Id., ibid., XV» XI
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LES DIFFÉRENTS APPAREILS DE L'ENCEINTE. 2ii
de la précision; mais nous ayons signalé, surtout à l'angle sud-ouest, des blocs qui, sans atteindre ces dimensions invraisemblables, en approchent pourtant assez pour expliquer cette hyperbole*.
Le goût pour les matériaux d'un très fort échantillon est de tous les temps en Syrie ; mais l'appareil dont nous cherchons à déterminer l'origine présente encore un autre caractère, c'est le refend : or cette disposition se rencontre dans des monuments dont nous connaissons la date, à quelques années près, monuments qui appartiennent à des temps voisins de ceux d'Hérode.
Avec M. de Vogué, nous citerons, en premier lieu, le palais d'Hyrcan à Araq-el'Emir^ qui, d'après Josèphe, a été bâti entre 182 et 175 avant notre ère *. Nous ne voulons pas décrire ce curieux édifice, où, près de motifs empruntés à l'architecture grecque, on en rencontre d'autres qui se rattachent aux plus vieilles traditions de l'art oriental, comme par exemple cette frise d'animaux qui décore la façade (fig. 124). 11 y a aussi là des voûtes qui rappellent les amorces de l'arche de Robinson, à l'angle sud-ouest du temple; mais la seule particularité sur laquelle nous ayons à insister ici, c'est la façon de l'appareil. Le refend y est indiqué, quoique avec moins d'élégance et de fermeté qu'à Jérusalem, sur la face externe des gros blocs dont est fait le mur ^.
Le refend est simulé sur le roc, d'un ciseau plus net et plus sûr, dans le tombeau à'El-Messaneh^ près de Jérusalem, tombeau que le caractère tout grec de sa décoration ne permet pas de faire remonter au delà de l'époque hérodienne ou tout au plus de l'époque asmonéenne* (fig. 125).
Jusqu'ici nous avons cherché à montrer que le grand appareil à refends , celui que les visiteurs de Jérusalem connaissent surtout par le mur dit des Lamentations ^po\x\B\t appartenir aux constructions d'Hérode. Voici les raisons qui nous paraissent ne guère laisser place au doute.
C'est sur la face méridionale , c'est à l'angle sud-ouest et à l'angle nord-est que se trouvent les plus beaux morceaux de cet appareil, ceux
\. L'hyperbole est encore plus forte dans un passage de la Guerre judaïque où, reprenant ]a même description, cet écrivain parle, pour les murs du temple, de pierres de 40 coudées (V, v, i). U semble affecter là de ne pas nommer Hérode; mais l'ensemble de sa description laisse deviner qu'il attribue les travaux les plus importants à l'époque de la dernière reconstruction. Il ne met au compte de Salomon que le mur oriental.