du côté de TÉpître^ dédiée à la très sainte Vierge Marie, est celui de Notre- Dame de Pitié. Le tableau de l'autel latéral du côté de l'Évangile représente saint René, évêque, avec les ornements pontificaux, la mitre et la crosse, et près de lui, un petit évêque aussi paré, saint Maurille, qui ressuscita autrefois saint René, encore enfant, pour le baptiser ou le confirmer.
Ces deux derniers tableaux et le premier de Sainte- Marguerite, faits par le peintre Dulongpré, furent donnés par des amis de la paroisse peu de temps après l'inauguration de l'église.
Les quatre autres sont plus récents. Ils ont été copiés par le peintre Tessier, et vendus à la fabrique, en 1826, 1920 livres les quatre. Ils représentent les quatre grands docteurs latins : saint Ambroise repoussant Théodose, un pécheur public, et la tentation de saint Jérôme, du côté de TÉpitre ; saint Augustin guérissant un malade, et près de la chaire adossée au mur (l'église n'ayant pas de colonnes), saint Grégoire le Grand, du côté de l'Évangile.
Il y a aussi deux petits tableaux à l'huile au fond de l'église: l'un, à l'ancien baptistère, représente saint
Jean Baptiste baptisant Nôtre-Seigneur, et l'autre, un ange montrant le ciel à un enfant.
La statue de Sainte-Margnerite est au tympaa du portail de l'église.
L'église eut d'abord 153 bancs, dont 113 dans la nef, y compris le banc-d'œuvre adossé au mur en face de la chaire, et le banc seigneurial placé entre la balustrade et le banc-d'œuvre. et 40 bancs au jubé* ^
Elle eut 162 bancs, en 1836, 119 dans la nef, et 43 dans le jubé (Nous donnerons la liste de leurs occupants, à la note D de la fin de ce volume), et, en 1907, elle en avait, en tout, 166, dont 132 dans la nef, y compris le banc-d' œuvre, le banc des Suisses, et le banc des Fonts, le banc du seigneur n'existant plus, et 34 au jubé, selon la liste de leurs occupants, c[ue nous donnerons à la note E aussi de la fin de cet ouvrage.
Elle peut asseoir convenablement, en comptant le sanctuaire, environ 700 personnes.
Cette église, si pieuse et si belle, faillit être la proie des flammes, en 1846. La foudre y tomba, pendant la nnit du 7 au 8 septembre, et y pénétra par la noue de la chapelle de la Sain te- Vierge,
La statue de Notre-Dame de Pitié fat endommagée ainsi cpic la dorure de la corniche. Le voile de tatle de la Madone et le tapis de l'autel furent brûlés, et la foudre alluma» en plusieurs endroits, un feu qui
1 Le banc seigneurial fut vendu, vers 1851, le sei^nenr n'étant plus cathoUfjue. et ioagte tip'S occupé par le capitaine Joseph Roy et s% fa aille. Xous v eateniîtîi:a oous-mcme la graad'messe du dimanche, aux vacances de 1874.
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parut s'être éteint de lui-même, mais l'église fut sauvée, et l'on crut qu'elle fut miraculeusement sauvée. ^
En entrant dans cette église, on est saisi par un sentiment qui élève l'âme et la porte à Dieu. On s'y redit bientôt la parole du patriarche : ^^Maîsy &est ici, vraiment^ la porte du ciel et la maison de Dieu.'*^*^
Les anglicans ont aussi, sur l'ancienne terre de Jacques Hébert, à l'est du chemin qui conduit du village aux gares du C.P.R. et du G.T. R., un petit cimetière et un petit temple de bois, que, dans leur langue, ils appellent Grâce Church. On n'y voit ni autel, ni images, ni statues, mais une froide désolation. Des ministres hérétiques y viennent de temps à autre, parfois pour y marier leurs ouailles avec des catholiques oublieux des lois de leur Eglise.
Autrefois, la flèche du clocher de ce temple, dont nous ne parlerons plus en cette histoire, était surmontée d'un poisson, symbole du chrétien.
1 Nous devons ce récit à l'obligeance du Père Brault, O. M.I.
2 Gén. 28-17.
Le presbytère actuel, le Calvaire et les remises S I — Le presb3^tère actuel
La constmction du presbytère actuel^ vers 1821^ fut la cause de bien des ennuis. M
Les habitants de la seigneurie de De Léry, mêm^ ceux du sud de la première Grand 'Ligne, demandèrent à être séparés de L'Acadie, afin de ne pas contribuer à sa construction, exposés qu*ils se croyaient d*avoir à construire eux-mêmes une église et un presbytère aux Côtes.
Les syndics, comme moyen terme, ne comprirent pas les dits habitants du sud de la première Grand'Ligue dans leur répartition, qui, à cause de cette omission* fut rejetée par les commissaires civils pour P érection des paroisses ; et ils durent la recommencer. Mais^ en 1822, lorsqu 'échut le premier tiers de la seconde répartition, neuf contribuables refusèrent de payer lepr quote-fjart, sous te prétexte que cette répartition n'était pas plus légale que la première. Ils furent poursuivis et obligés de payer, malgré les avocats Quesnel (J*-A.) et Rolland, qui les défendaient, le premier ayant même écrit à l'Evêque, le 5 mars 1822, pour le supplier de faire retirer les actions des syndics, parce que, disait-il,
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