‹ Histoire de l'administration parisienne au XIXe siècle (volume 2)Chapitre 69 sur 280 · LIVRE PREMIER. — PERIODE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — PERIODE

lion plus lucralive, mais moins élevée, qu'il occupait dans la hiérarchie orficielle.

Parmi ses successeurs, deux : Bourrienneet Courlin, ne reslèrenl (\{H) six jours h leur poste (542) ; Irois : Beugnot, d'André cl Decaze quelciucs mois (543) ; un : Mangin, moins d'un an (544) ; un : de Belleyme, dix-neuf mois (545) ; enfin, deux : Angles el Delaveau, demeurèrent, Tun six, l'autre sept ans dans I exercice de la môme autorité (54G).

Aussi n'est-ce qu'à eux que revient le mérite des réformes secondaires réalisées, pendant la période de 1815 h 1830, pour les services municipaux rattachés à la préfecture de police.

Tous ceux qui dirigèrent celte administration eurent, comme leurs prédécesseurs, sous l'Empire, une tendance à grossir les dépenses; ils s'efforcèrent, aussi, de faire prévaloir, auprès du gouvernement, les propositions budgétaires lopoussées ou restreintes, par le Conseil municipal ; mais, Tatlilude avait changé, sensiblement, vis-a-vis de celle assemblée ; au lieu de réclamer l'obéissance passive à des décisionsou engagements qui préjugeaient les votes, on soumettait des projets et, le cas échéant, lorsqu'il fallait confesser des dépassements de crédits, on invoquait des circonstances de force majeure.

IIM IIISTOIRR DE L'ADMINISTRATION PARISIRNNK

Le Conseil général de la Seine, faisant office d'assemblée communale, à Paris, avait rédigé, nous I*avons dit, une adresse, pour adhérer à la déchéance de Napoléon ; il était difficile de renouveler en masse un corps si bien disposé, surtout dans les conjonctures exceptionnellement graves que traversai! la Ville de Paris ; Bellart, rédacteur de la proclamation, demeura président du Conseil, par les suffrages de ses collègues ; ils lui furent annuellement décernés, jusqu'à sa mort survenue en 1826.

Mais, on sait que ses convictions monarchiques n'empêchaient pas Bellarl de parler avec indépendance (547) ; aussi n'est-on nullemeut étonné, en lisant les nombreuses résolutions prises avec la participation du célèbre magistrat, pour résister ou protesler, lorsque des actes de l'autorité royale ou ministérielle paraissaient porter atteinte, soit à la liberté communale, soit aux légitimes intérêts de la Ville de Paris.

H n'y eut jamais, ni annulation, ni bl&me, à la suite des remontrances ainsi faites; la tutelle administrative, exercée avec une entière latitude, suffisait à réprimer les velléitésd'indépendance du Conseil municipal : il paraissait tout simple, alors, d'assujettir, sous la forme de simple ordonnance, la Ville de Paris à des dépenses d'intérêt général et.

UVRE PREMIER, -r PÉRIODE 1800-1830 193

dès lors, on ne tenait aucun compte du reproche d'avoir créé une charge non consentie, au préalable, pourvu que le corps délibérant eût été consulté.

Mais, de 1815 à 1830, il n'y eut pas, comme sous TEmpire, suppression de l'initiative locale, pour les mesures exclusivement édilitaires.

Tout ce que, dans cet ordre d'idées, proposait l'assemblée communale était ratifié; c'est grâce à cette latitude quelcs finances parisiennes furent assises sur des bases solides et donnèrent d'excellents résultats.

Le souci de maintenir l'équilibre, dans ces finances, n'empêcha point, sansdoute, de se livrer à des dépenses sompluaires, consistant en réceptions et fôlcs splondides, ou en libéralités plus ou moins étendues ; pourtant, les allocations, en pareille matière, furent moins élevées que sous l'Empire.

On avait, par exemple, muni d'une dotation viagère de 10.000 fr. le page acouru à Pllôlel de Ville, pour notifier la naissance du roi de Rome : lof licier supérieur chargé, par le Comte d'Artois, d'annoncer, au corps municipal, que ce prince avait un pelil-fils, dans la personne du duc de Bordeaux, ne reçut qu'une pension de 3.000 fr. (548).

Âinsi^ avec les mêmes lois, avec les mêmes

hommes, Torganisalion adminislrnlivc, à Paris, de 1800 à 1830, produisit des effets très différents: pendant lesquinzepremièresannéesdecetle période, où te Conseil municipal ne fut, ni écoulé, ni entendu, les intérêts propres de la Capitale durent se plier, toujours, aux calculs de la politique impériale ; pendant les quinze dernières années, tes errements antérieurs parurent, tout d'abord, tellement commodes qu'on s'empressa de les continuer. Mais, avec le temps, il fallut bien reconnailre que si, par une singulière anomalie, le principe électif, servant de baseiau recrutement de la Chambre des députés, demeurait inapplicable à la composition des assemblées locales, celles-ci n'en avaient pas moins droit à une déférence d'autant plus nécessaire (|u'elle donnait aux habitants certaines satisfactions matérielles, de nature à diminuer en eux le regret d'être privés de l'électorat départemental et municipal.

Le sentiment de cet état de choses encouragea le Conseil général de la Seine, dans ses fonctions normales et exceptionnelles, c'est-à-dire comme organe du déparlement et de la capitale, à manifester des vœux utiles, dont un certain nombre furent accueillis, avant ou après 1830.

Depuis longtemps, on a dit» en parlant des ins-

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