CHAPITRE DIX-NEUVIÈME
Les ancêtres de la famille Roy, de VAcadie
Nous croyons être agréable et utile à plusieurs de nos lecteurs, en leur donnant maintenant la notice généalogique de la famille Roy, de L'Acadie, l'une des plus anciennes, des plus nombreuses, et, pendant des années, des plus importantes de la paroisse, où elle est encore représentée.
I. — Le premier ancêtre de la famille Roy, de L'Acadie, s'appelait Pierre. Il était né à Saint-Michel-le-Clou, au diocèse de La Rochelle, en France, fils de Charles Roy et de Jeanne Boyer, et avait été baptisé en 1638.
H est probable qu'il faisait partie du régiment de Carignan, arrivé dans la Nouvelle-France en 1666, et qu'il y fut licencié avec ce régiment ; car il s'établit à Montréal, en 1672, date du licenciement de cette troupe, et s'y maria, le 12 janvier de la même année, à Catherine Ducharme, baptisée à Saint-Benoît de Paris, en 1647, fille de Jean Ducharme et d'Anne Lelièvre.
Catherine Ducharme devait être ce que, dans le temps, on appelait une ûlle du roi, c'est-à-dire une bonne jeune fille pauvre élevée, en France, dans une maison de charité subventionnée par le roi, et envoyée en Canada pour y épouser quelque bon colon.
Ils vécurent ensuite à Laprairie» où ils firent baptiser presque tous leurs enfants ; mais ils moururent tous deux à iVIootréal, où ils s*étaieut retirés, et où |eurs corps furent inhumés, celui de Tépouse k 21 février 1719, et celui de Tépoux le 28 octobre 1721.
L'aînée de leurs enfants, baptisée à Laprairie le 4 juillet 1674, sous le nom de Marguerite^ devint religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, sous le nom de Sœur de la Conception, et fut supérieure à Louisbourg dans des temps bien difficiles. M. Faîllon en a parlé dans la Vie de la Vén. Alarg'uerltG Bourgeois^ fondatrice de cette communauté.
Quant à leurs autres enfants, nous ne parlerons que de Jacques, qui fut le second ancêtre de la famille Roy, de L'Acadie
IL— Jacques Roy, leur fils, sieur de Saint-Lambert, baptisé à Laprairie, le 13 mai 1688, épousa, à Montréal, le 24 novembre 1711, Marthe-Marguerite Frencb^ fille du diacre protestant Thomas Frcnch et de Marie Catlin.
Son épouse était née, le 22 mai 1695, à Deerfield, I2tat de Massachusetts, d'où elle fut emmenée en captivité par les Abénaqiiis, le 11 mars 1704, à Tâge de huit ans, avec son frère et ses deux sœurs, et leur père, Tun des ancêtres des défunts Père French, jésuite, et Sr Saint-Damîen, de la Congrégation Notre-Dame.
A son arrivée en Canada, elle avait été confiée aux Sœurs de la Congrégation, qui la firent baptiser, le 2!1 Juin 1707, et qui firent ajouter au nom de ilfartAe
qu'elle portait déjà, celui de Marguerite, qui était celui de sa marraine.
Ils vécurent à Montréal, où ils firent baptiser leurs enfants, en particulier Laurent, le troisième ancêtre de la famille Roy, de L'Acadie, dont nous allons parler.
Après la mort de son premier époux, Marthe -Marguerite French se remaria à Jean-Louis Ménard, de qui elle eut une fille, qui, mariée elle-même au sieur Joseph- Amable Plessis-Bélair, devint la mère du onzième évêque de Québec.
III.— Laurent Roy, fils de Jacques Roy et de Marthe- Marguerite French, surnommé King ainsi que ses descendants (ce qui est la traduction du mot Roy dans la langue de sa mère), baptisé à Montréal, en 1725, s'y maria, le 22 avril 1748, à Catherine Cordier, âgée de 19 ans, fille de Gabriel Cordier et de Madeleine César dite Levrard.
Ile vécurent d'abord à Montréal, puis à Saint-Constant, et enfin à Contrecœur, où ils moururent munis, tous deux, disent les actes respectifs de leurs sépultures, de tous les secours spirituels de notre Mère, la Sainte Église Romaine. Ils furent tous deux inhumés au cimetière paroissial, l'épouse, le 15 décembre 1795, à 66 ans, et l'époux, l'année suivante, le 16 octobre^ à 71 ans, bien que l'acte de sa sépulture lui en donne
Ils eurent plusieurs enfants, dont Laurent, François et Joseph, qui firent souche à L'Acadie, et dont nous allons parler en trois chapitres distincts, et plusieurs
filles mariées à Téglise de Contrecœur, dont 1^ Marie- Anne, mariée à 24 ans, en 1774 au veuf Louis Tremblay» dont le corps fut inhumé dans l'Église de Contrecœur, en 1794 ; 2° Catherine, qui^ à 21 ans, épousa Joseph Ménardj de Saint-Otirs, en 1778 ; Marie-Louise, baptisée à Contrecœur, en 1760, et mariée, en 1780, à J,-Bte Marchesseau, de Saint-Charles-sur-Richelieu, Ce mariage fut célébré par M. Ménard^ curé de Chambly, avec l'agrément de M. Martel, curé du lieu, et en présence de M. Porlier, curé de Saint- Ours. Les époux Y signèrent eux-mêmes, ainsi que le père de l'épouse» qui, en cette circonstance, comme en beaucoup d'autres, signa: lauran roy sans majuscules, comme des prêtres même signaient à cette époque.
MM. Laurent, François et Joseph Roy, les premiers du nom à venir s'établir à L'Acadie, et Mgr J.-O. Piessis» évêque de Ouébec, par leur commune grand'mère, Martlie-Martrucrite Frencli, étaient donc cousins-sermains, étant tils respectivement de Jacques Rov et Louise MéuMrd. frère et sœur utérins, enfants de la dite Marthe- Marguerite French, par ses deux époux suc* cessifs.