LIVRE SEPTIÈME
ne peut tirer avec certitude aucune conséquence contre leur civilisation. Car les nations conservent des systèmes de superstition fondés sur les absurdes notions des premiers âges de leur formation, longtemps après que leurs idées ont commencé à s’étendre et leurs mœurs à se polir. D’après l'esprit de la religion du Mexique, nous pouvons néanmoins nous former une idée de son influence sur le caractère du peuple qui la pratiquait. La superstition s’y montrait sous un aspect sombre et atroce. Leurs divinités y étaient environnées de la terreur, et se plaisaient dans la vengeance. Elles étaient représentées au peuple sous les formes les plus capables d’inspirer l'horreur‘. Lestemples étaient décorés de figures de serpents, de tigres et d’autres animaux destructeurs. La crainte était le seul sentiment qui animait leurs dévots. Les jeûnes, les mortifications , les pénitences, poussés aux excès les plus cruels, étaient les moyens qu’ils employaient pour apaiser la colère de leurs dieux, et ils n’approchaient jamais de leurs autels sans les teindre de leur propre sang. De toutes les offrandes les sacrifices humains étaient celles qu’ils croyaient le plus agréables à ces dieux. Cette croyance religieuse se joignant à un esprit de vengeance implacable, et y ajoutant une force nouvelle, tous les prisonniers de guerre étaient conduits au temple, offerts comme des victimes à la divinité et (r) Voyez la note 54.
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sacrifiés avec des cérémonies aussi solennelles que pleines de cruauté'. Le cœur et la tête de la victime 4 étaient la part consacrée aux dieux. Le guerrier qui s'était rendu maître du prisonnier emportait le corps À pour s’en repaître dans un festin avec ses amis, Sous l’émpire de ces idées funestes et terribles, accou- à tumé à verser le sang et à voir ces effroyables scènes “1 consacrées par la religion, l’homme devait s'endur- à cir, et son cœur se fermer à tout sentiment d’hu- ‘#4 manité. Aussi les Mexicains étaient-ils féroces et : impitoyables. L'esprit de leur religion balançait si fortement l'influence de la police et des arts, que, malgré les progrès qu’ils y avaient faits, leurs mœurs à au lieu de s’adoucir en étaient devenues plus féroces. À L'histoire de ce peuple ne nous est pas assez connue (A pour que nous sachions quelle cause avait donné à b. leur superstition ce caractère de cruauté; mais l'in- 3 flueuce de leur religion est évidente, et avait produit chez eux des effets singuliers dans l’histoire de l’esprit humain, puisque les mœurs du peuple du Nouveau - Monde le plus avancé dans la civilisation* étaient plus féroces, et quelques-unes de leurs coutumes plus barbares, que celles des nations sauvages 1 du reste de l'Amérique.
Prétentions L'empire du Pérou se vante d’une plus haute andes Péruviens