Le sanctuaire. Coupe sur FH
Weber, Ibidem.
i*r^^tS8ù.l^.
27. — Le sanctuaire. Mur d'enceinte au nord-est. Weber, Ibidem.
tout l'espace que circonscrivent ces murs, peu de traces de i M. Weber, Fauteur des relevés que nous avons reproduits, n' que sur la plate-forme méridionale (en s et en /); ces ve< d'ailleurs trop peu marqués pour que Ton puisse dire quel € ractèrede ces constructions. Dans la cour du nord, rien d'à de ces creux qui paraissent avoir eu pour objet de recueilli de pluie.
A quelle fin ces rocs ont-ils été ainsi taillés, et bâties ces ] Il est difficile de répondre à cette question avec une entière mais il ne semble pas qu'il faille chercher ici une forteresse ce soit la première idée que suggère la présence d'une pareill sur un sommet isolé. Cette forteresse aurait été bien éloign
lieu habit est d'ail bien plu que celui ronnelacr au-dessus beau de nulle par
plus de 1",20 d'épaisseur; nulle part il n'est flanqué d'u il n'aurait opposé aux assaillants qu'une faible barrière. En r il répond très bien à l'idée qu'on se fait d'un mur destiné à en certain espace attenant à un sanctuaire et à lui donner ainsi 1 tère d'un téménos ou terrain consacré. Comment aussi, dans Th d'un ouvrage fortifié, expliquerait-on ce caveau bâti avec tant dans un creux artificiel? En quoi aurait-il pu servir à la déf( n'est ni un silo ni une citerne.
Cette excavation n'est pas non plus une tombe; elle est trop et la chambre même qu'elle renferme dépasse encore de beau dimensions à peu près constantes des cuves funéraires. Il n' trace d'une toiture qu'auraient portée les murs de la chambr< ne comprendrait pas que la dépouille mortelle eût été laissée découvert. Ce serait, en soi,. chose étrange et presque inexplics ce type de sépulture; mais il serait plus imprévu, plus surpr rencontrer ici que partout ailleurs, car dans la nécropole
1. M. Ramsay croirait plutôt à une forteresse, mais à une forteresse qui, à grecque, aurait cessé d'ôlre utilisée pour la défense et n'aurait plus été fréque pour le sanctuaire qu'elle renfermait {Newfy discovered sites, p. 73).
LE SIFYLE ET SES MONUMENTS. 57
les tombes affectenl la forme d'un tumulus à base circulaire. Enfin, pourquoi aurait-on jugé nécessaire de créer à grand'peine, autour d'un simple tombeau, cette enceinte spacieuse et si bien fermée?
Ces explications écartées, il ne reste qu'une seule conjecture possible. Nous serions en face d'un temple très ancien, et cette chambre aurait élc la niche réservée au symbole ou à l'image de la divinité adorée sur ce haut lieu, divinité qui, d'après ce que l'on sait des cultes du Sipyle, n'a guère pu être que Cybèle, l'habitante des montagnes. Sans doute on n'imagine pas une statue dressée au fond de cette tranchée; mais l'ordonnance de ce sanctuaire appartiendrait à un temps où il n'existait pas d'autres statues que des figures colossales, taillées en haut relief dans le roc dont elles ne savaient pas encore se détacher et s affranchir. C'est par une pierre sacrée que la déesse aurait été représentée ici, comme à Pessinunte. Dans cette hypothèse, on s'explique sans effort les dispositions principales de cet ensemble. L'enceinte correspondait à ces cercles de pierres brutes que nous avons étudiés en Syrie: elle marquait les limites de l'espace où devait se rassembler, pour accomplir les rites, la foule des fidèles \ Les deux quartiers de roc qui forment les deux bouts de la crête et qui dominent les cours étaient comme deux énormes autels où les sacrifices s'offraient en pleine lumière, à la vue de tous; quant au bétyle auquel s'adressaient ces hommages, il était protégé contre les éboulements et contre les tourmentes par son cadre de rocher et par un double mur, et l'étroite entrée du réduit permettait de ne laisser pénétrer les dévots dans cette sorte de chapelle que par petits groupes.
