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CHAPITRE DIXIÈME

Les Visites épiscopales à UAcadie

Depuis sa fondation, la paroisse de L'Acadie a reçu douze dififérents évêques.

Les uns y sont venus en visite pastorale, d'autres pour d'autres ministères.

L'Église, en efifet, en particulier le Concile de Trente, oblige les évêques chargés d'un diocèse à en faire régulièrement la visite, par eux-mêmes, ou par leurs délégués s'ils en sont eux-mêmes légitimement empêchés, afin, dit ce Concile, " d'y prêcher une doctrine saine et or- " thodoxe et d'en extirper les hérésies, d'y protéger les " bonnes mœurs et d'en corriger les mauvaises, et d'y " exciter le peuple à la religion, à la paix et à la sain- " teté, par des exhortations et des admonitions." ^

La visite pastorale est une grande faveur spirituelle pour les vivants et les morts d'une paroisse. L'Évêque y vient, de la part de Dieu, y répandre les grâces et les bénédictions spirituelles de toutes sortes. Il y répand même les grâces temporelles, et l'on a remarqué que, d'ordinaire, la visite pastorale apporte une bonne récolte.

Les évêques de Québec furent les premiers à visiter la paroisse.

1 Conc. Trid., Sess. xxiv., De reformatione.

Mgr Hubert y vint deux fois : en 1787, les 25, 26 et 27 juillet, où il confirma 255 personnes, plusieurs d'entre elles étant déjà mariées et avancées en âge (Nous en donnons la liste à la note F de la fin de ce volume), et, en 1792, les 26, 27 et 28 juin, où il en confirma 169.1

Mgr Denault, évêque de Québec, demeurant à Longueuil, fit la troisième visite pastorale en 1800, et Mgr Plessis, la quatrième, en 1809.

Dans sa visite, Mgr Plessis ordonna de faire faire un second ciboire, de faucher l'herbe du cimetière deux fois par été et de l'y laisser sur place, et d'aménager le bas de l'église de manière à y placer un baptistère.

Enfin, en 1817, Mgr Panet, évêque de Saldes et coadjuteur de ce diocèse, fit, à L'Acadie, la dernière des visites pastorales des évêques de ce diocèse. Il y confirma 808 personnes, et ordonna, le 17 juin, de faire un baptistère en arrière de l'église, d'ouvrir une porte audessous de la chaire, et de construire un chemin couvert, de cette porte à la sacristie, pour y conduire ceux qui voudraient y aller, en hiver, pour se confesser.

Il faut bien l'avouer, on était lent, à L'Acadie, pour l'exécution des ordonnances épiscopales. Il y avait déjà huit ans que Mgr Plessis avait ordonné de faire un baptistère au bas de l'église, et il n'était pas encore

1 En 1787, il y avait trois éyêques à Québec: Mgr D'Esglis, évêque de Québec, Mgr Briand, ex-évêque de Québec, qui avait résigné pour faire régner son coadjuteur plus âgé que lui, et Mgr Hubert, le coadjuteur. A part ces trois évêques, dont deux étaient vieux, il n'y avait pas un seul évêque dans toute l'Amérique du Nord.

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fait. Quant à celle de Mgr Panet relative à la porte à percer dans le mur au-dessous de la chaire et à la construction d'un chemin couvert, elle ne fut exécutée que 24 ans plus tard, par M. LaRocque, qui bénit ces ouvrages le 5 décembre 1841.

Vinrent ensuite les évêques de Montréal et autres.

Mgr Lartigue, évêque de Telmesse, et auxiliaire de rÉvêque de Québec pour le district de Montréal, y vint en 1824, et y fit la sixième visite pastorale.

Sachant que l'évêque et ses curés sont solidaires dans l'œuvre pastorale, et ne voulant pas que le prestige de celui de L'Acadie ne diminuât par les plaintes futiles faites contre M Paquin, le digne curé, dont on demandait même le rappel, Mgr Lartigue confondit publiquement ses accusateurs, après leur avoir demandé des preuves, les traita de menteurs, et renvoya leurs accusations.

Il revint encore, en 1829, pour la septième visite pastorale, puis, en 1832, pour les funérailles de M. Paquin ; mais on ne voit pas qu'il y soit jamais revenu, ses infirmités l'en ayant ensuite empêché.

La huitième visite pastorale fut faite par Mgr Gauiin, ancien curé de Saint-Luc, devenu évêque de Tabraca et coadjuteur de Kingston, délégué ad hoc, en 1835. Il y fit une ordonnance, le 6 juin, et confirma 666 personnes.

En juin 1841, Mgr Charles de Forbin-Janson, primat de Lorraine et évêque de Nancy et de Toul, en France, y prêcha une grande retraite, en même temps qu'il en prêchait une à Chambly.

Cette retraite, dont la relation a été faite dans les Mélanges Religieux du temps, eut beaucoup d'éclat et fit beaucoup de bien. On y accourut même des paroisses environnantes, et l'église ayant été trop petite pour contenir la foule (le jubé ayant mêmecraqué et menacé de s'écrouler), le prédicateur parla de la galerie du presbytère aux fidèles recueillis et attentifs qui couvraient la place.

Il y fut distribué plus de 6,500 communions.

"On a estimé, — écrivit M. LaRocque aux Mélanges Religieux, — que, le dernier jour, il y avait une assis- " tance d'environ 7,000 hommes, femmes et enfants. Je " ne sais si je verrai jamais spectacle plus imposant " qu'offrait cette multitude silencieuse et attentive, " lorsque l'Évêque lui adressa, du balcon du presby- " tère, ses dernières paroles, qu'il appela ses derniers " adieux."

Mgr Bourget, évêque de IVÎontréal, y fit la neuvième visite pastorale, en 1842, y consacra le maître-autel, et y confirma 390 personnes.

Deux ans plus tard, Mgr Gaulin y revint et ordonna trois pères oblats,

Mgr Prince, évêque de Martyropolis et coadjuteur de Montréal, fit la dixième visite pastorale, en 1849, puis Mgr Bourget y revint en 1853, 1857, 1863, 1867, et 1871, pour la visite pastorale; en 1870, pour les funérailles de M. Robert; et, en 1882, pour sa quête en faveur de l'évêché.

Mgr Charles LaRocque, devenu évêque de Saint- Hyacinthe, vint à différentes reprises revoir l'ancienne

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