LIVRE CINQUIÈME. -y
rent à leurs postes. D'autres tribus , jugeant que les 4521 dieux qui venaient de tromper ainsi les Mexicains avaient abandonné cet empire, se joignirent aux Espagnols; et telle fut la légèreté de ce peuple, que , fort peu de temps après une défection générale de tous ses alliés, Cortez, si nous l'en croyons luimême , se vit à la tête de cent cinquante mille Indiens.
Quoique maître d'une armée si nombreuse, il H adopte un . . r v „ nouveau sys-
crut devoir former un nouveau système d attaque t£me d'attaqui serait conduit avec plus de circonspection. Au quelieu de tenter encore de s'emparer brusquement de la ville par la bravoure de ses troupes , il prit le parti de s'en approcher par degrés et avec toutes les précautions possibles pour ne pas* exposer ses gens aux malheurs qu'ils avaient déjà éprouvés. A mesure que les Espagnols avançaient , les Indiens leurs alliés réparaient en les suivant les chaussées; dès qu'ils se rendaient maîtres de quelques parties de la ville, ils faisaient raser les maisons. Peu à peu les Mexicains , forcés de se replier à mesure que leurs ennemis gagnaient du terrain , se trouvèrent resserrés dans un plus petit espace. Guatimosin , ne pouvant empêcher entièrement les progrès de ses ennemis , continuait de se défendre avec le plus grand courage et disputait le terrain pied à pied. Cependant les Espagnols avaient non - seulement changé leur système d'attaque, mais les armes même
4 521 avec lesquelles ils combattaient. Gortez leur avait fait prendre de nouveau les longues piques de Chinantlan , qu'ils avaient employées avec tant de succès contre Narvaez. Cette arme leur donna la facilité de combattre serrés ; ils repoussaient presque sans danger des ennemis qui les attaquaient sans ordre. Il périt un nombre prodigieux de Mexicains dans ces combats chaque jour renouvelés '. La ville, dévastée ainsi par la guerre , était en même temps en proie à toutes les horreurs de la famine. Les brigantins espagnols , maîtres du lac , empêchaient l'abord de toutes les provisions qui pouvaient leur venir par eau. Le grand nombre des Indiens auxiliaires fermait toutes les avenues de la ville par terre. Les magasins formés par Guatimosin étaient épuisés par le nombre d'hommes réunis dans la capitale pour défendre leur souverain et les temples de leurs dieux. Non-seulement le peuple, mais les premiers des citoyens étaient réduits aux plus cruelles extrémités. Les maladies mortelles et contagieuses, la dernière des calamités qu'éprouvent les villes assiégées, comblaient enfin la mesure de leurs maux a. Constance Le courage de Guatimosin se soutenait cepenci courage de (jant au milieu de tant de malheurs, et son ame
Guatimosin. . ... , ,
demeurait terme. 11 rejetait avec mépris toutes les
(i) Cortez, Relat. p. 275. C. 276. F. B. Diaz, c\iap. i53. (2) Cortez, Relat. 276, E. 277 , F. B. Diaz, i55. Gomara, Cron, tan. 1 4 1 •.