MAINTIBN DU RÉGIME MUNICIPAL DB PARIS ATTÉNUATION DB SBS BFFBT
En asseyant son trône à la place do celui d'où Napoléon venait d'ôlre précipité, I^uis XVIII se garda de rien changer au système administratif du Consulat et de TEmpiro, qui restituait, aux agents du pouvoir central, des attributs dont ils avaient été dépouilles, dès 1787, eu faveur des assemblées provinciales.
A Paris, que ne concernait point la réforme accomplie par Louis XVI, Tordre de choses qui existait, au moment de la Révolution, fut restauré,
moins de dix ans après qu'on Tcul détruit : le ropréscnlanlde la monarchie traditionnelle se trouvait donc à l'aise et conserva non seulement les rôles» mais les litres des Tonctionnaires associés à l'administration municipale et jusqu'aux personnes en exercice, notamment le préfet de la Seine nommé en 1812. On connaît, à ce sujet, le mot du souverain : c M. de Chabrol est marié avec la Ville de Paris t • Sous une forme plaisante, l'auteur de la Charte du 4 juin 1814 exprimait une vérité sérieuse. En arrivant h Tllôtel de Ville, le successeur de Frochot y avait trouvé une situation complexe, des embarras graves. Il s'était mis à l'œuvre, avec courage et persévérance, pour manifester, aux yeux du gouvernement, l'impossibilité de maintenir des errements déplorables : engagements sans garanties, budgets sans équilibre, opérations sans lien et, parfois, sans suite. Mais, c'est, surtout, pendant l'occupation ennemie que se produisirent, avec éclat, les talents et l'énergie de Chabrol qui, quoiqu'autorilaire, eut l'habileté de faire concourir largement le Conseil municipal aux mesures qu'il croyait nécessaires et possibles. C'est sur son initiative (|ue furent établis des comités permanents ayant pour mission d'étudier, au sein de l'assemblée communale, le mécanisme des services locaux, aiin d'en rendre les
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rouages plus simples, plus solides el mieux corn* bines.
Lorsqu*en 1596 les Notables du royaume furent convoqués, à Rouen, le Béarnais leur dit : c Je veux me roellre eu tutelle entre vos mains » ; et, comme on lui reprochait cet excès d'humilité, il répondit ironiquement : t Par la morguienne, en parlant ainsi j'avais la main sur la garde de mon épée ! » Chabrol ne tint pas ce double langage, ne feignit point de s'effacer derrière l'assemblée communale et la mil, néanmoins, beaucoup plus en relief qu'elle ne Tétait sous le Consulat et TEinpire : on en verra la preuve, dans maintes résolutions fièrement motivées. Non content de resliluer à ce corps une importance légitime, il provoqua ses avis, promit de leç appuyer en haut lieu et, jusqu'en 1830, resta fidèle à rengagement écrit (fu'il avait formulé, dès 1814, dans un style net, digne et mémorable :
c En appelant, disait-il, votre atlention sur les articles de recelles ou de dépenses que je viens de citer, je n'ai pas le projet de restreindre à ceux-là seulement vos observations et voire examen. Je désire, au contraire, cpie vous portiez, sur toutes les parties, un œil allenlif, el c'esl pour vous mettre à môme de le faire, en ce moment, avec fruit, que
i8S HISTOIRE DE L'ADMINISTRATION PARISIENNE
je VOUS ai invités, il y a Irois mois» à vous former en commissions, à l'effet de méditer sur toutes les branches de l'administration financière de la Ville. Je vous prie surtout, MM., de mettre une attention scrupuleuse dans le règlement des dépenses annuelles ordinaires... Si vous découvrez... des améliorarations à faire, des réformes utiles à opérer, je me joindrai h vous, pour les solliciter... mon vœu le plus sincère est aussi de concourir au môme but, en joignant mes efforts aux vôtres et mon zèle à vos lumières » (538).
Grâce à ses qualités supérieures, Chabrol conquit un grand prestige ; le Conseil municipal savait apprécier la valeur de ses efforts ; mais, l'opinion se montrait moins équitable : plus le préfet de la Seine, avec son intelligence merveilleuse, étendait sa sollicitude sur les intérêts à sauvegarder, |)luson attendait de lui de nouvelles et heureuses conceptions, ou bien on le blâmait de ne point satisfaire promptement des besoins dépourvus de tout caractère impérieux et urgent.
A ces critiques, Chabrol répondit dans les termes ci-après, en exposant au Conseil ses vues élevées et son programme irréprochable :
« il est des esprits impatients qui, prenant pour du génie le rêve de leur imagination, et nous voyant