LIVRE DEUXIÈME
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Du nom , de rorigine et des armes des anciens Aatunois.
Encore que le premier chapitre du livre précédent semble avoir traité une partie du sujet de celui-ci touchant l'origine et le nom des anciens Autunois, j'espère néanmoins que ce que je remarquerai ci-après sera particulier.
L'origine des peuples est tellement cachée dans les replis de l'antiquité que tout y est obscur, et il est difficile de prendre aucun sentiment qui n'ait pour principe la fable, attendu que nous n'avons aucune connaissance des Autunois plus haute que par les écrits de César, Tacite, Tite-Live et Eumène. Si pourtant on est contraint de suivre la fable , je n'en trouve point de plus raisonnable que celle qui attribue leur origine à un Dieu, suivant ce que Tite-Live remarque à l'avant-propos de la première décade : — Datur hœc venta antiquitati , ut miscendo htimanœ divinis, primordia urbium augustiora facial. — On attribue donc celle
d'Autun à Janus, duquel les Gaulois furent appelés Janigênes , on An moins sa postérité , venue des Insubriens jusqu'à nous par la mer Méditerranée au Rhône, et par la Saône vers les Âutunois. J'emprunte les arguments de cette conjecture des témoignages publics qu'ils ont laissés, c'est-à-dire de la construction d'un temple dédié à Janus, elpar quantité de médailles d'argent et de cuivre qu'on retire de dessous les ruines d'Autun ; les unes représentant son double visage et au revers, l'éperon d'une galère *. Sur les autres sa double tête est empreinte, et une femme portée sur un taureau , qui passe la mer de Bysance, remplit le revers,, d'où on estime que Janus, pris pour Jupiter, avait appris aui Européens à cultiver la terre.
Pour confirmer qu'ils sont descendus des enfants de Janus, je n'ai qu'à remarquer la vénération que les Autunois ont eue pour Dis et Samolhès. auxquels ils dressèrent des temples; et par l'alliance et fraternité qu'ils ont entretenue avec les Gaulois transalpins , qui reconnaissent pour leur auteur Gomer, fils de Janus, lorsqu'étant passés en Italie le long du Tésin , et ayant ouï appeler un lieu des Insubriens du même nom qu'un bourg des Autunois, ils se prévalurent de la rencontre des noms comme d'un augure favorable, et y bâtirent la ville de Milan, selon Tile-Uve. décade i.", livre 6.
Le nom de ce bourg des Autunois, conforme au nom des Insubriens, est certainement Brion, distant d'une lieue d'Autun, où sont de vieilles ruines d'un bourg ancien et d'un ancien pont sur la rivière d'Arroux. pour traverser au village d'Etang.
* L'auteur s'égare évidemment. Aurait-il pris pour des médailles éduennes des as, te divisions de Tas ou des médailles de Pompée portant la double tête et n'ayant rien (k commun avec Âutun? Nous n'osons attribuer sa méprise aux médailles des colonie de Vienne et de Nîmes sur lesquelles on voit deux têtes tournées en sens inverse, œab non jointes.
EnOn, parmi ces incertitudes, je puis dire des Autunois ce que l'on disait de l'ancienne cité d'Athènes, qu'elle avait elle-même engendré ses habitants. César appelant communément Autun civitas Mdtm, et les Autunois ^dui y sans distinguer si c'est de la ville ou du peuple qui l'habitait que l'origine et le nom procèdent.
Quant au nom, tous les auteurs grecs et latins conviennent de les qualifier Mdui au pluriel , et au singulier JEduus. Strabon , en sa Géographie, livre iv, et Planudes, en sa traduction grecque de la Guerre des Gaules de César, les nomme È^ouetç quasi /Eduenses^ et Plutarque in Cœsare Ê^oGoi; mais Dion Cassius, livre xl, les écrit At^oOoi, et Stephanus 7r€pl7ro>.e(Dv Ai^ou<yiot; Ausone in parentalibus carm. iv :
Qua Lugdunensi provîncia , quaque potentes .^ues.
Sur quoi Elle Vinet remarque que la première lettre du mot ^Edues se doit écrire par un iE diphtongue, et sans esprit, conformément aux anciens marbres. Ce n'est pas que ce mot Mdui ne se rencontre écrit en divers lieux Hœdui , Edui et Hedui ; mais je rejette volontiers l'orthographe de ceux qui écrivent ce nom avec un H pour leur ôter sujet de tirer l'origine des Autunois , Hœdui quasi ab hœdis. Mais outre que cette pensée, est sans fondement et sans autorité, les inscriptions des pierres et des marbres y répugnent et prouvent le contraire. En voici quelques-unes que je rapporte à ce sujet.
Dans Auxerre on voit une grande pierre chargée de ces mots :
ET MEMORISE AVRE LI DEMETRl ADIVTORI