‹ Histoire de l'art dans l'antiquité (volume 2)Chapitre 45 sur 412 · Ouverture du puits. D'après un croquis de Ramsay · texte numérisé non relu

Ouverture du puits. D'après un croquis de Ramsay

la face verticale du roc. Un gros bloc de pierre, haut d'environ 11 mètres, fait sur ce mur une forte saillie à laquelle Toutil a donné, par un travail rapide, la forme d'un parallélipipède à peu près régulier (fig. 64, n** 21 de la carte). A peu près au milieu de ce massif s'ouvre une porte rectangulaire que n'encadre et ne décore aucune moulure; le seuil est à environ 6 mètres au-dessus du fond de la vallée. Le linteau de cette baie supporte une espèce de pilier, de forme légèrement conique, qui se termine par un chapiteau dont le galbe rappelle celui de l'échiné du chapiteau dorique; de chaque côté se dresse un lion rampant qui a les pattes de devant posées sur le dessus du chambranle, comme pour faire savoir à tout venant que sa griffe est prête à s abattre sur l'impie qui viendrait troubler le repos du mort. Sous chaque lion, entre lui et le cadre de la porte, il y a un lionceau couché ; mais ces figurines, de petite dimension et d'ailleurs baignées d'ombre, n-^attirent pas le regard *. Toute l'attention se porte sur les deux images gigantesques dont le front atteint presque le haut du roc. La chambre est petite, grossièrement taillée et sans ornement.

Ce motif se trouve souvent répété dans les nécropoles que nous visitons; M. Ramsay a compté huit tombes au moins où on le rencontre, avec des variantes, et quelques-unes sont d'assez basse époque. Le plus bel et peut-être le plus ancien échantillon du type de décoration funéraire que donne l'emploi de ce symbole, c'est celui qu'aurait fourni, si elle était bien conservée, une tombe qui se trouve à environ 90 mètres de celle que nous venons de décrire (n** 22 de la carte). Par malheur, les tremblements de terre et l'action des eaux l'ont mise en pièces. Sur l'emplacement qu'elle occupait jadis, on ne voit plus que d'énormes blocs, longs de 5 à 8 mètres et d'une épaisseur proportionnelle. Des fragments énormes sont entassés là sur le sol, dans un désordre pittoresque (fig. 65),

Ces fragments ont vivement piqué la curiosité de M. Kamsay. Depuis lors, dans les deux voyages qui l'ont ramené sur ce terrain, en 1884 et 1887, il s'est acharné à débrouiller l'énigme que présente cet

\, Les lionceaux étaient à peine visibles sur la photographie de M. Blunt, d'après laquelle M. Saint-EIme Gautier a dessiné la figure 64; dans la planche XVII du Joiirnai of hellenic studies, le dessinateur a donné plus d'imporlance à ce détail. Le pilier qui sépare les deux lions a, dans notre figure, une forme un peu différente de celle que nous indiquons d'après une note de M. Hamsay, écrite à la suite d'une seconde visite au monument (Explorations in Asia Minor, dans Athenœeum, 27 décembre 1884, p. 864). La photographie que nous avons reproduite avait été faite en novembre, à une heure où tout le monument étuit plongé dans Tombre.

Page 1