III. I t
4555 Almagro se mit en marche pour le Chili. Comme il possédait au plus haut degré les qualités qui attirent surtout l'admiration du soldat, une libéralité sans bornes et un courage intrépide , cinq cent soixantedix hommes se rangèrent sous ses drapeaux. C'était le plus grand corps d'Européens qui eût été assemblé jusqu'alors au Pérou. Soit par l'impatience de terminer promptement son expédition, soit par l'habitude de supporter tous les travaux et de braver tous les dangers, habitude commune à tous les Espagnols qui avaient servi long-temps en Amérique , Almagro se détermina à traverser les montagnes , au lieu de s'avancer par le pays plat, le long delà cote. Le chemin était en effet plus court, mais presque impraticable. Dans cette route ses troupes souffrirent tous les maux que la nature humaine peut éprouver de la fatigue , de la faim et des rigueurs du climat dans ces régions élevées de la zone torride, où le froid est presque aussi rude que sous le cercle polaire. Il en périt un grand nombre, et ceux qui résistèrent et parvinrent jusqu'aux plaines fertiles du Chili y trouvèrent de nouveaux obstacles à surmonter. Ils eurent affaire à des hommes très différents des Péruviens, intrépides, robustes, d'un caractère indépendant, et assez semblables aux tribus guerrières du nord de l'Amérique par leur constitution physique et par leur courage. Quoique étonnés à la première apparition des Espagnols, et