Était-ce là le sanctuaire de la mère Plasténà que mentionne Pausanias, sanctuaire qui aurait été fondé par les premiers habitants du Sipyle, mais que les Grecs établis plus tard à Smyrne auraient continué d'entourer d'un respect religieux? Dans ce cas, il faudrait croire que Ton donnait le nom de trùne de Pélops à l'un des deux sommets du lamanlar-dagh qui s'élèvent en arrière et au nord du monument que nous venons d'étudier*; c'est ainsi que, dans plusieurs de nos provinces, certaines hautes collines portent le surnom populaire de Chaises de Gargantua.
I. Sur les bàmoth de la Syrie, yo\T Histoire de /'AH, l. IV, livre V, chapitre v, § 2.
î. Voir à ce sujel Webkr, le Sipylos, p. 30-31. Il remarque que tous les inoiiunients cités par Pausanias dans la phrase en question .paraissent se trouver dans le voisinage d'un chemin, encore fréquenté en temps d'inondation, qui, partant du village de Cordelio, sur le golfe de Smyrne, franchit le lamnnlar-dagh et va tomber dans la vallée de THermos, pr*s de M^n/*mcii.
ToMF. V. 8
58 LA PHHYGIE.
De ce côté du Sipyle il reste encore à mentionner, pour i blier, deux restes d'enceintes fortifiées. L'une se trouve a nécropole qui renferme le tombeau de Tantale, sur un de contreforts de la montagne et tout près de celle-ci; elle est grande que la citadelle située sur la hauteur et les angles ei tégés par des tours rondes. Il n'y a pas lieu d'y insister ; d a; men du site et des murailles, c'est l'acropole de la Smyrne que l'on propose de roconnaitre ici *. La seconde enceinte se la route qui va, par le col de Bei-cavé et la vallée du Nifjoindre la vallée de Y Hermos, au delà de la barrière du Sipyl le chemin qu'a toujours suivi, depuis la plus haute antiquité ^ construction du chemin de fer, le commerce que Smyrne fait a rieur de lapéninsule(fig.7). Aunord du col s'élève une mon tagn qui s'aperçoit de tous les points de la plaine de Bournabat. Su met de ce pic il y a les traces très bien marquées d'une ville t La cime elle-même porte une sorte de réduit fortifié; quelque plus bas s'étend, du côté de l'est, un plateau assez vaste et li un mur. A la moitié de la hauteur totale de la montagne, en chaînes de rochers saillants qui descendentdu sommet vers le < s'étend, du nord-ouest au sud-ouest, un mur qui aune cinquai mètres en longueur sur 6°, 50 d'épaisseur : il est encore, droits, haut de 2 à 3 mètres. On trouve ici, dans ces d remparts, la même diversité d'appareil que dans ceux de Tacr lamanlar-dagh; certains blocs, à peine dégrossis, ont l'a: plus îrrégulier; ailleurs, quoique les pierres de taille soie d'être toutes du même échantillon, les lits sont à peu près horiv mais c'est encore le système polygonal qui domine. Par place» a été taillé. Un mur circulaire semble la base d'un tumulus. Li tout jonché de fragments de poterie ; quelques-uns de ces débrîj caractère très archaïque ; d'autres sont couverts du beau vernis i vases grecs. Dès le temps où s'était fondée la petite ville qui a^ port dans la plaine actuelle de Bournabalj la tribu qui s'était fî le golfe tint à défendre ce passage, le seul par lequel pût aiséme ver jusqu'à elle un ennemi qui descendait le cours de TIIeraK partie de la population s'établit dans ce poste, qui, sans ôl éloigné de la plaine et de pentes propres à la culture, commandai filé. La position était avantageuse et commode ; il est probable
\. Wkiieb, le Sipylos, p. 25-26 et pi. I.
2. Rausay, Newlij discovered sites near Smi/rnfif p. G3-68, Weber, le Sipylof:, p.
LE SIPYLE ET SES MONUMENTS
colons grecs succédèrent ici aux premiers habitants du pays, et qu'ils tirèrent parti des défenses qu'avaient construites des générations déjà oubliées.
