CHAPITRE QUINZIEME
Les Enfants de VAcadie consacrés à Dieu
L'Acadie a donné sept prêtres à l'Église, quelques jeunes gens à des communautés d'hommes, et plus de soixante religieuses au cloître.
Nous parlerons d'abord des prêtres, puis des religieuses.
§ I — Les Prêtres
I. — Le premier prêtre né à L'Acadie a été M. Médard Bourassa, né le 18 janvier 1818, du sieur François Bourassa et de dame Geneviève Patenaude. Il fut ordonné prêtre dans l'église même de L'Acadie^ le 5 mai 1844, avec deux autres pères de la communauté, où il était d'abord entré, selon la relation, suivante, que M. LaRocque a écrite aux archives de la paroisse, et que nous allons citer :
" Le cinq mai mil' huit cent quarante-quatre,. " dimanche, solennité des apôtres S. Philippe et " S. Jacques, Monseigneur Rémi Gaulin, évêque de " Kingston, etc., à la demande de Mgr Ignace Bourget, " évêque de Montréal, a ordonné prêtres trois frères " de la société des Oblats, savoir : le frère Médard " Bourassa, de cette paroisse, le frère Fisette, de " Contrecœur, et le frère Laverlochère.
" Etaient présents à l'ordination, M. Migneault, " curé de Chambly, M. Prince, chanoine, M. Plamon- " don, prêtre de la cathédrale, M. Papineau, curé de " Saint-Luc, et les révérends Pères Oblats Honorât, " supérieur, Telmont, Baudrand, AUard, Léonard et " Dandurand. '
" Le lendemain, lundi, 6 mai, par autorisation de " l'Évêque, le Père Bourassa est allé dire sa première " messe dans la chambre de son père, dangereusement " malade, et qui avait été administré, samedi, la veille " de l'ordination de son fils. (Sa maladie laissait si peu " d'espoir de guérison, que l'on pensait généralement " que son fils dirait sa première messe pour le repos " de son âme.)^
" Le Père Laverlochère a dit une messe basse, sa ^^ première, dans cette église, à huit heures.
" A 9 heures, le Père Fisette chantait une grand'- " messe solennelle, l'Évêque présent, à la suite de laquelle ^^ ces trois nouveaux prêtres se réunissaient en chasuble " au pied du grand autel, où ils avaient été ordonnés " la veille, pour entonner tous trois ensemble et " chanter le Te Deum d'actions de grâces.
" A midi tous ces messieurs partaient pour retour- ^' ner chez eux à Longueuil.
(Signé) " C. LaRocque, Pire "
M. Médard Bourassa mourut en 1896, à Longueuil.
1 M. Bourassa, père, était si malade que, après l'avoir administré, M. LaRocque lui fit ses adieux, ajoutant: " Nous nous reverrons dans l'autre monde." — " J'espère bien, — lui dit M. Bourassa,— que nous nous verrons encore dans ce monde-ci." Il vécut encore 25 ans.
M. L'ABBE AMEDEE GODIN Né à L'Acadie