‹ Histoire de l'ancienne infanterie françaiseChapitre 22 sur 46 · de MONTFORT (Maurice), 30 novembre · texte numérisé non relu

de MONTFORT (Maurice), 30 novembre

Le bataillon de Romilley prit en 1720 la garnison de La Fère. En 1733, il fut un des trois bataillons du corps royal envoyés à l'armée d'Allemagne. Il sei rit très-activement au siège de Philisbourg.

En 1741, sous le nom de Marsay , il est à l'armée de Westphalie avec le maréchal de Maillebois; il sert en 1742 en Bohême et en Bavière et rentre en France en juillet 1743. D s'appelait alors Pumbecque. Il contribua cette même année à la défaite des Autrichiens à Rheinweiler. Il était en 1744 à la reprise de Weissembourg et des lignes de la Lauter, à l'attaque des retranchements de Suffelsheim, au combat d'Augenheim et au siège de Fribourg. Passé en 1745 à l'armée de Flandre, il combattit â Fontenoy et fit les sièges de Tournai, Termonde, Audenaërde, Ostende et Ath. On le trouve en 1 746 , à la prise de la citadelle d'Anvers , de Charleroi et de Namur. Il passa l'hiver dans cette dernière place, et en 1747 il contribua à la victoire de Lawfeld. En 1748, il servit, sous le nom de Bourquefelden , à la prise de Maëstricht. A la paix, il fut mis en garnison à Grenoble.

En 1757, le bataillon , qui appartenait alors au comte d'Àumale, avait des détachements sur les côtes de la Méditerranée et sa partie principale à l'armée de Soubise. Les capitaines La Roussière et Lecerf furent mortellement blessés à Rosbach. Les capitaines de Bron, Geoffroy, Danthclmy, deCaylus et quatre lieutenants y reçurent des blessures moins graves.

Le bataillon rentra ên France pour se rétablir , et fut employé en 1758 à la défense des côtes de Bretagne. 11 trouva une compensation à la défaite de l'année précédente , en écrasant sous le feu de ses pièces les Anglais débarqués le 1 1 septembre sur la plage de Saint-Cast. Il vint à la fin de celte année s'établir à Besançon, où il prit, le l"janvier 1759, le nom de brigade de Chabrié. Cette brigade fournit un détachement de quatre compagnies à l'armée du maréchal de Broglie. Le 13 avril, ce détachement contribue puissamment au gain de la bataille de Bergen et y fait des pertes énormes. Le brave chef de brigade Chabrié y périt au milieu de ses canons. Le lieutenant Marrâst est tué par un boulet, qui blesse en même temps le lieutenant Ladonchamp ; le capitaine Régnier et le lieutenant de Malseigne y sont aussi frappés par des boulets. Le l rt août, à Minden , ces compagnies se couvrent d'une gloire nouvelle; le capitaine chevalier de Cirfontaine et le lieutenant Gillot y trouvent la mort; le lieutenant-colonel Le Duchat-d'Oudcrnc , l'aide-major d'indrevillc et le lieutenant Baroille y sont blessés. L'année suivante, la brigade tout entière est en Allemagne et se distingue au siège de Ziegenheim et au combat de Corbach. Un obus ennemi fait sauter à Corbach un parc de dix caissons , dont l'explosion brûle cruellement le capitaine de Cirfontaine et le lieutenant La Molinière. En 1761, la brigade prend part à la défense de Cassel et aux affaires de Villingshausen, où son chef,

AL de ViMepatour est atteint par un boulet à l'avantbra». Au combat d'Amenebourg , le 21 septembre 1 762, le lieutenant Blosset deMontvallon reçut dans la tête une balle qui lui enleva les deux yeux.

1a brigade de Villepatour fut établie à la paix en garnison à Strasbourg, et elle devint en 1765 le régiment de Strasbourg, dont les drapeaux eurent deux quartiers noisette et deux quartiers jaunes. Ce régiment fut envoyé en novembre 1766 à Toul , en octobre 1767 à La Fère et en septembre 1769 à Metz. En 1771, il détacha une compagnie à la Martinique. En septembre 1775 , il vint à Auxonne, et en 1778 il fournit, pour la défense de la Corse, une brigade de cinq compagnies. En 1780, il avait deux compagnies à Besançon , deux compagnies et demie sur les côtes de Provence et cinq en Corse, En 1781, le 1" bataillon était au Havre; le 2« était partagé entre Besançon , les côtes de Provence , le corps d'occupation de la Corse et l'armée du duc deCrillon devant Gibraltar. Au 1° janvier 1784, le régiment était réuni à Douai, d'où il se rendit en octobre 1786 à Strasbourg.

Il se distingua pendant la révolution par son excellente discipline (1). H fut attaché en 1792 à l'armée

(1) Nous plaçons ici , comme pièce curieuse , une lettre écrite a l'Assemblée nationale par le o e d'ar.illerie , lottre qui fut lue dams la séance du 3 a^ril 1192.

« Voire comité militaire vous a proposé d'augmenter d'un tiers la •olde de* troupes : il ne nous est pas permis d'accepter une telle »ug-

de Custines et, pendant les années suivantes, il continua de servir aux armées iu Rhin et de la Moselle.

Ses colonels, depuis Montfort, furent MM. Borthon, Demarçay, Mengin, Gondallier de Tugny, de Carmejanc et Hazard.

Licencié à Rochefort en 1815, le vieux 5 e régiment d'artillerie à pied fut remplacé en 1816 par un nouveau corps du même titre, formé avec le fond de l'ancien et des canonniers tirés des départements du Bas-Rhin , du Haut-Rhin , de la Meurthe , des Vosges et de la Haute-Saône.

raenlation , dans un moment où des milliers de malheureux sont dans la plus affreuse misère. Nous voyons de pauvres citoyens se priver du nécessaire pour payer leurs contributions à la pairie. Témoins tous les jours de ces généreux dévouemens , nous en sommes frappés d'admiration et nous croyons que de pareils exemples doivent avoir autant d'imitateurs qu'il y a de bons citoyens. Tant que les soldats romains n'ont eu que le nécessaire et le fer dont ils élaient armés, ils ont été invincibles, et, après la victoire, leur seule récompense était Tépée qu'ils avaient eux-mêmes prise sur l'ennemi. Nous méprisons toute récompense pécuniaire autant que la mort; celui qui en demande se déshonore ; celui qui les souffre par son silence se rend coupable. Retirez donc la proposition d'augmenter notre solde , nous ne voulons pas mettre à l'enchère le sacrifice de notre sang et de noire courage. Signés : les sousofûciers et soldats-citoyens du 5* d'artillerie en garnisou à Strasbourg. »

L'Assemblée vota l'impression de cette adresse et son envoi aux 83 départements. Quant à la solde , elle était payée en ass'gnats ; on sait ce que cela veut dire. Pendant la campagne de 1793, la solde d'un capitaine , réduite en argent , équivalait à peu^^ès à huit francs par mois.

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