Le second groupe des monuments primitifs du Sipylese trouve sur son autre versant, sur ses pentes septentrionales, dans le Manissa-dagh, à lest du site de Tancienne Magnésie. C'est là que se rencontre la fameuse statue colossale de Cybèle* ; de récentes recherches ont permis de relever, dans le voisinage de cette étrange figure, d'autres traces du peuple auquel on peut l'attribuer, de celui qui, tout en possédant et en cultivant la fertile plaine de l'Hermos, avait ses lieux de culte et de re-
pyj ei£M'-^''^\î
-^. — Eiqiiiss.^ topographique du veriant septentrional du Sipyle, à l'est de Magnésie.
fuge ainsi que ses tombeaux dans les gorges de la montagne et au-dessus ou au pied de ses formidables escarpements.
Lorsque en venant de Manissa on longe le Sipyle on remontant la vallée, après avoir passé devant la gigantesque statue de Cybèle, on voit, à 500 mètres plus loin, s'ouvrir, entre deux murs à pic qui ont environ 150 mètres de haut, un ravin profond etresserré (fig. 28). Sur l'un des côtés de cette gorge, on remarque une espèce d'éperon qui se projette en avant, tout bordé de précipices ; les bûcherons de la montagne l'appellent larik-kaia, « la roche tordue )),et ils racontaient qu'il y avait là les restes A'nn palœo-kastrOy A'xxn s\e\xx château. Plusieurs voya- (?eurs, dans ces dernières années, ont fait l'ascension. Pour se risquer
1. Histùire de VArt, t. !V, p. 7o3-7o9. Cette esquisse, qui n'est pas à Téchelle, n'a pas la prétention de représenter fidèlement tous les mouvements du terrain; elle n*a d'autre objet que d'aider le lecteur à se faire une idée de la situation relative des différents monuments dont nous aurons à parler dans les paf^es qui vont suivre.
HO
jusque là-haut, il faut avoir le jarret souple et la tête solide dans Tantiquité, un sentier en partie taillé dans le roc, en pi toute apparence, supporté par des murs jetés sur le vide ; il p été assez large pour qu'un mulet pût y cheminer; on en rein sieurs fois des morceaux plus ou moins longs, au cours de i rieuse montée, mais on ne peut plus le suivre, et Ton s'accrochant aux arbustes et aux saillies de la pierre; on pa
une grotte d'une f de 10 mètres, dor parait avoir été élarg d'homme et qui co débris de tuiles. Un loin, on distingue ] ment d'une porte montants étaient ] struit et l'autre taill roc. Fermée, elle passage. 11 y avai sorte de corps de ga arrivez ensuite au ] escarpement qui sei bord devoir arrêter hardi grimpeur; mai s'engage avec vous fente du rocher, dans minée ^ comme on dit € par laquelle, au bout ques minutes, on déb( une crête qui n'est pli sible que par ce couloir; il y avait là jadis un escalier dont mières marches se voient encore sous les broussailles, lai les autres ont été détruites par un éboulement. Cette crête a très de long sur 25 de large (fig. 29) ; elle est en pente, et < assez rapide ; le sommet s'en trouve à 370 mètres au-dessu: veau.de la mer et le bas à 325, ce qui fait une différence de n 45 mètres. Il semble que des chèvres seules aient^pu cherche asile, et cependant il y a là cinq ou six citernes, en forme de dont le diamètre inférieur est de 4 à5 mètres, etdes restes de s'étagent sur cette mince et vertigineuse crête, jusque tout près de
29. — larik-kaïa. Esquisse topographique, d'après un croquis du D' Fabricius.
LE SIPYLE KT SES MONUMENTS
Hl
Gnlceà rinclinaison du terrain, on avait donné à ces demeures, pour murdefondetmêmepourmurs latéraux, des parois coupées dansla roche vive; celle-ci a même fourni parrois le mur de refend, qui séparait les deux chambres d'une même habitation (fig.30el31). 11 n'y avait de bâti que le mur de façade ; celui-ci
s'est partout écroulé; il devait être soit en éclats de roche, soit en briques crues; nulle part on ne voit de blocs d'une certaine dimension.