CHAPITRE IV
L’ARCHITECTURE ET LA SCULPTURE EN ITALIE AU XVIIIe SIÈCLE1
Le style auquel ou a donné le nom de rococo apparaît en Italie presque dès le milieu du xvue siècle et au temps du baroque. Il dérive, il est vrai, beaucoup moins de l'art du Bernin que de celui de Borromini, et nous le trouvons déjà complètement formé chez Guarini et le père Pozzo. Mais ce style si fantaisiste, qui ouvrait à l’art tous les caprices de l’imagination, qui s’éloignait si délibérément des formes de l’antiquité grecque et romaine, n’eut en somme, surtout dans le milieu romain, qu’un développement limité et de peu de durée. C’est en dehors de Borne et de l’Italie, c’est aussi en dehors de la France, que le rococo eut son plein développement. Son véritable domaine, ce furent les pays oh l'influence classique n’avait jamais pénétré profondément, les pays qui avaient conservé vivaces les traditions gothiques. L’Espagne et tous les pays soumis à son influence, l’Autriche, les Pays-Bas, les Deux-Siciles, en empruntant à l’art gothique et aux arts orientaux leurs formes décoratives et en les unissant à ce qu’il y avait de plus brillant dans les formes antiques, dépassèrent de bien loin dans le style rococo tout ce qui se fit en France et en Italie. Et c’est pourquoi, l’Italie n'ayant jamais connu les excès du rococo et étant toujours restée plus simple et plus classique en art, il n’y aura pas au fond un grand changement dans ce pays entre le rococo et le style sévère qui lui succédera et que l’on désigne sous le nom de néo-classicisme.
Nous réunirons dans un même chapitre l’histoire de l’architecture et de la sculpture telles qu’elles se comportèrent dans les différents grands centres italiens au cours du xvnP siècle.