Niche creusée dans le roc
Vue perspective. D'après un croquis du D' Fabi'icius.
LE SIPYLE ET SES MONUMEiNTS. 63
saillie du roc qui, selon lui, aurait passé pour le siège du grand ancêtre, n'était pas visible d'en bas, et, même quand existait le sentier aujourd'hui coupé, peu de curieux auraient risqué, pour la voir, cette pénible ascension. Le trône de Pélops devait être un roc qui s'apercevait de très loin et qui avait quelque chose de la forme d'un siège comme un autre rocher rappelait aux imaginations complaisantes la morne attitude d'une mère désespérée. Nous croirions plutôt, avec un aulre explorateur de ce site, M. Fabricius, que c'était là un poste d'observation d'où un guetteur, commodément abrité derrière le roc, surveillait le chemin par lequel on montaitàla citadelle: on avue, d'ici, sur la pente abrupte que ce sentier escaladait en décrivant plusieurs lacets'. Nous n'avons pas vu les ruines qu'a signalées M. Humann et, quand on se souvient des extrémités auxquelles ont été réduites les populations de l'Asie Mineure par les invasions musulmanes, on est d'abord tenté de penser que ce village presque inaccessible, si haut perché dans un nid d'aigle, pourrait bien dater de l'époque byzantine; mais la haute antiquité de ces restes ne parait pas faire question pour M. Humann, et cet explorateur connaît trop bien les monuments de la péninsule pour que son opinion ne mérite pas d'être prise en très sérieuse consi-
de Cjbèle n'était connue ni par les inscriplions ni par les morinaios, on s'était permis de substituer, dans le texte de notre auteur, nXaxiavTj à IIXaaTTjvTÎ ; c'est ce que Schubart avait fait après Sicbelis et Dindorf. On ne saurait aujourd'liui révoquer en doute la leçon des manuscrits, et cet exemple prouve que les éditeurs devraient en général un peu moins se hàlpr d'introduire leurs corrections dans le texte, surtout quand il s*agit de noms propres, d'épilbètes locales. IIXxx'.avi( était un surnom de Gybèle qui appartenait à la Troadc. Noos devons la connaissance de ces découvertes à une relation manuscrite de M. Kondoléon, ancien conservateur du musée et de la bil)liotbèque de Técole évangéliquc, à Srayrne; cette relation, adressée au professeur Otto Benndorf, à Vienne, nous a été obligeamment communiquée par ce savant. Le sanctuaire serait à une heure environ ▼♦*r* l'esl de Magnésie, c'est-à-dire fort près de la Cybèle colossale; il est regrettable que M. Kondoléon n'ait pas joint à sa lettre une petite carte qui aurait indiqué cet emplacement avec plus de précision. On a recueilli plusieurs bas-reliels où l'on reconnaît à première vue Cvbèle et ses lions; voici l'une des inscriptions qui accompagnent ces monuments :
MHTPOAÛPA AIIOAAA MrjTpoSoSpa 'AtioXXS
MHTPI IIAASTHNIII (iijTpl IlXaarrivfi
EYXHN Êu/,f.v.
Elle a été publiée dans le BtdleUn de Correspondance hellénique y 1887, p. 300.
Une autre inscription, très bien conservée, fait mention du temple où étaient conservés tous ces monuments votifs, temple qui aurait été construit ou plutôt restauré par un certain ApoUonios Skytalas, (ils d'Alexandre; il faudrait avoir sous les yeux un estampage pour savoir si cette restauration a eu lieu sous les Séleucides ou à l'époque romaine.
l. M. Fabricius ne repousse pourtant pas l'idée que cet ouvrage ait pu, à une époque postérieure, recevoir de l'imagination populaire le nom de Ti'ône de Pt'hps,
«i LA PHRYGli:.
déralion*. Ce qui tend à la confirmer, ce sont ces citernes, de la maison taillées à même le roc; c'est l'espèce de parapc par le même procédé dans le corps même de la montagne d'un mètre, règne par endroits sur le bord du précipice *. ( tions ainsi obtenues en grande partie aux dépens de la ro< portait ont rappelé à tous les observateurs les restes du m que l'on voit sur la colline dite du Pnyx, à Athènes. De pare (nous en avons cité, nous en citerons encore de nombreux sont bien dans les traditions des plus anciens habitants d vinces; plus tard, on prit d'autres habitudes ^ Nous admetti volontiers que c'était là une vieille acropole phrygienne, l'a* cas de danger subit, pouvait aller se cacher et s'abriter, poi temps, la population d'une ville située dans la plaine. C c'était peut-être la Tantalis qui, d'après Pline, aurait précédé et aurait été détruite et ensevelie par un tremblement de ter conservé dans le pays le souvenir des effets qu'ont produit récentes convulsions de ce sol toujours agité; lors de la du 29 juillet 1880, de grands pans de roc se sont détachés i pements de la montagne; avec les arbres qu'ils portaient, ils si rouler et s'étaler dans les champs qu'ils dominaient. Tanta été écrasé sous un de ces éboulements, et le lac Saloé, dans prétendait apercevoir les ruines de la cité disparue, serait Vé récageux qui s'étend dans la vallée, à Tissue de la gorge pa on monte à cette forteresse.
C'est encore au peuple qui a précédé sur l'Hermos les colons grecs, fondateurs de Magnésie, que l'on croit pouvoir un monument funéraire qui se trouve à 300 mètres environ du ravin (fîg. 34) \ Connu dans le pays sous le nom de 7a
\. MH. Ramsay et Fabricius ne paraissent pas non plus avoir conçu de d sujet.