SPOLÈTE
L’église de St. -Pierre, extra tmiros; le frontispice chargé d'une profusion de sculptures.
ROME
Rome avait été la maîtresse du monde, ma,is, quand Constantinople devint capitale, elle descendit au rang de seconde ville de l’Empire , et enfin à celui de se-
conde ville de province, quand la plus grande partie de l’Italie fut annexée à l’Empire d’Orient , sous la dénomination d’Exarchat ; elle fut saccagée par tous les barbares, en un mot ses richesses et sa population diminuèrent à mesure que s’agrandissaient les autres villes d’Italie ; aussi présente-t-elle peu de monuments de cette architecture que ses pontifes avaient environnée d’une protection toute particulière. A l’exception de l’abside des Sts.-Jean et Paul et de sa petite galerie, je ne connais rien à Rome de vraiment lombard que les clochers carrés de diverses églises, tous à peu près de la même époque , construits en briques, avec piliers en pierre; et aussi çà et là quelques petits médaillons de porphyre, de serpentine et même de majolica.
Mais au sud de Rome, dans le royaume de Naples actuel, à Bari et dans les autres places situées sur l’Adriatique et la Méditerranée, on retrouve des échantillons nombreux, quoique moins frappants, du petit arc plein cintre et du style lombard.
Traversez même toute la Méditerranée, pénétrez jusque dans la terre sainte, vous trouverez le style lombard dans toute sa pureté à Jérusalem dans l’église du St. -Sépulcre. Démolie en 1048 par le calife lfakim, cette église fut rebâtie trente-sept ans après telle qu’elle est encore aujourd’hui. Il est possible seulement qu’en 1099, après la conquête de la Palestine par les croisés, Godefroi de Bouillon, roi de Jérusalem, et ses successeurs y aient ajouté le chœur ou du moins le clocher qui s’élève tout auprès.
Le style lombard apparaît même en Espagne. Les parties méridionales, il est vrai , occupées si longtemps
par les rois mores et embellies par leur magnifique prodigalité, présentaient aux chrétiens assez de constructions sarrasines pour qu’ils ne songeassent pas à en élever d’autres. Mais la cathédrale de Tarragone, la plus vaste de la Catalogne et que l’on suppose bâtie vers la fin du onzième siècle, trahit, dans ses arcs plein cintre et ses voûtes d’arête , la inain d'ouvriers liés avec ce grand corps des lrancs-maçons lombards, dont les travaux sont répandus dans la plus grande partie de l’Europe.