CHAPITRE XII
LA SCULPTURE EN ITALIE
DANS LA SECONDE MOITIE DU XVIe SIÈCLE ET AU DÉBUT DU XVIIe1
Le rayonnement de la gloire de Michel-Ange absorbe la personnalité de tous ceux qui travaillèrent durant les années (pie son grand nom remplit. 11 avait imposé à la sculpture sa marque impérieuse; quelles que soient leurs origines, tous les tailleurs de marbre de la seconde moitié du xvie siècle retombent sous l'influence du maître inévitable. Et cette influence, c’est du dehors qu'ils la subissent, en l’accommodant à la mesure de leur moindre génie, en l’adaptant à la rhétorique de l’académisme naissant.
Faire du corps humain, de son organisme, du jeu de ses muscles, des arabesques de ses membres tendus ou arrondis dans une action violente ou emphatique, le thème plastique par excellence : tel va être désormais, semble-t-il, tout l’effort de l’imagination et de la science, du lyrisme et de la volonté des sculpteurs. Et, quelle qu’ait pu être la diversité originelle des tempéraments, l impression totale de tant d’œuvres conçues et exécutées sous cette discipline reste pour l'esprit d’une grandiloquente et assez vaine monotonie.
Et pourtant, la part de ces artistes n’est pas négligeable dans l’histoire de l’art. Ils furent vraiment, entre les maîtres de la pure Renaissance et ceux du xvne siècle, les ouvriers, les initiateurs de l’art classique moderne. S’ils n’ajoutèrent au répertoire des formes expressives ou de la beauté aucun chef-d’œuvre nouveau, ils n’en furent pas moins les instaurateurs