‹ Histoire de l'Agenais (volume 2)Chapitre 4 sur 18 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

de donner au récit plus de cohésion et de vie. Quant aux personnages mentionnés en si grand nombre par les chroniqueurs, les mémorialistes et les documents consultés, j'ai tenté d'éviter à leur égard les obscurités reprochées à tant d'annalistes et me suis attaché à leur détermination dans toute la mesure du possible. L'usage de désigner un gentilhomme par le nom d'un fief, et même d'une terre, rendait cette partie de ma tâche souvent difficile.

L'histoire provinciale n'offre d'intérêt propre que jusqu'à l'absorption communale par le gouvernement absolu et la centralisation à outrance de Louis XIV. Après cette absorption décisive, la province n'a plus d'autonomie quelconque : ses destinées sont accomplies. Elle ne remplira désormais qu'un simple rôle de comparse, et son histoire particulière, vague reflet, timide écho de l'agitation nationale, n'aura plus aucune signification définie.

Samazeuilh a prudemment arrêté son étude à cette limite extrême de l'autonomie des provinces. J'ai un moment songé à suivre cet exemple.

V Histoire de l'A gênais, qui émerge de l'obscurité au XIe siècle, accentue son intérêt du xive au xvne, avec la guerre de Cent ans, les luttes religieuses de la Réforme, les troubles de la Fronde ; puis elle s'efface complètement, Elle fournit une longue période de vie active et de retentissant tumulte avant de retomber dans le silence. Au xvme siècle, au xixe surtout, elle se transforme en une sorte de chronique locale, en une suite de faits divers banals sans liaison ni importance.

Le xvmc siècle n'a pu me fournir, en effet, que bien peu de ressources. Le nôtre eût été plus avare encore, si je m'étais attaché à le suivre pas à pas. Les compétitions de clocher, les menus incidents de la vie courante, les frivolités mondaines ne pouvaient pas plus me tenter que les floraisons de la statistique.

Me bornant alors à un coup d'œil d'ensemble, j'ai laissé à d'autres la fantaisie de s'égarer en de tels sentiers.

Au surplus, une histoire contemporaine ne saurait être

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