‹ Histoire de l'Afrique septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'a la conquête français (1830) (volume 2)Chapitre 148 sur 174 · ÉTAT DE I. 'AFRIQUE EN · texte numérisé non relu

ÉTAT DE I. 'AFRIQUE EN

l'embouchure de l'Ouad-Noun, pays occupé par les vieilles tribus berbères, telles que les Ileskoura et autres, descendants des Masmouda, qui ont formé de nouvelles peuplades, nombreuses et guerrières, parmi lesquelles nous citerons :

Les Aït-Youssi, Aït-Azdeg, Aïl-Afelmanc, Aït-Aïache, Aït-Ala, Aït-Bou-Dekhil, Aït-Bou-Dclal et autres.

1° La région du Haut-Moulouïa, parcourue par des tribus arabes ou berberes-arabisées, telles que les Oulad-Nehar, Mehaïa, Angade, qui se réclament, tantôt du Maroc, tantôt de l'Algérie.

5° La région située au midi de la précédente, jusque vers les oasis de Figuig, parcourue par les Beni-Guil, Cheraga et R'araba (de l'est et de l'ouest).

0° Les oasis du Touat et de diverses parties du Sahara.

Entre le cap Ciuer et l'Ouad-Noun, en remontant, de là, dans l'intérieur, un cherif, Moulaï-IIecham, a formé un royaume indépendant, qui comprend presque tout le Sous, avec Taroudent comme capitale.

Le Deraa supérieur et la province de Ta fila la obéissent encore au sultan de Fés. Les tribus arabes mâkiliennes, qui l'ont envahi, se sont fondues dans la population ; mais ces régions demeurent, la plupart du temps, abandonnées à elles-mêmes, car les tribus berbères de l'Atlas tiennent le chemin et il faut, pour s'y rendre, faire de véritables expéditions qui ne sont pas toujours heureuses. Ces oasis se trouvent, du reste, remplies de descendants de Moulaï- Ismaïl et des autres cherifs.

Les marabouts et les chefs de confréries sont toujours nombreux au Maroc et forment des centres religieux que le sultan laisse absolument libres, tant que leurs chefs ou leurs adeptes ne se mettent pas en révolte ouverte. Le plus important est celui d'Ouezzan, au nord de Fès, au pied des montagnes qui bornent la province du R'arb ; son chef, un cherif, est le grand maître de la confrérie de Moulaï-Taieb, fort répandue dans tout le Mag'reb.

Abd-cr-Rahmanc, qui a lutté contre de nombreuses révoltes intérieures, s'est eiîorcé d'entretenir de bonnes relations avec les consuls européens de Tanger et a ouvert au commerce le port de Mazagan, à l'embouchure de l'Oum-er-llebia près d'Azemmor. Mais, là se sont bornées ses avances et il a, pour le surplus, fermé absolument son empire à l'action des Européens.

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