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AVANT-PROPOS

C'est par dilection pour les paroisses de Sainte- Geneviève de Berthier, où j'étais vicaire, et de Saint- Luc, où je suis né, que j'ai publié leur histoire respective : celle de Berthier en 1888, et celle de Saint-Luc en 1901.

Et c'est par un sentiment analogue pour la paroisse de Sainte-Marguerite de Blairfindie, vulgairement appelée L'Acadie, que, depuis quelques années, je m'occupe de son passé.

J'ai, tout jeune encore, appliqué mon esprit et mon cœur à cette dernière paroisse, en prêtant une oreille attentive aux récits que m'en faisait mon aïeul paternel, Raphaël Moreau, lorsqu'il m'asseyait sur ses. genoux pour me parler du bon vieux temps. Mon grand-père était né sur les bords de la Petite-Rivière de Montréal, en 1772, avant qu'il y eût une église,, puis il avait été élevé, confirmé et marié à L'Acadie,, et il en parlait souvent.

D'ailleurs, né, moi-même, à la Petite-Acadie de Saint-Luc, paroisse fille de celle dont je parle, presque à l'ombre de son clocher, dont on voit si bien la flèche du lieu de ma naissance, et dont on entend si

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bien la cloche ; ayant à L'Acadie beaucoup de relations de famille ou d'amitié, et y ayant plusieurs fois exercé le saint ministère, il me semble que je n'y suis ni étranger, ni inconnu ; mais que je fais partie de la grande famille acadienne.

Pourtant, en écrivant son histoire, j'aurai toujours présentes à l'esprit les deux règles que Cicéron trace à l'historien — qu'il lui est défendu de dire des mensonges, et qu'il doit avoir le courage de dire la vérité.^ ^^ Je donne d'abord un abrégé de la vie de sainte Marguerite d'Ecosse, titulaire de cette paroisse, les habitants de L'Acadie ayant intérêt à la connaître, pour la prier avec plus de confiance et la mieux imiter ; puis je parle, en plusieurs chapitres, de l'établissement de la paroisse, de ses premiers habitants, de ses curés, de ses écoles, etc., etc., et, presque en dernier lieu, comme j'ai fait dans mes autres histoires, de l'une des plus anciennes et des plus nombreuses familles de la paroisse, ce qui sera peut-être utile, plus tard, à l'orientation des héritages et à la découverte des degrés de consanguinité.

Dans ce but, j'ai fait de nombreuses recherches dans lès registres de l'état civil de la paroisse (à la première page desquels j'ai trouvé l'autographe de mon bisaïeul Jean - Marie Tremblay , au mariage

1 CicÉRON : De Oratione, n-62.

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