‹ Histoire de l'anatomie plastiqueChapitre 26 sur 78 · Vasari, op. cit., t. V, p · texte numérisé non relu

Vasari, op. cit., t. V, p

Ange prenait note de ses recherches sur les formes; on conserve au musée de Kensington des études anaio-

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miques, modelées en cire, du membre supérieur droit et des membres inférieurs écorchés que Michel-Ange exécuta pour sa statue du David.

LANATOMIE PLASTIQUE,

« Après avoir, dit Ch. Blanc \ patiemment et profondément appris la forme et la structure des os, l'attache, la fonction et le jeu des muscles, dans toutes les postures, dans tous les mouvements possibles du corps humain, Michel-Ange était devenu si habile, si savant et tellement sûr de son savoir qu'il pouvait au premier coup, sans modèle, dessiner une figure en action, en deviner les courbures, en rendre sensibles les élans, les raccourcis, les souplesses. Je dis sans m'odèle, parce qu'en effet la chute des damnés et Pascension des bienheureux, dans Iq jugement dernier, n'ont pu être posées, cela va sans dire, par aucun modèle, et qu'ainsi la vraisemblance de tous les corps précipités ou soutenus par le souffle divin est un résultat de la science anatomique. »

Il nous reste à mentionner Técorché représentant un sujet accroupi, dans une attitude tourmentée (fig. 12), qu'il est de tradition d'attribuer à Michel- Ange. C'est à cause de cette tradition et de la valeur artistique de l'œuvre à laquelle elle se rattache, que nous avons pensé devoir reproduire ici cet écorché.

Ce qui démontre bien l'importance que les artistes de la Renaissance accordaient à l'anatomie, c'est que Raphaël (Urbin 1483 — i52o Rome) lui-même, chez lequel on ne rencontre pas cette ostentation de myologie à laquelle s'est laissé quelquefois entraîner Michel- Ange, nous a cependant laissé, par ses dessins, de nombreuses preuves de ses études anatomiques. Mais il ne se livra que tardivement à ce genre d'études.

I. L'Œuvre et la vie de Michel-Ange, Paris, 1876 (i*"" partie, Michel-Ange dessinateur, par Ch. Blanc, p. 20).

FI G. 12. ECORCHE DIT ttDZ MICHEIANGE ».

'( ... Aussi ne fut-ce, dit Vasari, qu^à l'aide d\m travail opiniâtre qu'il parvint à comprendre la beauté des nus et à vaincre les difficultés des raccourcis en étudiant les cartons dessinés par Michel-Ange pour la salle du Conseil, à Florence... Lorsqu'il voulut changer et améliorer son style, il ne s'était jamais livré à l'étude approfondie du nu. Jusqu'alors il s'était borné à dessiner d'après nature dans la manière du Perugino, son maître, en y ajoutant toutefois cette expression gracieuse qui chez lui semble- un don de la nature. Il s'attacha donc à comparer la musculature des écorchés et des sujets vivants, et à étudier tous les divers effets de son mécanisme sur les parties ou l'ensemble du corps humain. En outre, il examina avec attention les articulations des os, les attaches des tendons, et les réseaux formés par les veines. Il réunit ainsi toutes les connaissances qui constituent un grand peintre ^ »

Les dessins anatomiques de Raphaël se trouvent épars dans divers musées : en France, au musée de Lille (fig. i3); à Vienne (collection de l'archiduc Charles) ; en Italie, à l'Académie de Venise [Sala délie Sedute). L'un des plus intéressants a fait partie de la collection anglaise de Thomas Lawrence. Ce dernier dessin a été exposé, il y a quelques années, à Paris, à V Exposition des dessins de maîtres anciens (1879), à l'École des Beaux-Arts, où nous avons pu longuement le contempler. Nous en donnons une reproduction (fig. 14). Il représente une étude, de Raphaël, de

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