SPIRE
La cathédrale (pl. 70), bâtie au commencement du XI Ie siècle, et dévastée en 1 794 par les révolutionnaires français, qui détruisirent les tombeaux des empereurs et dispersèrent leurs ossements. On avait employé pour sa construction la pierre rougeâtredu pays, ce qui lui donne une apparence de fraîcheur telle qu’on la dirait peinte tout récemment. Quoique maintenant en ruines, elle présente un développement ininterrompu de 365 pieds de long, mesure d’Allemagne; la hauteur et l’épaisseur sont proportionnées, et il est probable que, sous le rapport des dimensions, c'est le plus prodigieux édifice lombard qui existe encore. L’extrémité occidentale ou la grande entrée , construite sans doute à plusieurs reprises, devait avoir, comme les cathédrales de Worms et de Mayence, deux tours, aussi bien que l’extrémité orientale. Une magnifique galerie d’arcades et de petites colonnes circule intérieurement sous la corniche, autour du corps de la nef. Les membres d’architecture au-dessus de la galerie et au-dessous, autour des larges fenêtres plein cintre , principalement dans la travée du sud , sont ornés de rouleaux et de feuillages d’une élégance et d’une richesse singulières (pl. 35) ; ces embellissements rivalisent presque avec l’antique dont la plupart sont une fidèle imitation. L’extrémité des travées est carrée avec un pilastre au centre. Au delà sont les tours, carrées également, et d'une prodigieuse hauteur. L’abside circulaire (pl. 17) était couronnée au faite par une petite galerie appuyée contre un fronton au moyen de légères arcades qui n’existent plus; et la coupole octogone avec ses petites galeries
est encore surmontée d’une mauvaise calotte moderne. La nef, dont la hauteur et la largeur frappent le spectateur d’étonnement , a de longues demi-colonnes appuyées contre des piliers carrés massifs et supportant des arcs plein cintre. Aux deux tiers environ de sa longueur , elle s’élève sur deux degrés et sur dix plus près du chœur ; sous le chœur, est une église souterraine ou crypte, où l’on trouve encore quelques restes de peintures dans le style grec. Le maître autel est placé immédiatement sous la coupole. Il y avait une chapelle carrée contiguë à la travée du sud; les colonnes formant un quinconce et les piliers correspondants présentaient une imitation assez grossière de l’ordre corinthien; toute cette partie est maintenant en ruines.
worms (pl. 40 et 41).
La cathédrale, commencée en 996 et consacrée en 1016 , est une des plus anciennes de l’Allemagne; on employa dans sa construction cette même pierre rouge que nous avons déjà vue à Spire; elle a deux tours rondes et deux coupoles octogones , l’une à l’orient, l’autre à l’occident; les portes d’entrée sont sur les côtés ; l’autel et le chœur de l’une des extrémités étaient destinés aux prêtres, et ceux de l’autre au chapitre. L’abside de l’extrémité orientale (pl. 16) est angulaire , le frontispice occidental est surbaissé, l’un et l’autre sont fort grands et ornés de galeries , dont les petits piliers ont de riches chapiteaux, et s’appuient sur des monstres grotesques qui forment leurs bases ; des galeries semblables servent de bandes aux tours rondes. Au-dessous de la porte du sud se projette un dais, dont les colonnes portées sur des modifions sont pliées au milieu. La porte
du nord et la salle du chapitre qui l'avoisine offrent quelques beaux échantillons du style gothique fleuri. Le fronton au-dessus du porche présente, sous un riche dais en haut relief, l’image d’une reine portée sur une chimère à trois tètes, dont l’une est celle d’un aigle, l'autre celle d’un lion, et la troisième celle d’un homme; les flèches en pierre sont ornées de fenêtres avec des boules de fantaisie percées à jour ; l’intérieur renferme des arcs plein cintre hauts et étroits.