‹ Histoire de l'Amérique (volume 2)Chapitre 162 sur 175 · III. 'A'I · texte numérisé non relu

III. 'A'I

jl[1 HISTOIRE DE 1/ AMÉRIQUE.

tion s'y portera. Pour fournir aux besoins de cette multitude, la culture s'accroîtra, des artisans s'y établiront, l'industrie et la richesse commenceront à s'y montier. 11 y a plusieurs exemples de ces changements en différentes parties de l'Amérique, depuis qu'elles sont tombées sous la domination des Espagnols. Des villages populeux et de grandes villes se sont tout à coup élevés dans des lieux sauvages et inhabités. Le travail des mines n'est pas, à beaucoup près, l'objet le plus digne de fixer l'attention d'une société naissante; mais ce peut être un moyen d'y animer une activité utile et d'y aug- Dccouverte nienter la population. On a vu un exemple récent recerite être- ej- singulier en ce genre, qui est encore peu connu

marqnable. . .

en Europe, et qui, pouvant avoir des suites importantes, mérite notre attention. Les Espagnols établis dans les provinces de Cinaloa et de Sonora avaient été long-temps inquiétés par les incursions de quelques tribus sauvages d'Indiens qui les avoisinent. En 1 765, les incursions devinrent si fréquentes et si meurtrières , que les habitants au désespoir s'adressèrent au marquis de Sainte-Croix, vice-roi du Mexique ' , pour obtenir de lui un corps de troupes qui pût les mettre en état de chasser ces terribles en-

(1) M. de Humboldl l'appelle le marquis de Croix , et M. Warden , {Art de vérifier les dates , l. IX , p. 273.) d'après Lorenzana , don Carlos Francisa de Croix , marquis de Croix ; suivant ce dernier écrivain , le marquis de Croix n'aurait pris possession de son gouvernement que le 25 août r;66\ (D. L. R.)

LIVUE SEPTIÈME. 3/|T)

neinis de leurs plaees de retraite dans les montagnes; mais le fisc était si épuisé par les grandes sommes qu'on en avait tirées pour soutenir la dernière guerre contre la Grande-Bretagne , qu'il ne fut pas possible au vice-roi de leur donner aucun secours. Ce qu'il ne pouvait pas par sa place, il l'exécuta par le crédit que lui donnaient ses vertus. Il engagea des négociants à avancer environ deux cent mille pesos pour fournir aux frais de l'expédition. On la confia à un bon officier : on employa trois années à poursuivre les sauvages dans des montagnes et des défilés presque impraticables; enfin elle se termina en 1771 par l'entière soumission des Indiens, qui cessèrent d'être la terreur des deux provinces qu'ils dévastaient. Dans le cours de cette entreprise, les Espagnols traversèrent des contrées où il ne paraît pas qu'ils eussent pénétré auparavant, et découvrirent des mines tellement riches qu'elles excitèrentl'étonnementmême des hommes qui connaissaient les richesses renfermées dans les montagnes du Nouveau-Monde. A Cineguilla, dans la province de Sonora, ils entré rent dans une plaine de quatorze lieues d'étendue, où ils trouvèrent l'or en grains à la profondeur seulement de seize pouces et en morceaux si considérables que quelques-uns pesaient jusqu'à neuf marcs, et en si grande quantité qu'en peu de temps un petit nombre de travailleurs en recueillit mille

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marcs, sans prendre la peine de laver les terres qui les contenaient, et qui paraissaient si riches que des personnes intelligentes estimaient qu'il y avait pour 'un million de pesos de métal fin. Avant la fin Effets qu'elle de l'année 1 771 9 il s'établit à Cineguilla , sous l'autorité de quelques magistrats et la conduite de quelques ecclésiastiques, environ deux mille personnes ; et, comme on a découvert plusieurs autres mines aussi riches que celles de Cineguilla, tant dans Sonora que dans Cinaloa l , il est probable que ces provinces, jusqu'à présent négligées et peu habitées, pourront égaler bientôt en valeur et en population les autres possessions des Espagnols dans quelque partie de l'Amérique que ce soit2. Californie. La Californie , péninsule située de l'autre côté de la mer Vermeille , semble avoir été moins connue des anciens Mexicains que les provinces dont je viens de parler. Elle fut découverte par Cortez dans l'année 1 536 5 (tom. ÏÏI,j)ag. 102). Pendant long-temps elle fut si peu fréquentée qu'on ignorait jusqu'à sa forme , et que dans plusieurs cartes elle était représentée comme une île4. Quoique le climat de ce pays

(r) Voyez la note 66.

(2) L'intendance de la Sonora renfermait sept diputaciones de mineria ou arrondissements, qui sont ceux d'Alamos , Copain, Cosala, San-Francisco, Xavier de la HaeHa , Guadalupe de la Puerta, Santissima Trinidad de Pena Blanca, et San Francisco Xavier deAlisas, divisésen soixante-huit reaies, ou endroits environnes de mines. Voyez l'Essai politique sur la Nouvelle Espagne, t. III, p. 3 19. ( D. L. R. )

(3) Voyez la note 1 r déjà citée. (4) Voyez la note 67.

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